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Cher David Pujadas, voici la première question que nous voudrions vous voir poser à Michel Houellebecq

David Pujadas et Michel Houellebecq, le 8 novembre 2010 au JT de France 2.

David Pujadas et Michel Houellebecq, le 8 novembre 2010 au JT de France 2.

L'évènement est quasi-annoncé comme la venue en plateau du président de la République ou du Premier ministre: ce mardi 6 janvier, Michel Houellebecq est l'invité du 20 heures de France 2 pour parler de son nouveau roman, Soumission.

Il y sera questionné par David Pujadas, qui l'avait déjà interviewé en novembre 2010 à l'occasion du prix Goncourt obtenu par La Carte et le Territoire. A l'époque, il lui avait demandé, pour ouvrir l'entretien, comment il vivait l'agitation médiatique autour du livre. Cette fois-ci, on rêverait d'autre chose. Qu'il profite de l'occasion unique qui est donnée, pour un personnage (certes très secondaire) d'un livre, de rencontrer son auteur en lui demandant: «Pensez-vous vraiment que je deviendrai une icône?».

Page 52 de Soumission, on peut en effet lire, dans le même style faussement lyrique avec lequel Houellebecq écrivait dans son précédent roman que «Jean-Pierre Pernaut accomplissait chaque jour cette tâche messianique consistant à guider le téléspectateur [...] vers les régions idylliques d'une campagne préservée»:

«David Pujadas depuis quelques années était devenu une icône, il n'était pas seulement rentré dans le "club très fermé" des journalistes politiques (Cotta, Elkabbach, Duhamel et quelques autres) ayant dans l'histoire des médias été considérés comme d'un niveau suffisant pour arbitrer un débat présidentiel d'entre deux tours, il avait surclassé tous ses prédécesseurs par sa fermeté courtoise, son calme, son aptitude surtout à ignorer les insultes, à recentrer les affrontements qui partaient en vrille, à leur redonner l'apparence d'une confrontation digne et démocratique.»

Deuxième question: «D'où tenez-vous que je sois proche de Manuel Valls?»

Se reporter alors à la page 76, sur un plateau de soirée électorale: «L'hypothèse était tellement renversante qu'on sentait que les commentateurs qui se succédaient à toute allure sur le plateau –et jusqu'à David Pujadas, pourtant peu suspect de complaisance envers l'islam, et réputé proche de Manuel Valls– en avaient secrètement envie.»

Une fois cet intermède égocentrique terminé, qu'on lui pardonnerait bien volontiers tant il constituerait un beau moment méta de télévision, il ne resterait plus à David Pujadas qu'à rentrer dans le (très) vif et le grave du sujet. À interroger l'auteur sur ses prédictions politiques, sa vision de la religion musulmane, les premières réactions suscitées par son livre ou encore les rapprochements effectués par de nombreux critiques avec Eric Zemmour.

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