Culture

La maison Futuro, tentative loupée d’habitat extra-terrestre

Ella Morton , traduit par Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 29.12.2014 à 10 h 48

img_7404 / Steve Rainwater via Flickr CC License By

img_7404 / Steve Rainwater via Flickr CC License By

Cette habitation qui ressemble à une capsule spatiale a beau avoir l’air d’être un cas excentrique d’architecture, elle fait en réalité partie d’une flotte oubliée de semblables.

En 1968, l’architecte finlandais Matti Suuronen a ébaloré les plans d’une maison préfabriquée qu’on appellera plus tard la maison Futuro. D’abord pensé pour être utilisé comme maison de vacances par les skieurs, le prototype de la Futuro se présente sous une forme elliptique, mesure 8 mètres de diamètre, pèse 400 kilos [PDF] et repose sur des pieds en métal. Un anneau de 20 fenêtres ovales achevait de lui donner son look extraterrestre. On accédait à cette maison du futur par un escalier amovible. A l’intérieur, l’espace de 50 m2 accueillait une chambre à coucher, une petite salle de bain, une cuisine, un espace salle à manger et un canapé incurvé sur le mur qui pouvait être converti en lit très cosy pour six personnes... Une cheminée circulaire au centre la faisait ressembler à un chalet de ski de l’espace.

La maison Futuro était contruite en polyester renforcé de fibres de verre, un matériau isolant dérivé du pétrole. Ces maisons en plastique pouvaient être déplacées facilement et étaient rapides à chauffer, un vrai plus pour les skieurs rentrant d’une journée sur les pistes et pressés de se serrer autour d’une fondue.

Futuro house in Warrington, New Zealand / Peter Dowden via Wikimedia Commons

A la fin des années 1960, les Futuros sont produites en série après que l’architecte a réduit leur taille à 5 mètres de diamètre pour en faciliter le transport. Des campagnes de publicité présentent la maison comme une habitation adaptée à tous les climats et toutes les topographies, au-delà du seul chalet transportable de montagne... Mais l’engouement des consommateurs reste modéré.

Futuro House Pensacola, Florida / TimothyJ via Flickr CC License By

Avec la crise pétrolière d’octobre 1973, le prix du baril quadruple soudainement, et les Futuro deviennent bien trop chères à construire. Cette hausse des coûts associée à la faiblesse des ventes ont pour conséquence l’arrêt de la production. En fait, moins de 100 exemplaires de la Futuro ont été construits. Les vaisseaus spatiaux rescapés sont éparpillés à travers le globe: certains ont atterri aux Etats-Unis, au Japon, en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Suède, au Danemark et en Allemagne.

Certaines Futuro encore dans le circuit se dégradent lentement, mais d’autres ont été admirablement restaurées et reconverties. L’université de Canberra en Australie en a utilisé une comme espace d’étude, et un club de strip-tease à Tampa en Floride en a même fait un espace VIP sur le toit de l’établissement. 

En France, entre 1968 et 1972, le parvis du quartier d’affaires de La Défense a accueilli une maison Futuro transformée en cafétéria et judicieusement appelée «Resto bulle». En 1983, la maison est déplacée et restera 20 ans à la campagne, avant d’être acquise en 2005 par un loueur de mobilier design, XXO, qui la restaure et lui rend sa couleur d’origine orange. Depuis 2010, elle est la propriété d’un collectionneur. On peut en voir des détails ici.

Ella Morton
Ella Morton (21 articles)
Journaliste
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte