France / Histoire

Et pour la première fois depuis 1918, l'Assemblée chanta la Marseillaise

Temps de lecture : 2 min

Ce mardi 13 janvier en début d'après-midi, l'Assemblée nationale était réunie pour la première fois depuis les dramatiques attaques qui ont coûté la vie à 17 personnes la semaine dernière. Après avoir observé un moment de silence à la demande du président Claude Bartolone, l'hémicycle a entonné la Marseillaise, lancée «spontanément» depuis les bancs de la droite par le député UMP du Loiret Serge Grouard:

Comme l'ont alors fait remarquer plusieurs journalistes politiques sur Twitter, il s'agit, selon l'Assemblée, de la première fois qu'un tel évènement se produit depuis le 11 novembre 1918, jour de la fin de la Première Guerre mondiale.

Ce jour-là, vers 15h50, Georges Clemenceau, président du Conseil et ministre de la Guerre, donne lecture à la Chambre des députés du texte de l'armistice signé le matin même à 5 heures du matin et entré en vigueur à 11h. Des coups de canon retentissent pour l'annoncer dans Paris. Voilà la suite, telle que racontée par le site officiel de l'Assemblée:

«Un incident émotionnant se produit alors.

A la demande d'un député, l'abbé Wetterlé, député de Colmar, et M. Georges Weil, député de Metz [des députés de l'Alsace-Moselle élus au Reichstag allemand après l'annexion de 1871, NDLR], qui se trouvent dans une des galeries du public, s'avancent au premier rang et sont acclamés par l'Assemblée.

C'est sur cette manifestation que la séance est suspendue.

Tous les députés se lèvent alors et chantent La Marseillaise, tandis que des tribunes de la presse et du public partent des salves d'applaudissements.»

Extrait du compte rendu de la séance du 11 novembre 1918

Voici le compte rendu qu'a fait de cet instant le général Mordacq, chef de cabinet de Clemenceau:

«A ce moment, [...] les coups de canon ont scandé ses paroles. Ces coups retentissaient dans nos poitrines. Rien ne saurait décrire l'enthousiasme et les frissons sacrés qui ont saisi toute l'Assemblée, hémicycle et tribune, quand les députés ont scandé la Marseillaise. C'était d'une puissance, d'un élan magnifique. Oh! la minute unique!»

Quelques minutes plus tard, une nouvelle séance débutait, et avec elle les désaccords entre députés sur les noms des dirigeants à associer à un «hommage national». Le débat partisan reprenait ses droits.

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