Drogue: de l'interdiction de fumer à l'interdiction de penser
Les politiques de lutte contre la drogue ont échoué. Il faut avoir le courage de traiter la question sous l'angle de la santé publique et non de la guerre.
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Les élus californiens vont tenir mercredi 28 octobre un débat public sur les conséquences d'une loi légalisant, taxant et régulant la vente de marijuana. C'est une première dans un Etat américain. Le gouverneur républicain de Californie Arnold Schwarzenegger veut un débat «de qualité». Selon les calculs, la légalisation des drogues dites douces pourrait rapporter 1,4 milliard de dollars par an à l'Etat au bord de la faillite. Plusieurs associations militent pour la tenue d'un réferendum sur la question en Californie. Nous republions à cette occasion un article de Moises Naim sur les avantages géopolitiques d'une légalisation des drogues douces.
Aux Etats-Unis, 76% de la population considère que la guerre à la drogue est un échec. Une majorité aussi écrasante pense qu'on ne peut pas changer les politiques qui sous-tendent la guerre à la drogue: interdiction de produire, d'importer et de consommer de la drogue. Cette contradiction n'est pas propre aux Etats-Unis.
Les enquêtes révèlent que ces idées sont partagées par une grande proportion de la population de beaucoup de pays: pauvres ou riches, exportateurs ou importateurs de drogues, démocratiques ou autoritaires, asiatiques, européens ou latino-américains.
Comment expliquer cette irrationalité? Comment peut-on être opposé au changement d'une politique publique dont on sait qu'elle est inefficace? Ma réponse est la suivante: l'interdiction de tout ce qui a trait à la drogue a créé un climat où il est également défendu de réfléchir librement aux alternatives à la prohibition.
Un sénateur américain, sous couvert de l'anonymat, m'a confié: «J'ai beaucoup de collègues qui, comme moi, savent que les efforts mis en œuvre pour combattre le trafic de drogue sont non seulement inutiles, mais également contreproductifs. Mais, politiquement, c'est une prise de position suicidaire. Si je dis cela publiquement, c'est presque sûr que je perdrai les prochaines élections».
Les responsables politiques ne sont pas les seuls à blâmer. En effet, «pourquoi en dépit des efforts déployés la situation en Afghanistan s'est-t-elle autant détériorée? A mon sens, la cause principale réside dans le narcotrafic. Il s'agit incontestablement de la force économique qui favorise la résurgence des talibans... Lorsque j'étais dans le pays en 2006, on ne pouvait même pas mentionner ce sujet. C'était une affaire dont personne ne souhaitait parler». Ce sont les paroles du général James Jones, commandant du Corps des Marines de 1999 à 2003 et commandant suprême de l'OTAN de 2003 à 2006. Il convient de noter qu'il avait fait cette déclaration plusieurs mois avant de savoir qu'il serait nommé Conseiller à la Sécurité nationale par Barack Obama.
L'approche qu'adopte le monde face au problème du trafic et de la consommation de drogues est indéfendable. Tous les analystes un tant soit peu objectifs qui se sont penchés sur la question tirent la même conclusion. Le régime actuel nécessite une réforme urgente et profonde. Hélas, toutes les propositions qui vont dans ce sens sont systématiquement contestées et taxées de naïveté, de complaisance, voire de complicité avec les dealers. Pourtant, la réalité et les chiffres sont éloquents. Malgré les immenses efforts, il n'y a aucun signe indicateur de la baisse de la production ou de la consommation de drogues.
Récemment, le gouvernement britannique a indiqué que la cocaïne abonde tellement en Grande-Bretagne qu'elle coûte moins cher qu'une bière ou qu'un verre de vin. Aux Etats-Unis, un citoyen sur cent est en prison - la majorité pour détention de stupéfiants. (Chaque prisonnier coûte à l'Etat 34.000 dollars [environ 24.000 euros] par an, alors que le coût annuel des soins d'un toxicomane est de 3.400 dollars [quelque 2.400 euros]. La violence qui sévit au Mexique, en Colombie ou dans tous les bidonvilles d'Amérique latine est, dans une large mesure, un effet collatéral de la guerre à la drogue. Cette situation est intenable; il est indispensable d'adopter une nouvelle approche.
