Des combats de clochards rémunérés aux Etats-Unis

Slate.fr, mis à jour le 27.08.2009 à 15 h 32

Dans un article publié au début du mois par le New York Times et dans une dépêche de l'AFP en date du 26 août, des associations dénoncent la multiplication aux Etats-Unis des «bum fights», littéralement «combats de clochards». Ils sont organisés pour quelques dollars, de la drogue ou des packs de bières, filmés, et les vidéos sont diffusées ensuite sur Internet. Parfois même des paris sont organisés dans les rues. Un phénomène violent et sordide, en nette expansion selon des associations d'aide aux sans-abris et de nombreux témoignages, et qui n'est pas sans rappeller ce qui se passait lors de la grande dépression dans les années 1930.

En juillet, on comptait ainsi sur youtube près de 86.000 vidéos dégradantes sur des clochards, soit 15.000 de plus qu'un an plus tôt. Et surtout, selon un décompte de la NCH (National Coalition for the Homeless), pas moins de 5.700 vidéos -1.400 de plus qu'en avril 2008- montraient spécifiquement des «bum fights».

Si certains sans-abris acceptent de se prêter à ces humiliations, c'est parce qu'«ils sont alcooliques, psychologiquement perturbés et qu'ils n'ont pas d'argent», explique Michael Stoops directeur du NCH, cité par l'AFP dans une dépêche. Par ailleurs, certaines victimes hésitent souvent à témoigner de ces actes auprès de la police. Les auteurs, eux, sont souvent des jeunes hommes, voire des adolescents adeptes de l'hyper violence.

«C'est exploiter les gens quand ils sont au fond du trou», souligne Andrew Davis qui a vécu dans les rues de la capitale fédérale Washington. Il ajoute que les organisateurs sont souvent des jeunes et des dealers de drogue.

Pour le New York Times, «une combinaison de facteurs a donné de l'ampleur au problème: la hausse du chômage et les saisies de logements poussent de plus en plus les gens dans la rue». Selon une autre association d'aide, la National Alliance to End Homelessness, près de 700.000 personnes dorment chaque nuit dans la rue ou dans des foyers d'accueil aux Etats-Unis. Sur un an, entre 2,5 et 3,5 millions de personnes en tout ont été au moins une fois Sans domicile fixe (SDF).

Devant l'augmentation des violences, certains Etats, comme le Maryland ou le Maine, considèrent désormais les agressions contre des SDF dans leurs législations comme des crimes racistes ou discriminatoires. Washington, la Californie (ouest) et la Floride, l'Etat qui a connu le plus de violences avec une trentaine d'agressions de SDF, comptent bientôt faire de même.

[Lire l'article complet sur le New York Times]

[Lire la dépêche de l'AFP]

Vous souhaitez proposer un lien complémentaire sur ce sujet ou sur tout autre sujet d'actualité? Envoyez-le à infos @ slate.fr

Image de une: Homeless à Washington Jim Young / Reuters

Slate.fr
Slate.fr (9125 articles)
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte