Monde

La police de New York «est une honte pour la ville»

Repéré par Eric Leser, mis à jour le 01.01.2015 à 8 h 30

Repéré sur Gawker, New York Times, New York Post

NYPD cars line up. Photo Wikimedia CC by Joi Ito

NYPD cars line up. Photo Wikimedia CC by Joi Ito

Les policiers de New York et notamment leurs syndicats sont en guerre contre le maire de la ville, Bill de Blasio. Il a eu le malheur de se dire inquiet pour son jeune fils Dante, métis et noir, après l’affaire de la mort du noir Eric Garner le 17 juillet après une interpellation violente. Eric Garner n’était pas armé et dangereux et avait été étranglé par le policier Daniel Pantaleo pour le mettre au sol et l’immobiliser. Il en est mort quelques minutes plus tard. La justice américaine a décidé de ne pas poursuivre Daniel Pantaleo entraînant une succession de manifestations dans la ville et de critiques contre la brutalité et le racisme de la police de New York.

Depuis, lors de cérémonies officielles, les policiers de la ville tournent ostensiblement le dos à leur maire élu, le sifflent, le conspuent. Ils ne mettent plus beaucoup d’amendes et ne procèdent plus à bon nombre d’arrestations qui ont baissé de 66%. Une véritable révolte. Des syndicalistes policiers ont même été jusqu’à déclarer que le maire avait du «sang sur les mains» après l’assassinat de deux policiers le 20 décembre à Staten Island par un déséquilibré noir qui s’est suicidé. La criminalité est au plus bas à New York depuis 21 ans.

Le site Gawker et le New York Times dans un éditorial remettent les pendules à l’heure et s’en prennent aux policiers et à leurs syndicats qui refusent toute critique et sont prêts à défendre n’importe quel acte s’il est commis par un policier et se considèrent ainsi comme étant au-dessus des lois.

«Ce que les New Yorkais attendent de leur service de police est simple», écrit le New York Times. «1. Ne violez pas la Constitution. 2. Ne tuez pas des personnes sans armes. Ce à quoi nous ajoutons: 3. Faites votre travail. Les policier sont des agents publics qui ont prêté serment et refuser de travailler revient à violer leur engagement qui est de servir et de protéger.»

Gawker est encore plus virulent. En tournant le dos et en conspuant le maire lors des funérailles des agents de police assassinés le 20 décembre et d’une cérémonie le 29 décembre au Madison Square de remise de leurs diplômes à 884 nouveaux agents de police «la police de New York montre qu'elle est puérile et considère bénéficier de droit d’un statut privilégié… Le service de police de New York est une honte pour la ville de New York».

Après la décision de la justice de ne pas inculper Daniel Pantaleo et les critiques et manifestations qui ont suivi, le service de police de la ville a fait du maire le responsable de ses errements. «Pourquoi?», s'interroge Gawker. «Parce que de Blasio a eu la témérité d’admettre en public que son fils est en plus grand danger d’être tué par la police de New York parce qu’il est noir. Parce que de Blasio a dit tout haut, en tant que maire de la ville, ce que les parents d’enfants noirs et latinos disent en privé depuis des décennies».

Et Gawker d’ajouter qu’en dépit de ce que les syndicats voudraient vous faire croire «les agents de police de New York ne sont pas une minorité oppressée, mais une classe spécialement protégée de personnes… Et la réponse infantile que les policiers font à leur mise en cause en est la preuve…».

 

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