Science & santé

Tabac: un test sanguin pour mieux parvenir à arrêter

Repéré par Jean-Yves Nau, mis à jour le 12.01.2015 à 10 h 30

Repéré sur The Lancet

Only The Last Time / Morgan via FlickrCC License by

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C’est une nouveauté dans le champ de l’addiction au tabac: des chercheurs de l'Université de Pennsylvanie ont mis au point un dosage biologique effectué à partir d’une prise de sang qui permet d’améliorer les chances d’arrêter de fumer. Un travail de grande ampleur sur ce thème vient d’être publié dans The Lancet Respiratory Medicine. Il est fondé sur les aptitudes de chacun à métaboliser la nicotine inhalée lors de la consommation de tabac. Il est désormais bien établi que de toutes les substances addictives, la molécule de nicotine est l’une de celles qui déclenche l’une des plus fortes relations de dépendance.

C’est, schématiquement, la chute de la concentration de nicotine dans le sang (nicotinémie) qui déclenche l’envie irrépressible de reprendre la consommation de tabac. Et l’arrêt durable de cette consommation chez le fumeur souhaitant arrêter provoque des mécanismes physiologiques qui induisent très souvent l’échec du sevrage.

Le travail dirigé par le Pr Caryn Lerman (Department of Psychiatry, Abramson Cancer Center, University of Pennsylvania) se fonde sur le fait qu’il existe des différences individuelles importantes dans le rapport à la nicotine. L’étude a été menée (de septembre 2010 à novembre 2012) auprès de 1.246 personnes participant à différents programmes de sevrage tabagique. Trois groupes ont été constitués: patch cutané à la nicotine, une substance placebo ou une spécialité pharmaceutique (la varénicline ou Champix® de la multinationale américaine Pfizer). Ce travail a été financé par des fonds publics, Pfizer n’avant fourni que son médicament. Chaque participant bénéficiait également, durant les onze semaines de la cure, de conseils comportementaux et psychologiques. Chacun a ensuite été suivi pendant un an.

Sur les 1.246 participants, 662 ont été identifiés comme des métaboliseurs «lents» de nicotine (cette dernière était dégradée lentement par leur organisme) et 584 comme des métaboliseurs «normaux» (environ 60% de la population). Il ressort de ce travail que ces derniers ont de bien meilleures chances de parvenir au sevrage avec le Champix®. Les autres sont en revanche davantage aidés par les patches nicotinés. Ils sont en outre plus sensibles aux effets secondaires (parfois graves) du Champix®  –cas d’états dépressifs graves et de suicides[1].

Pour le Pr Caryn Lerman, il ne fait aucun doute que le recours systématique à ce test (facile à mettre au point) augmenterait notablement (jusqu’à les doubler) les chances de sevrage tabagique. Pour le Pr Neil Davies (Université de Bristol), il s’agit là d’une «avancée scientifique importante» qui pourrait conduire à des modifications importantes dans la pratique médicale.

Actuellement, le taux de succès à un an des tentatives de sevrage tabagique est de l’ordre de 4%, la seule manière de réussir étant, pour le fumeur, d’augmenter le nombre des tentatives au risque de se lasser. Une autre solution, de plus en plus fréquente, est de troquer les cigarettes de tabac conter la cigarette électronique qui offre l’avantage considérable de ne pas inhaler de produits toxiques et cancérigènes.

1 — En France, la Haute Autorité de Santé conseille de n’avoir recours au Champix® qu’en seconde intention, après échec des autres méthodes de sevrage tabagique. Retourner à l'article

 

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