C'est l'objet de la proposition de la Commission latino-américaine sur les drogues et la démocratie, un groupe de 17 Latino-Américains dont je fais partie. Présidée par trois ex-présidents très respectés, Fernando Henrique Cardoso (Brésil), César Gaviria (Colombie) et Ernesto Zedillo (Mexique), la commission a livré ses recommandations au terme de près d'un an d'étude. Son travail s'appuie notamment sur l'examen des meilleures preuves disponibles et sur des larges consultations avec des scientifiques, des responsables politiques, des médecins, des militaires, des maires et des spécialistes de la santé publique. Je vous invite fortement à consulter le rapport de la commission, disponible sur le site Internet www.drogasydemocracia.org.
La commission ne croit pas qu'il puisse exister des politiques alternatives à la prohibition exemptes de coûts et de risques. En revanche, elle est convaincue qu'il faut envisager et expérimenter d'autres approches qui traitent le problème de la drogue davantage comme une affaire de santé publique que comme une guerre.
Prôner d'une façon très générale la « légalisation des drogues» est une démarche superficielle et irresponsable dont le seul effet est de banaliser le débat et de le mettre au point mort. Mais interdire le débat rationnel à propos des coûts et avantages d'une dépénalisation de la possession de marijuana pour une consommation personnelle, par exemple, est encore plus irresponsable.
La consommation de drogues est un fléau qu'il faut absolument combattre. Mais il faut le faire efficacement. Or, ce ne sera pas possible tant qu'il sera interdit de penser librement sur ce que signifie le faire efficacement.
Moisés Naím
Traduit par Micha Cziffra
Image de Une: Dans un coffee shop aux Pays-Bas Michael Kooren / Reuters
Mis à jour le 28/10/2009 à 10h52









































Tout le monde sait que les efforts d’un gouvernement américain dans les années ’20 pour réduire la consommation d’alcool – la fameuse ‘prohibition’- ont été un échec :
1. Les Américains continuaient de boire de l’alcool pendant (et après) la ‘prohibition’ autant qu’avant
2. Les Al Capone de ce monde ont fait fortune. Certains vivent encore, de manière très respectable, aujourd’hui.
Au début du 20e siècle, le gouvernement suédois a été confronté du même grave problème d’alcoolisme. Les Suédois buvaient (hommes, femmes et enfants confondus) 40 litres de vodka (souvent de très mauvaise qualité) par tête et par an !
Mais le gouvernement a rejeté l’idée de prohibition en faveur d’une maîtrise totale de la fabrication et distribution de la vodka (dont le fameux ABSOLUT VODKA). Toutes les distilleries de vodka de mauvaise qualité étaient fermées ou réquisitionnés. La distribution était restreinte à des centres de distribution contrôlés par le gouvernement.
Dernièrement la production de vodka a été re-privatisée (EU oblige) mais je crois savoir que la distribution reste restreinte.
Aujourd’hui les Suédois aiment toujours autant leur vodka mais la catastrophe a été évitée.
N’y a-t-il pas là dedans un modèle pour les gouvernements qui cherchent VRAIMENT une solution au problème de la drogue ? Distribution par des centres contrôlés et médicalisés ? La drogue fournie par une agence gouvernementale - forcément moins cher que le « marché » de la rue ?
Qui pourrait vraiment s’en plaindre – à part les dealers ? Du même coup, comme l’article souligne, nous résoudrons le problème de la surpopulation des prisons !
C’est solution me paraît tellement évidente que je me pose des questions sur la sincérité et la bonne foi de ceux qui s’y opposent. Un peu de l'argent de la drogue ne se trouve-t-il dans les poches de ces politiciens "bien veillant" qui réclament en chœur la totale prohibition - comme aux années 20?
La Californie accuse cette année un déficit record de 42 milliards de dollars. Souvent considérée comme la 6e puissance économique mondiale, cette région bénéficie déjà de la culture de marijuana thérapeutique, qui est l’un des premiers revenus du nord de l’État. En pleine débâcle économique les États-unis ont au moins le courage de soulever un vaste problème de société, et au delà de la manne économique, d’ouvrir la voie à une mise à jour des mœurs et des lois.
