Monde

Au Parlement européen, même certains députés se perdent dans les couloirs

Repéré par Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 30.12.2014 à 12 h 02

Repéré sur Wall Street Journal

Siège du Parlement européen à Strasbourg en décembre / Mathieu Nivelles via Flickr CC License By

Siège du Parlement européen à Strasbourg en décembre / Mathieu Nivelles via Flickr CC License By

«L’Union européenne a la réputation d’être un labyrinthe institutionnel», écrit le Wall Street Journal, organe de presse rarement tendre avec celle-ci. Mais selon le journal, son parlement, qui siège à Strasbourg et à Bruxelles, est lui-même un labyrinthe au sens propre, comme une sorte de figuration du dédale bureaucratique qu’on lui reproche souvent d’être: les lobbyistes et les journalistes s’y perdent régulièrement, et même les députés ont parfois du mal à retrouver le chemin de leur bureau…

C’est le cas de Fabio de Masi, député européen du parti de la gauche allemande Die Linke, qui explique au Wall Street Journal avoir dû une fois appeler ses assistants et leur décrire la couleur des murs et la forme des couloirs du siège de Strasbourg dans l’espoir qu’ils le guident.

Depuis qu’Umberto Guidoni, astronaute italien et premier Européen à poser le pied sur la station spatiale internationale, s’est rendu au Parlement pour parler à des étudiants italiens de passage et s’est perdu, une blague rappelle qu’il est plus facile de s’orienter dans l’espace que dans les couloirs du Parlement de Strasbourg.

Dès son inauguration en 1999, le bâtiment conçu par l'agence Architecture studio, dont le siège est à Paris et qui compte parmi ses réalisations l'Institut du Monde Arabe, avait essuyé des critiques. Jean Quatremer et Judith Perrignon décrivaient par exemple dans Libération l'intérieur de cette «cathédrale de verre et d'acier dédiée à la démocratie et à l'Europe»:

«Un entrelacs de couloirs, de passerelles, d'ascenseurs et de lianes (mais juste pour la déco), de portes qui n'en sont pas, font de cet immeuble un labyrinthe cauchemardesque qui suinte le mépris à l'égard des occupants.».

Un «intérieur [...] sombre et cloisonné», des «couloirs [...] interminables et oppressants», le résultat était critiqué par des députés de tous bords, aussi bien par Charles Pasqua que par Alain Krivine...

D’autres bâtiments accueillant les institutions européennes ont également opté pour une architecture volontairement conceptuelle, signale le WSJ avec une ironie explicite. Comme le futur siège du Conseil européen, qui sera constitué d’une sorte d’amphore géante encastrée dans un cube de verre, ou le bâtiment du Parlement à Bruxelles, dans lequel un seul ascenseur spécial permettrait d’accéder à un mystérieux étage 5 et demie... 

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