Viktor Orbán, présent au défilé de dimanche, veut stopper l’immigration en Europe

Viktor Orbán, le 27 mai 2014 pour un sommet informel des chefs d'Etat à Bruxelles. REUTERS/Laurent Dubrule

Viktor Orbán, le 27 mai 2014 pour un sommet informel des chefs d'Etat à Bruxelles. REUTERS/Laurent Dubrule

Après les attentats des derniers jours en France, le Premier ministre hongrois a déclaré que la réponse la plus adéquate était de bloquer les étrangers.

En marge du rassemblement du dimanche 11 janvier, qui a vu 44 chefs d’Etat et de gouvernement réunis autour de François Hollande, le Premier ministre hongrois Viktor Orbán a fait une déclaration passée assez inaperçue, faisant directement référence aux origines étrangères des familles des trois terroristes français.

Répondant à la télévision d’Etat hongroise, comme le rapporte l’agence Reuters, il a estimé que «l’immigration économique» est une mauvaise chose, qu’elle «n’apporte que des troubles et des menaces au peuple européen», et qu’elle «doit être stoppée». S’il fait une exception pour les demandes d’asile, il tient à affirmer que «la Hongrie ne deviendra pas une destination cible pour les immigrants», avant de conclure:

«Nous ne voulons pas voir parmi nous une minorité signifiante qui a un bagage et des caractéristiques culturelles différentes. Nous aimerions que la Hongrie reste la Hongrie.»

Renouvelé pour un second mandat l’année dernière, Viktor Orbán et son parti ultraconservateur, le Fidesz, sont connus pour leurs prises de positions extrêmes sur la question de l’immigration et des étrangers en Hongrie, notamment à l’égard des Roms et des juifs. En 2013, le fondateur du parti de Viktor Orbán, Zsolt Bayer, écrivait au lendemain de la tentative d’assassinat contre des sportifs hongrois, attribuée à des Roms: 

«La plupart des gitans ne peuvent pas vivre en cohabitation. Ils ne sont pas faits pour être parmi des gens. La plupart sont des animaux et se comportent comme des animaux.»

Le Figaro racontait d’ailleurs à l’époque que Viktor Orbán «n'avait pas davantage bronché lorsque le poète Albert Wass, chantre du nationalisme magyar, ainsi que deux autres auteurs antisémites, dont Jozsef Nyirö, membre d'un parti pronazi, ont été inscrits dans des programmes scolaires».

Cette nouvelle déclaration du Premier ministre vient ajouter à la polémique déjà établie autour de sa présence dans le cortège dimanche 11, mais cette fois en raison de son peu d’intérêt pour la défense de la liberté d’expression en Hongrie.  Le Monde rappelle que le chef du gouvernement hongrois a nommé deux journalistes d’extrême droite à la tête du Conseil des médias national et a fait voter en 2010 une loi très restrictive pour la liberté de la presse, qu’il a promis d’adoucir depuis. Mais le commissaire aux droits humains du Conseil de l'Europe a fait savoir mi-décembre que «dans la pratique, la simple existence de certaines dispositions dans la législation hongroise a pour effet de paralyser la liberté de la presse».

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