Parents & enfants

Barack Obama répond à la place du Père Noël à un adolescent de Chicago. Et cela ne servira à rien

Repéré par Nadia Daam, mis à jour le 02.01.2015 à 7 h 47

Repéré sur The Chicago Sun-Times

Un jeune garçon qui demandait à être épargné par la violence a eu la surprise de recevoir un courrier du président américain.

Barack Obama, le 10 décembre 2014.  REUTERS/Kevin Lamarque.

Barack Obama, le 10 décembre 2014. REUTERS/Kevin Lamarque.

Malik Bryant est un adolescent de 13 ans, originaire d'Englewood, l'un des quartiers de Chicago où le taux de criminalité est le plus élevé. Il fait aussi partie du programme organisé par Direct Effect Charities. Cette année, l'association a proposé à 8.500 écoliers de la ville d'écrire leurs lettres au Père Noël. Les courriers devaient être transmis à des bénévoles qui auraient alors offert aux enfants les cadeaux qu'ils avaient demandés.

Mais la lettre de Malik a retenu l'attention de l'association, qui l'a alors partagée sur son compte Twitter et sur Facebook et demandé aux internautes ce que «le Père Noël pourrait bien apporter à ce garçon». Spencer Tweedy, le fils du leader du groupe Wilco Jeff Tweedy, a lui aussi participé à relayer la lettre.

«Je voudrais te demander quelque chose mais laisse-moi d'abord me présenter. Je suis un noir afro-américain. Je mesure 1,77m, je suis en 7e [l'équivalent de la 5e, ndlr], ma matière préférée, c'est les maths. J'ai deux frères et soeurs qui vivent avec moi, et je suis le seul garçon du côté de la famille de ma maman.

Mais tout ce que je demande, c'est de me sentir en sécurité. Je veux juste être en sécurité.»

Michelle DiGiacomo, la directrice de l'association, qui a confié au Chicago Sun-Times n'être pas parvenue à se sortir cette lettre de la tête, a fini par la transmettre au représentant du 5e district de l'Illinois, le démocrate Michael Quigley. C'est ainsi que la lettre de Malik est parvenue à Barack Obama, qui a répondu au garçon.


«Cher Malik,

 

Chaque jour, je m'efforce de faire en sorte que des quartiers comme le tien deviennent des endroits sûrs où l'on peut rêver, découvrir, et grandir. Sache que ta sécurité est ma priorité absolue en tant que président. Si tu parviens à être courageux et créatif, si tu travailles dur tous les jours et que tu prends soin de tes proches, je suis sûr que tu parviendras à réaliser tes rêves.

 

Je te souhaite, à toi et à ta famille, le meilleur pour l'année à venir. Je suis de tout coeur avec toi.

 

Sincèrement,

 

Barack Obama»

Du haut de ses 13 ans, Malik ne s'est pourtant pas laissé impressionner par ce courrier du président américain qui lui est directement adressé: «Je suis vraiment surpris mais enfin, tout ça ne résoudra pas les problèmes de violence ici. Ce sera toujours dangereux.»

L'association Direct Effect Charities, elle, tente d'apporter une réponse plus pragmatique et essaye d'organiser le déménagement de Malik et de sa famille vers un autre quartier.

Englewood est en effet considéré comme l'un des pires endroits où grandir à Chicago et a hérité du surnom de  Chiraq: Chicago + Iraq. En 2012, un garçon de 11 ans y avait été tué d'une balle perdue alors qu'il jouait dans la rue.

Un reportage intitulé «487 - Harper Scool» avait révélé que dans le quartier d'Englewood, les adolescents avaient pris l'habitude de ne jamais marcher sur les trottoirs pour éviter d'être supris par les membres des gangs rivaux et d'être pris dans une embuscade. Ils ont aussi appris à se jeter au sol et à se rouler en boule au moindre son de coup de feu.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte