Si Nicolas Sarkozy rebaptise l'UMP le Rassemblement, il fera aboutir une idée de 1998 de Philippe Séguin

François Fillon, Nicolas Sarkozy et Philippe Séguin lors des Assises nationales du RPR, le 31 janvier 1998.

François Fillon, Nicolas Sarkozy et Philippe Séguin lors des Assises nationales du RPR, le 31 janvier 1998.

Six mois après la désastreuse dissolution décidée par Jacques Chirac, le président du RPR avait essayé, en vain, d'abréger le nom du parti.

Selon Le Monde, Nicolas Sarkozy, élu à la présidence de l'UMP fin novembre, songe à renommer le parti «le Rassemblement». D'après le quotidien, l'ancien président de la République «souhaite un intitulé court» (il «n'aime pas les acronymes», explique la porte-parole du parti Isabelle Le Callennec) et «l’expression "Le Rassemblement" tient la corde, mais n’est pas encore définitive».

Ironie de l'histoire: si Nicolas Sarkozy finit par rebaptiser l'UMP de ce nouveau nom, il fera aboutir une idée qu'avait lancée un de ses prédécesseurs, Philippe Séguin, début 1998, à l'époque où lui-même réintégrait la direction du RPR. En décembre 1997, six mois après la désastreuse dissolution décidée par Jacques Chirac, Philippe Séguin avait en effet annoncé au conseil national du parti que le RPR allait se voir rebaptiser le Rassemblement, comme le résumait alors Libération:

«Le RPR change de sigle. Il s'appellera désormais le Rassemblement. C'est court. Mais c'est avec un grand R qui permet à Philippe Séguin de tourner la page du chiraquisme, six mois après la défaite de la droite aux législatives.»

L'objectif était double et implicite: rompre avec un nom de parti de plus en plus cité dans des affaires politico-financières, et avec un occupant de l'Elysée au plus bas. Mais l'opération se heurta vite à des résistances internes. «Le R, c'est un peu court», déclarait alors le député de Paris Pierre Lellouche, qui préférait, en référence au général De Gaulle, le RPF, pour Rassemblement pour la France.

Repoussé dans un premier temps par le conseil national du parti, le nom de Rassemblement avait été soumis, avec deux autres propositions, au vote des délégués des fédérations lors des Assises nationales du RPR en janvier 1998, mais n'avait recueilli que 0,66% des voix. Un score largement interprété comme un camouflet pour Séguin face à l'Elysée et qui avait sans doute privé le RPF (49,94%) de la majorité absolue des voix face au RPR (49,34%). La direction avait décidé de ne pas organiser de second tour et de conserver le nom de RPR.

Comme le note le journaliste de La Croix Laurent de Boissieu sur son blog, l'abréviation «Le Rassemblement» a ensuite servi à désigner, à partir de 2003, le Rassemblement pour la France et l'Indépendance de l’Europe de Charles Pasqua (RPFIE, plus communément appelé RPF). Le nom a ensuite ressurgi, de manière inattendue, en novembre 2012 quand, en pleine crise à l'UMP, François Fillon a créé à l'Assemblée nationale un groupe parlementaire dissident nommé «Rassemblement-UMP» (R-UMP): selon un élu fillonniste cité à l'époque par Libération, il s'agissait d'«un clin d’oeil à Philippe Séguin».

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