On a le bon goût en France, le pays des bouilleurs de cru, de la Villageoise, de la Pelure d’Oignon, du Pisse-dru et champion occidental de l’alcoolisme, de faire la fine bouche sur la fumette. On préfère remplir les geôles de « drogués », et les caisses de l’État de leurs deniers souvent maigres. A l’heure où chaque année les prisonniers se suicident par centaine, où les gourbis pénitentiaires sordides débordent d’âmes en peine, la répression des drogués, l’enfermement et la dissimulation paraissent bien dérisoires. 7 millions de francais, selon le fascicule distribué au collège « Drogues: savoir plus, risquer moins », déclarent avoir déjà fait usage du cannabis, au moins 1 millions en consomment régulièrement. En quel nom dans l’hexagone, monsieur le curé s’offre t-il chaque dimanche de christiques frissons à grandes lampées de sang de Jésus, tout en blâmant celui qui, dans le secret intime de la pratique du vice, s’adonne aux paradis -artificiels-, à l’évasion, à l’escapade libératrice offerte par un quelconque psychotrope?
Ici la police sermonne contre le haschisch en buvant du Ricard ; à l’ombre des certains minarets, on donne le fouet aux alcooliques en fumant le narguilé dans un champs de pavot.
Parce que c’est bien la nature du produit qui est incriminée. Il faut protéger ces pauvres erres contre eux-mêmes. Il faut dissimuler ces mauvais exemples qui se laissent aller publiquement, juger la clope au bec et le café en main ceux qui ne se droguent pas bien, pas conformément pas selon les critères du coin. Peut-être dérangent t-ils dans la culture du travailler plus, ces improductifs qui assument leur laisser aller, qui font acte de liberté sans empiéter sur celle des autres. Parce que par définition, les drogues sont une expérience intime, un plaisir solitaire. La dépendance est une prison mentale et physique, certes. Ce qui est certain c’est qu’on n’en sort pas en s’enfermant dans une prison de pierre.
Les drogues dégradent la santé c’est évident. Et sous l’emprise d’un esclavage chimique, on se laisse corrompre par le vilain vendeur. Il a bon dos le vendeur. C’est vrai qu’au pays d’Europe où l’on consomme le plus d’antidépresseurs, de somnifères, d’anxiolytiques, de calmants, de fortifiants, généreusement prescrits par les “psychopathologistes” patentés, à 75 euros la séance de divan, c’est bien le vendeur d’herbe, d’ecstasy ou de cocaïne le plus coupable.
La santé pourtant, la reconnaissance publique ne s’en soucie pas tout le temps. On acclame le sportif qui ruine son intégrité physique pour réaliser des exploits et amuser l’arène publique, faire mousser la nation. On décore le soldat, on rétribue l’ouvrier qui s’éreintent, détruisent leur santé, s’aliènent au nationalisme à l’obéissance, au productivisme. Y a t-il de bonnes et de mauvaises aliénations? C’est aux seuls aliénés d’en juger.
Peut-être y a t-il une certaine jalousie des légions moralisées et dociles, qui regrettent en silence leur frustration sacerdotale et conformiste.
Le drogué, ce n’est finalement que l’autre. La répression de la drogue, dans la mesure où personne ne l’impose, c’est une sorte de xénophobie sociale.
Certains pays ont eu le courage de faire face à ces questions. La Suisse par exemple, a légalisé l’héroïne, qui fut un temps disponible dans l’un des parcs de Zurich. On y trouvait une clinique, des seringues propres et gratuites, des médecins qui distribuaient même un produit contrôlé aux plus dépendants. Les helvètes ont fait marche arrière, débordés: de toute l’Europe affluaient des drogués en perdition, en quête d’une terre plus accueillante.
La drogue est, comme toute chose, potentiellement dangereuse. Mais ces risques peuvent être gérés par l’éducation, la prévention, la dédramatisation, la responsabilisation des usagers, et encore la prise en charge médicale des comportements à risques. Pour cela, il faut reconnaître, faire face et assumer. La prison, elle, en 9000 ans d’usage de drogues par l’espèce humaine, n’y a jamais rien changé.
