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Selon la presse israélienne, Paris ne voulait pas que Benjamin Netanyahou vienne à la marche républicaine

Repéré par Jean-Marie Pottier, mis à jour le 12.01.2015 à 11 h 22

Repéré sur Haaretz, Ynet

Benjamin Netanyahou et François Hollande à la Grande synagogue de la Victoire à Paris, le 11 janvier 2015. REUTERS/Matthieu Alexandre/Pool.

Benjamin Netanyahou et François Hollande à la Grande synagogue de la Victoire à Paris, le 11 janvier 2015. REUTERS/Matthieu Alexandre/Pool.

La présence dans les premiers rangs de la manifestation parisienne, dimanche 11 janvier, de Benjamin Netanyahou était loin d'aller de soi, selon les informations concordantes publiées par plusieurs médias israéliens.

Selon le quotidien de gauche Haaretz, qui cite une source israélienne impliquée dans les discussions, l’Elysée a d'abord demandé, durant le week-end, au Premier ministre israélien, en campagne pour sa reconduction lors des législatives anticipées du 17 mars, de ne pas se rendre à la marche. Paris avait en effet peur que cette visite «détourne l’attention vers des sujets polémiques, comme les relations juifs-musulmans ou le conflit israélo-palestinien».

C’est ce qui explique que, dans un premier temps, samedi, le bureau de Benjamin Netanyahou ait annoncé qu’il ne viendrait pas, de même d'ailleurs que celui du président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas. Le Premier ministre israélien a ensuite changé d'avis en apprenant que son ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman et son ministre de l’Economie Naftali Bennett, issus de deux partis concurrents du Likoud, Israel Beytenou et le Foyer juif, avaient décidé de se rendre à la marche –ce qui a, en retour, incité la France à encourager la venue de Mahmoud Abbas à Paris. Les venues des leaders israélien et palestinien avaient été respectivement annoncées samedi vers 21 heures et 23 heures.

Initialement révélées par la chaîne israélienne Channel 2, ces informations ont aussi été confirmées à la radio Kol Yisrael par une source au sein du cabinet du Premier ministre israélien. Le site israélien Ynet explique de son côté que la France s’est irritée «de ce que le Premier ministre vienne avec deux ministres de haut niveau et un membre du Parlement [le chef du parti religieux séfarade Eli Yishaï, NDLR], alors que la plupart des pays ont envoyé un seul dirigeant de haut niveau».

La visite à Paris de Benjamin Netanyahou a aussi causé des critiques en Israël. «Hier, on nous disait que le Premier ministre renonçait à s’envoler pour Paris en raison des coûts élevés en matière de sécurité. Une fois que les ministres Lieberman et Bennett ont décidé d’y aller, l’argent public est tout d’un coup devenu moins important et Netanyahou a décidé à son tour de surfer sur cette vague de terrorisme meurtrier», a ainsi déploré le député travailliste Mickey Rosenthal, cité par Ynet. Le leader travailliste Isaac Herzog a expliqué que lui et sa colistière Tzipi Livni, du parti centriste Hatnuah, avaient décidé de ne pas aller à Paris en raison de la taille «exagérée» de la délégation. Selon lui, «la participation de Netanyahou était appropriée, mais le pas de deux qui a précédé cette décision était superflu et embarrassant».

Lors d'un discours prononcé dimanche soir à la Grande synagogue de la Victoire lors de la cérémonie en hommage aux 17 personnes tuées, dont quatre juifs dans le magasin casher de la porte de Vincennes, Benjamin Netanyahu a salué «la position très ferme et la détermination du président François Hollande et du Premier ministre Manuel Valls contre le nouvel antisémitisme et contre le terrorisme» et a estimé que les juifs ont «le droit de vivre en sécurité et en paix dans chaque endroit où [ils choisiront] de vivre, en particulier en France». Samedi, il avait déclaré à «tous les juifs de France» et «d'Europe»: «Israël n'est pas seulement le lieu vers lequel vous vous tournez pour prier. Israël est votre foyer.»

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