Culture

On a tous besoin de Dominique A

Temps de lecture : 2 min

«Au revoir mon amour», sa nouvelle chanson, apaise un peu l’âme, nous gorge de poésie subtile et arrive à point nommé. Merci.

Ce clip est thérapeutique après ce que nous venons de vivre. On avait quitté Dominique A il y a trois ans, énervé contre la «France moche». Il suppliait: «Rendez-nous la lumière, rendez-nous la beauté». Finalement, il se décide à la créer lui-même. Alors que son prochain album, Éléor, n’est attendu que dans deux mois, le grand A nous gratifie d’un rayon de lumière: Au revoir mon amour. Il y parle de ce que les hommes vivent parfois: regarder une femme assise dans un café ou dans le métro; tomber amoureux secrètement l’espace d’une heure. Et ne jamais lui parler.

Ce clip est beau. On y découvre une danse en apesanteur de la compagnie In-Senso (regardez aussi cet extrait). Un ballet de l’amour impossible en suspens sur les falaises du parc national des Calanques, beau et irréel sur la voix troublante du chanteur, filmé au Mucem dans des plans architecturaux presque abstraits. Musicalement, la batterie évoque les battements de cœur. Les orchestrations de cordes renforcent l’impression aérienne. Bashung, période L’Imprudence, n’est jamais loin.

Une œuvre d’art vous touche en fonction du contexte dans lequel elle a été créée mais n’est pas indifférente non pus à celui qui l’accueille. En plein traumatisme national, ce morceau met un peu de baume à l’âme, nous remplit de douceur, de rêverie. Nous donne envie, encore, de regarder des inconnu(e)s, et de se mettre à les aimer…

Depuis son dernier disque, Vers les lueurs, qui lui avait valu une jolie Victoire de la Musique d'«interprète masculin de l’année», Dominique A a sorti deux livres: Tomber sous le charme, chroniques de l’air du temps, qui regroupe ses chroniques de disques (allez-y, c’est beau) et Y revenir, qui permet de comprendre sa fixette sur les villes… et ses envies de voyages. Eleor (Cinq7/ Wagram) sortira le 16 mars prochain et le chanteur sera en concert le 16 mai au Grand Rex. Hé m’sieur Wagram, on pourrait l’avancer un peu la sortie du disque? On en a grandement besoin, des câlins musicaux de Dominique A…

Eric Nahon Journaliste

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