MdB
Que vous défendiez la dépénalisation des drogues illégales libre à vous mais utilisez des arguments sérieux. La France n'est plus le leader occidental de l'alcoolisme. Source INPES et http://sante-etudiant.univ-pau.fr/live/digitalAssets/71/71307_Memento_alcool.pdf. Revisez vos chiffres!
Vous avez sans doute raison. Mais qu'est-ce que cela change sur le fond du problème? La drogue tue - elle tue ses victimes, elle tue même ses dealers et peu à peu elle tue notre société. Et pendant ce temps là on dispute des statistiques!
Il n'y a pas à se disputer les statistiques puisqu'on ne peut pas les contester. Pour lutter contre un fléau il faut le connaître, les statistiques sont là pour cela. La production et la consommation d'alcool sont sous contrôle d'état donc très bien connues. Expliquer que la France maintiens hypocritement des lois répressives sur le cannabis ou autre pour mieux protéger les producteurs de vins ne tiens pas la route. La consommation de vin baisse régulièrement. Les lois sur la publicité font partie des plus répressives. Au niveau de l'alcool au volant on est dans la moyenne européenne etc. La France championne d'Europe occidentale de l'alcoolisme est un cliché éculé . Pendant des décennies les tenants de la libéralisation des drogues ont cherché à donner mauvaise conscience au pouvoir public face à leur laxisme sur l'alcool et le vin alors que la consommation de vin baisse régulièrement depuis cinquante ans. Aujourd'hui l'argument est caduque. La consommation de vin continue de baisser d'environ 1% par an(voir le lien précédent). Pour lutter contre les drogues il faut s'intéresser à chaque type de consommateur et agir au plus près. Il n'y a pas de recette miracle. Il faut lutter contre l'alcoolisme et la consommation de drogues mais je ne crois pas que ces fléaux qui détruisent des individus et des familles tuent notre société. Le phénomène n'est pas en progression notamment sur l'alcoolisme.
Je ne crois pas bien que vous soyez au fait de quoi vous parlez quand vous dites que le phénomène ne tue pas notre société. Depuis que la guerre en Afghanistan a été déclaré, la production d'héroïne a augmenté de 189%. L'importation de cocaïne en Espagne est telle qu'à Barcelone l'institut chargé de vérifier l'air déclare des alertes à la cocaïne au même titre qu'elle déclare un taux trop élevé de monoxyde de carbone. 90% des billets en circulation aux Etats Unis présente des traces de cocaïne pour 50% dans les années 80. L'augmentation des accidents mortel en France est dût principalement au mélange cannabis/alcool. Les taux de THC dans le cannabis atteignent des stades dangereux qui sont entrain de faire passer ce produit au stade de la drogue dure. Ainsi la White Widow, produit aux Pays Bas, contient 70% de THC, or à 100% une souris meurt. Et les bénéfices net globaux produit par la drogue dans le monde s'élèverait à 40 milliards de dollars selon le FBI, 40 milliards de dollars au seul bénéfice des mafias. Or on sait parfaitement aujourd'hui qu'une bonne part de toute les nations dans le monde ne pourrait survivre sans l'argent des dites mafia. En Italie par exemple, 3% du PIB est injecté par Cosa Nostra, la même Cosa Nostra qui a affectueusement baptisé la Costa del Sol "Costa Nostra". En résumé ce n'est pas seulement la question sanitaire qui est en jeu mais la question sociétale et financière. La consommation de cannabis en France répond à la loi de 70. En 1970 quand cette lois stupide a été voté on comptait 657 cas de condamnation pour usage ou trafique de cannabis. Aujoud'hui nous avons un million d'usager régulier, OCB vend librement et en toute illégalité selon les termes de la loi des feuilles Slim dans tous les bureaux de tabac et les hôpitaux psychiatrique accueillent de plus en plus d'usager de cannabis. Et pour cause...
