Prédictions économiques pour 2015

Une cartomancienne en Iran. REUTERS/Morteza Nikoubazl

Une cartomancienne en Iran. REUTERS/Morteza Nikoubazl

A prendre avec des pincettes comme toutes les prévisions économiques et politiques. Mais elles ont le mérite de présenter un panorama de l’économie mondiale. Voilà donc les grandes incertitudes économiques de l’année 2015 et un résumé des réponses qui leur sont généralement apportées par les experts interrogés par Forbes, Marginal Revolution, le New York Times, la BBC, The Atlantic, The Economist et le Christian Science Monitor.

-1 La récession Russe s’annonce douloureuse.

La question économique et politique majeure du début de l’année 2015 concerne la Russie et la façon dont ce pays va faire face à une récession de grande ampleur (au moins -5%). Peut-elle être absorbée en douceur? Sans doute pas, mais il est difficile d’imaginer des scénarios politiques dans un pays tenu par Vladimir Poutine et ses amis.

-2 L’Europe contestée en Grèce et dans les élections en Espagne, au Portugal, au Royaume-Uni.

La Grèce va-t-elle décider de sortir de la zone euro? La possibilité existe avec la probable victoire du parti d’extrême gauche Syriza aux élections législatives du 25 janvier. Syriza affirme vouloir rester dans la zone euro, mais une nouvelle crise financière liée à la défiance envers un nouveau gouvernement grec pourrait devenir incontrôlable. Ce n’est pas le scénario le plus probable. Mais en tout cas, le mécontentement en Europe contre l’Europe accusée d’être responsable de l’austérité et de la faiblesse de la conjoncture va continuer à doper les partis anti-européens en Grèce mais aussi en 2015 lors des élections en Espagne, au Portugal et au Royaume-Uni.

-3 France et Italie toujours en panne.

Les économies françaises et italiennes vont-elles rester les économies en panne de l’Europe? Cela est très vraisemblable, les réformes de structure pour rendre l’économie plus dynamique et plus ouverte traînent. Pas étonnant si l’Italie et la France sont dans cet ordre les pays au monde où la population est la plus pessimiste. Le risque aujourd’hui est que l’économie allemande, toujours dépendante de ses exportations et exposée au risque russe, suive.

-4 Etats-Unis: croissance oui, salaires non.

La croissance américaine a atteint 5% en rythme annuel au troisième trimestre de 2014 et devrait selon les prévisions être au moins de l’ordre de 3% en 2015. Est-ce que cette reprise va enfin se traduire par une augmentation des salaires tant attendue par la classe moyenne? Cela est peu vraisemblable et les Américains resteront insatisfaits avec leur économie qui semble pourtant être maintenant bien sortie de la crise financière de 2008. D’autant plus que le chômage devrait, toujours selon les prévisions, continuer à baisser jusqu’à 5% de la population active cette année.

-5 L’année de l’Inde.

L’Inde peut-elle conserver en 2015 la dynamique de la fin de l’année 2014? La croissance a été supérieure à 5% au troisième trimestre de 2014 et devrait être de l’ordre de 5,5% lors des trois derniers mois de 2014. Il n’y a pas de raison, selon la plupart des experts, pour qu’il y ait un ralentissement en 2015. L’Inde bénéficie en quelque sorte de ses performances médiocres à l’exportation. La croissance est avant tout générée par la demande intérieure. Et avec une direction claire à la Reserve Bank of India et l’élection en mai du Premier ministre Narendra Modi, les incertitudes politiques sont sans doute levées. 

-6 La bulle australienne et canadienne va se dégonfler.

Il est sans doute exagéré de qualifier la bonne santé économique du Canada et de l’Australie de bulle. Elle est néanmoins en grande partie construite sur l’augmentation des cours et de la demande de matières premières. La croissance devrait donc logiquement ralentir dans ces deux pays en 2015.

-7 Le Japon toujours dans l’impasse.

Les Abenomics, la relance massive par la politique monétaire et la fiscalité de l’économie japonaise, ont rapidement montré leurs limites. Le pays a replongé dans la récession. Shinzo Abe a été réélu Premier ministre et tente à nouveau de relancer l’activité. Cela s’annonce difficile

-8 Gérer le ralentissement chinois.

L’économie chinoise est entrée dans un virage structurel majeur. Sa croissance ralentie et dépend maintenant avant tout de facteurs internes et non plus des exportations. Le dosage politique et social est délicat, dans quelle mesure le gouvernement peut gérer un ralentissement en douceur et quelles en seront les conséquences, notamment sociales. Le système bancaire va-t-il tenir et supporter les investissements irréalistes et les excès de capacités de tous ordres? La croissance chinoise pourrait descendre sous les 7% en 2015. Elle était de 7,3% (en rythme annuel) au troisième trimestre de 2014, son plus bas niveau depuis 5 ans.

-9 Le rebond de l’Amérique latine n’est pas pour cette année.

L’année 2014 sera à oublier pour l’Amérique latine avec une croissance à peine supérieure à 1%. Le Brésil et le Mexique, les deux poids lourds de l’économie de l’Amérique latine, peuvent-ils retrouver le dynamisme qui était le leur il y a encore deux ans? Difficile à imaginer. Les deux pays sont affectés à la fois par le ralentissement chinois et la baisse des cours des matières premières.

-10 Ce que nous ne savons pas.

L’imprévu économique et politique est sans doute ce qui affectera le plus l’économie mondiale dans les douze mois qui viennent.

Qui aurait pu prévoir il y a six mois que les prix du pétrole allaient s’effondrer de près de 50%? Il est possible qu’il existe une bulle autour de la Bourse américaine et qu’elle subisse un krach dans les prochains mois. Les ajustements entre les variables macro-économiques majeures – les monnaies, les taux d’intérêts, les cours de Bourse – peuvent être parfois violents.

Comme le pointe Marginal Revolution, la France peut entrer dans une période d’instabilité institutionnelle et sociale. La grippe aviaire peut ressurgir. Un attentat terroriste de grande ampleur peut effrayer les populations aux Etats-Unis ou en Europe comme celui de 11 septembre 2001 et peser sur l’activité économique et le contexte politique. Vladimir Poutine peut se lancer dans une aventure militaire pour sauver son pouvoir…

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