Monde

Charlie Hebdo: des médias chinois favorables à une limitation de la liberté de la presse

Repéré par Vincent Manilève, mis à jour le 12.01.2015 à 13 h 06

Repéré sur China Realtime, Xinhua, Global Times

Au lendemain d’une manifestation qui a réuni près de 4 millions de Français, plusieurs journaux chinois vont à contresens de l’élan mondial et s’interrogent sur la liberté des journaux occidentaux.

Des journalistes étrangers montrent leur soutien au journal Charlie Hebdo à Pékin, le 8 janvier dernier. REUTERS/Jason Lee

Des journalistes étrangers montrent leur soutien au journal Charlie Hebdo à Pékin, le 8 janvier dernier. REUTERS/Jason Lee

A travers le monde, les journaux reprennent les photos de la foule compacte qui a défilé dimanche 11 janvier dans les rues de Paris pour combattre le terrorisme et célébrer la liberté d’expression.

Mais certaines voix discordantes se font aussi entendre.

Comme l’explique le blog China Realtime du Wall Street Journal, certains médias chinois se posent des questions depuis l’attentat contre Charlie Hebdo. Xinhua, plus connu sous le nom d'agence Chine nouvelle, est la plus grande agence d’information du pays, créée par le Parti communiste en 1931. Dans un édito, Ying Qiang, le chef de son bureau à Paris, raconte que le journal Charlie Hebdo a, par le passé, été critiqué pour avoir été «à la fois vulgaire et sans cœur» dans ses attaques sur la religion. 

Il va plus loin en estimant que «ce qu’ils [Charlie Hebdo] ne semblent pas réaliser c'est que le monde est divers, et qu’il devrait y avoir des limitations sur la liberté de la presse». «Beaucoup de religions et de groupes ethniques dans le monde ont leurs propres totems et tabous. Le respect mutuel est crucial pour la coexistence pacifique, ajoute le chef du bureau parisien, selon la traduction en anglais fournie par le blog du Wall Street Journal. La satire sans entraves et sans principes, l’humiliation et la liberté d’expression ne sont pas acceptables.» Un autre commentaire de l’agence est venu renforcer le premier, en appelant à respecter les autres religions «plutôt que d’exercer une satire sans limite et sans principe, l’insulte et la liberté de la presse sans se soucier des sentiments des autres».

Le Global Times estime également que si «la communauté internationale doit défendre le droit des rédacteurs du journal à la sécurité, cela ne veut pas dire qu’elle doit soutenir ses caricatures controversées».

Le Wall Street Journal note que l’ambassadeur de Chine en France était présent dans le cortège dimanche, et que le ministre des Affaires étrangères du pays s’est désolidarisé de l’agence lors d’un point presse. Pourtant, au lendemain de l'attaque à Charlie Hebdo, un rassemblement de soutien lancé par des correspondants à Pékin a provoqué de l’inquiétude au sein de la police locale, comme le racontait alors le site«Je présume que les autorités étaient nerveuses à propos de quelque chose qu'elles auraient perçu comme pro-liberté d'expression dans un rassemblement qui aurait pu avoir des implications pour la Chine», estimait un représentant du club des correspondants étrangers en Chine. 

Dans le dernier classement des libertés de la presse de Reporters sans frontière, le pays est classé 175e sur 180

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