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Massacres de Boko Haram: «Baga a disparu, tout est en lambeaux»

Temps de lecture : 2 min

Des réfugiés fuyant les violences de Boko Haram, à Wurojuli, le 1er septembre 2014. (Photo d'illustration) REUTERS/Samuel Ini
Des réfugiés fuyant les violences de Boko Haram, à Wurojuli, le 1er septembre 2014. (Photo d'illustration) REUTERS/Samuel Ini

Des centaines d'habitants de Baga sont morts dans ce qui est peut-être le «massacre le plus meurtrier» de Boko Haram début janvier. Un des rescapés, un pêcheur qui s'était caché pendant trois jours d'offensive, raconte sa fuite à l'AFP:

«Sur cinq kilomètres, je n’ai pas arrêté de marcher sur des cadavres, jusqu’à ce que j’arrive au village de Malam Karanti, qui était également désert et brûlé.»

Yanaye Grema fait partie des milliers de personnes à avoir fui Baga pour rejoindre d'autres villes, dont Maiduguri, à plus de 200 kilomètres de là. Zara Usman est partie dès le 3 décembre, après un premier raid contre la ville. «J'ai dû trouver des voies de secours», raconte cette mère de trois enfants au journal local Daily Trust. «Grâce à dieu nous sommes saufs à Maiduguri», elle, son mari, son fils de 14 mois et ses deux filles.

«Baga a disparu, tout est parti en lambeaux», raconte au Daily Trust Shettima Umaru, qui a pu se sauver en grimpant dans un van avec quatre autres, transportés à Maiduguri par des «bons samaritains»:

«Je ne pense pas que les rebelles auront le courage de rester là-bas, parce qu'il n'y a plus de vie à Baga. Les maisons, les étals le long de la route, les sources d'eau et tout ce à quoi vous pouvez penser, tout a été détruit.»

Des habitants de toutes les villes près de Baga fuient le nord de l'Etat de Borno depuis des semaines, comme l'explique l'un d'entre eux, Aji Mari, dans un autre article du Daily Trust:

«Presque toutes les villes du nord de Borno ont été mises à sac par Boko Haram, et les informations qu'on a eues des gens qui se sont échappés de Baga, c'est qu'ils vont venir jusqu'à nous maintenant.»

Parmi ceux qui ont fui, certains ont tenté de traverser le lac Tchad plutôt que de partir vers Maiduguri. Plus de 20.000 personnes seraient arrivées sur l'autre rive, au Tchad, selon Le Monde.

«Mais dans un mouvement désespéré, des personnes se sont noyées, y compris des soldats. Des fuyards en nombre inconnu se trouveraient encore sur des îles, sans provisions, exposés au froid de cette saison, aux moustiques.»

Samedi, une bombe cachée sous le voile d'une petite fille d'une dizaine d'années a explosé dans un marché très peuplé de Maiduguri, tuant au moins 20 personnes, dont l'enfant, et en blessant beaucoup plus. L'âge si jeune de la fillette représente «une nouvelle tactique» pour Boko Haram, selon le New York Times.

«Le groupe terroriste utilise de plus en plus de femmes pour ses attentats-suicides [...] mais utiliser un enfant pour tuer –des témoins, agents de police et un responsable de l'hôpital de Maiduguri se sont tous accordés à dire que le kamikaze était très jeune– pourrait être sans précédent dans leur campagne.»

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Dimanche, des bombes cachées sur deux petites filles ont explosé dans un autre marché à Potiskum, dans l'Etat de Yobe, au nord-est du Nigeria, faisant cinq morts, dont les fillettes, et plus de quarante blessés. «J'ai vu leur cadavre», a dit à Reuters Sani Abdu Potiskum, un marchand. «C'était deux petites filles d'environ 10 ans... on ne voyait que leurs cheveux tressés et une partie de leur torse.»

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