EconomieMonde

2014, le retour de l’Amérique triomphante

Repéré par Eric Leser, mis à jour le 01.01.2015 à 10 h 50

Repéré sur Politico, New York Times

Avant une rencontres sportive à Chicago en mars 2014. REUTERS/Jim Young

Avant une rencontres sportive à Chicago en mars 2014. REUTERS/Jim Young

L’Amérique est de retour, la santé de son économie est insolente, contrairement aux apparences sa société de moins en moins violente, ses ennemis très affaiblis par l’effondrement du prix du pétrole et personne ou presque ne s’en rend compte. Politico a donc entrepris de remettre la situation en perspective. L’année 2014 a été celle de la «résurgence américaine», comme Barack Obama lui-même l’a qualifiée.

Ainsi, la croissance américaine s’est établie à un rythme de 5% par an au troisième trimestre. Elle a créée 320 000 emplois en novembre, sa meilleure performance depuis 57 mois. L’indice Dow Jones de la Bourse de New York a battu un nouveau record historique le 23 décembre et le nombre d’Américains n’ayant pas d’assurance maladie est proche de son plus bas niveau historique. La confiance des consommateurs s’envole, l’inflation est faible, le prix de l’essence a la pompe plonge et le déficit budgétaire fond à grande vitesse.

«Mitt Romney [le candidat républicain à l’élection présidentielle de 2012] promettait de ramener le taux de chômage à 6%. Il est aujourd’hui de 5,8%, la moitié de celui de la zone euro. Newt Gingrich promettait de ramener le gallon [3,7 litres] d’essence à 2,5 dollars, il est descendu à 2,38 dollars. La criminalité, l’avortement, le nombre d’adolescentes enceintes et les importations de pétrole sont en forte baisse tandis que l’utilisation des énergies renouvelables augmente rapidement et que l’industrie automobile est en plein boom… L’énergie éolienne a été multipliée par trois et l’énergie solaire par dix en 5 ans

Les mauvais augures qui promettaient il n’y a pas si longtemps aux Etats-Unis une nouvelle récession, une envolée des taux d’intérêt et de l’inflation, une spirale infernale de la dette, une explosion des prix de l’énergie et un effondrement de son système de santé, se sont tous lourdement trompés. Les Américains aussi… qui selon un sondage réalisé par CNN étaient 62% à juger la situation économique «préoccupante» une semaine avant le raz de marée électoral républicain lors des élections législatives de la mi-mandat du début du mois de novembre.

Et pourtant, 11 millions d’emplois ont été créés depuis 2010 et 10 millions d’Américains ont eu enfin droit à une assurance maladie depuis 2013. «C’est vrai que l’augmentation de salaires reste lente, mais la conjoncture économique ne correspond pas au sentiment général d’insatisfaction. Et l’opinion publique se trompe. Un sondage [en décembre 2014] de l’agence Bloomberg montre que pour 73% des Américains le déficit public augmente… En fait, il est passé de 1 200 milliards de dollars en 2009 à moins de 500 milliards en 2014

Il y a 6 ans, l’économie américaine s’effondrait perdant 800 000 emplois par mois. La récession a même atteint un rythme de 8% par an. Le gouvernement injectait des milliards de dollars dans le système bancaire pour éviter qu’il s’effondre et les experts prédisaient que cela coûterait 2 000 milliards de dollars au contribuable. L’argent injecté dans le système financier l’a sauvé et évité la plus grande panique depuis les années 1930. Depuis les banques ont remboursé et au passage le contribuable américain a même gagné de l’argent.

Le vrai problème des Etats-Unis, c’est que la presse, comme en France, est incapable d’annoncer de bonnes nouvelles. Deux Américains sont morts d’Ebola et les chaînes d’information ont annoncé pendant des semaines qu’une épidémie catastrophiquee était imminente. Dans la même veine, le pays devait être submergé cet été par une vague d’immigrants venus du Mexique. «Personne ne va gagner le prix Pulitzer en reconnaissant que nous fumons moins, conduisons moins, gaspillons moins d’électricité et commettons moins de crimes», écrit Politico. «La police tue moins de civils et moins de policiers sont tués, mais de façon compréhensible après les tragédies de Ferguson et de Brooklyn, personne n’en fait état».

Enfin, la chute des prix du pétrole de près de 50% depuis juin est non seulement une divine surprise économique pour les Etats-Unis mais aussi sur le plan géopolitique comme le souligne le New York Times. Elle a «poussé plusieurs pays exportateurs de pétrole – particulièrement ceux hostiles à l’occident et à l’Amérique comme la Russie, l’Iran et le Venezuela – au bord de la crise financière». Et le changement sur le marché pétrolier pourrait être plus durable qu’on le pense généralement. Dans une interview fin décembre au Middle East Economic Survey, le ministre saoudien de l’énergie, Ali al-Naimi, a mis en avant le changement majeur de stratégie de l’OPEP, qui aujourd’hui cherche avant tout à conserver des parts de marché plutôt que d’essayer de faire monter les prix en réduisant sa production.

Alors bien sûr, les Etats-Unis ne sont pas un paradis sur terre et Politico le souligne. Le pays est toujours «miné par un système scolaire public inadapté, des infrastructures croulantes, un coût toujours plus élevé des études supérieures, des inégalités toujours plus grandes. De nombreux américains veulent que les banquiers sans scrupules, les tortionnaires et les policiers meurtriers rendent des comptes à la justice. Washington [le système politique américain] est toujours aussi dysfonctionnel..

Mais l’Amérique vient encore de prouver une capacité de rebond, de «résurgence» comme dit Barack Obama, unique.

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