Boire & mangerSlatissime

Le grand bêtisier du whisky 2014

Christine Lambert, mis à jour le 15.01.2015 à 18 h 00

On n’allait quand même pas laisser passer janvier 2015 sans se pencher sur le bêtisier des douze mois précédents! Petits ratés et grands n’importe quoi de l’année maltée qui s’est achevée.

Alien life of the party / JD Hancock via Flickr CC License By

Alien life of the party / JD Hancock via Flickr CC License By

L’année 2014 fut un excellent millésime en matière d’innovations Shadoks ou d’initiatives foutraques et, autant l’avouer, il a fallu trier sévère pour en extraire les plus beaux WTF[1]. Mais, en vertu du principe qu’il vaut mieux pomper même s’il ne se passe rien que risquer qu’il se passe quelque chose de pire en ne pompant pas, gardons tous à l’esprit que les aberrations et ratés d’hier ou d’aujourd’hui sont parfois les traits de génie de demain…

1.Du cochon au bourbon (ou le contraire)

Quand, au printemps dernier, la distillerie Templeton, dans l’Iowa, s’est mise en tête d’élever des porcs d’un genre nouveau, dont la chair aurait le goût du rye (whiskey de seigle), on s’est pris à rêver d’ivresse de la côtelette, de vertige du bacon, de lyrique mufflée au jambonneau –que dis-je: on s’est même entendus encourager le loup dans Les Trois Petits Cochons.

Las. Il s’avéra que les bestiaux furent tout simplement nourris avec les déchets de la distillation des céréales, autrement dit la drêche. Rien de nouveau sous la neige: depuis des siècles, ces résidus servent à nourrir le bétail, et l’on ne sache que les Angus écossaises divaguent bourrées dans les champs, le steak gorgé de scotch.

Depuis, Templeton a fait l’objet d’une autre première –vraie, celle-là– en devenant la première marque de whiskey traînée en procès suite à une plainte en action de classe: son «rye artisanal de l’Iowa» n’est ni artisanal ni distillé dans l’Iowa, mais acheté en vrac à une usine de l’Indiana, estiment les plaignants. Pan sur le groin.

2.La distillerie du pôle Nord

La calotte glaciaire ne fondant sans doute pas assez vite à leur goût, une bande de Norvégiens a décidé de fonder la première «distillerie polaire», sur l’île de Myken, dans leur pays natal, sous une température plus propice à la fabrication des glaçons qu’à la maturation des spiritueux.

Les cuves et les 3 alambics sont déjà installés, et la distillation devait commencer fin décembre, dans une ancienne usine de traitement de poisson qui utilisera l’eau de mer désalinisée. La bande de pingouins ne revendique pas le premier whisky nordique (la Suède, la Finlande, le Danemark, l’Islande fabriquent tous du malt), mais le plus septentrional de la planète.

3.Des copeaux plein le verre

Alors que vous en êtes toujours à hésiter timidement sur les glaçons dans le whisky, une start-up américaine vous encourage à y jeter des copeaux de chêne, afin d’en accélérer la maturation. C’était à lire sur Slate.

4.Un coup de pompe dans le scotch

L’iconique Johnnie Walker, le blend écossais le plus vendu au monde, a dévoilé en grande pompe le fruit d’une collaboration avec le chausseur british Oliver Sweeney: des souliers qui dissimulent dans leurs talons une mignonette de scotch. En toute logique, ce seront donc les premières chaussures interdites aux moins de 18 ans…

5.De l'antigel à l'apéro

On ignorait pourquoi le Fireball, ce whiskey américain aromatisé à la cannelle qui connaît un succès démentiel outre-Atlantique, dégelait l’ambiance dans les soirées. Jusqu’à ce que les douanes de plusieurs pays d’Europe réexpédient, fin octobre, leurs containers à l’envoyeur. Motif? Des analyses ont révélé dans la gnôle une trop forte concentration de propylène glycol, un solvant plus connu sous le nom d’antigel utilisé comme émulsifiant alimentaire à moindre dose.

L’Américain Sazerac, propriétaire de Fireball, cuisine son best-seller à partir de whisky canadien aromatisé selon 3 recettes différentes, chacune faisant varier les doses de certains ingrédients pour satisfaire aux législations des différents marchés. L’Europe, plus frileuse que les USA pour porter des toasts à l’antigel, aurait hérité par erreur d’une cargaison réservée à l’Amérique…

6.Un mini-glacier perso

Chez Corkcicle, on phosphore (à jeun?) pour inventer les booze gadgets les plus délirants. Le dernier en date, le Whiskey Wedge, est un verre équipé d’un couvercle en silicone muni d’une partie plongeante qui, placé au freezer, laisse geler l’eau pour former une surface de glace en biais. La promesse? L’iceberg pentu fond moins vite pour refroidir votre whisky sans le noyer. Entre nous, des pots de yaourt vides réutilisés en moules à glaçons géants feront le même effet.

7.A l'heure où les aliens vont boire

On n’a pas suffisamment salué le pointilleux travail statistique fourni dans l’ufologie qui nous a permis cet été de cerner un peu mieux les habitudes d’imbibition des populations extraterrestres. Selon le National UFO Reporting Centre, une organisation américaine à but non lucratif, l’observation des soucoupes volantes aux USA connaît un pic très net entre 19 et 23 heures. Autrement dit, à l’heure de l’apéro et du digestif.

Il nous faudra malheureusement attendre un debriefing officiel pour savoir si E.T. aime le bourbon et se pointe quand on sort les bouteilles. Ou si nos congénères, témoins humains peu fiables, attaquent dans ce créneau horaire leur 4e godet et ne voient pas seulement des éléphants roses.

[1] Abréviation (largement entrée dans les mœurs de l’internet et des réseaux sociaux) de What the fuck, expression argotique qui en anglais exprime, selon le contexte, la surprise, le grand n’importe quoi, la colère, l’indignation... Retour à l'article

Christine Lambert
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