Et pour cause puisque les produits ne sont pas stabilisé à un seuil acceptable de THC, que la consommation est sauvage et touche en particulier les jeunes, mais aussi les moins jeunes et une bonne part de ceux qui sont en désérrence dans les cités. Et dans les cités justement, la popérisation des populations, le taux de chômage, parents enfants, a mené à la constitution d'une économie souterraine telle qu'à Nanterre une cité est surnommé Auchan au regard de la quantité qu'elle fournit. Une économie dont dépend aujoud'hui nombre de famille.
Dans les années 80 un gramme de cocaïne coûtait 114 euros environs, aujourd'hui il en coûte 40... et les moyens policiers face au go fast ne suivent pas et ne pourront jamais suivre d'autant moins quand la production concentré hier entre la Colombie et la Bolivie s'étend aujourd'hui jusqu'au Mexique où les narco trafiquants ont de tel moyen militaire, financier et politique qu'ils peuvent directement défié le pouvoir. Et que la situation permise par Shengen et l'entrée de certain pays de l'est permet aux afghans de s'appuyesur la mafya, les babas turcs pour alimenter leurs distributeurs italiens et monténégrains. Et pire avec parfois les applaudissement de l'OTAN, puisque ce n'est plus une secret que d'affirmer que l'UCK est largement financé par les cammorristes.
Donc oui, définitivement la drogue tue à petit feu notre société et beaucoup plus sûrement que ne l'aurait fait l'alcool. En 1914 la cocaïne a été prohibée en France, en 1922 ça été au tour du cannabis aux Etats Unis. Pour ce dernier les motifs n'étaiten nullement la santé mais l'économie. Le chanvre faisait de l'ombre à l'industrie du bois et à celle du coton, les uns pour le papier les autres pour le tissus puis le Nylon. Or le chanvre est beaucoup moins coûteux en terme d'eau que le bois, et il pousse dans à peu près n'importe quelle condition (pour autant les plans mâles ne contiennent pas de THC). La santé a été invoquée par les associations puritaines, les mêmes qui avait fait amendé la prohibition sur l'alcool et ils visaient les principaux consommateur d'alors, les populations noires. Cette prohibition dure toujours, or la prohibition sur l'alcool a boosté la Cosa Nostra américaine. Avec elle elle est passé de l'association de malfaiteur au trust, un trust qui a littéralement explosé avec l'arrivée sur le marché mondiale de l'héroïne dans les années soixante et soixante dix. Marché qui a permit également aux mafias chinoises de s'épanouir, mafias qui du reste avaient déjà un sérieux historique avec le trafique d'opium, en association avec la Compagnie des Indes. Et à tout cela on n'a jamais sut répondre que par la prohibition et par la guerre sachant que cette prohibition est elle-même la source du mal. Il n'y a pas de réponse simple à ce sujet, la dépénalisation complète ou la tolérance comme au Pays Bas n'est ni souhaitable, ni possible, le contrôle d'état serait déjà un premier pas, mais surtout un travail au cas par cas par pays et en fonction de son contexte national et géographique. Mais la question reste à savoir si les volonté sont vaiment là... A qui profite exactement le crime quand une bonne part des 40 milliards de dollars sont réinjecté dans l'économie légale. Qui risque de perdre de l'argent ? On voit déjà que les cartel mexicain voient d'un mauvais oeil la légalisation qui se profile en Californie sur le sujet du cannabis. Le cannabis et l'héroïne ont financé la guerre au Liban et en Afghanistan, l'opium la guerre civile en Chine, la cocaïne arme les FARC, qui n'a pas intérêt à ce que le status quo à ce sujet ne soit pas rompu ? Qui préfère faire voter des budgets pour la DEA plutôt que de permettre une production régulée et surveillée de la coca et du chanvre ?
Il ne s'agit pas seulement d'une prise de risque politique au regard des populations traditionnellement et culturellement liées à l'alcool, il s'agit également d'une prise de risque vis à vis d'une manne phénoménale, inépuisable, d'argent dont on ne peut avoir réellement la trace, d'argent et de pouvoir souterrain. Pourtant quand les intérêts sont autre les volontés de fermer les yeux ne se font jamais attendre. En 2004 l'armée américaine a tenté d'interdir la consommation ancestrale du qat en Somalie, pays obéissant à la charia au fait qu'il s'agit d'une drogue, et a froler la guerre totale. Le qat se consomme et s'offre toujours en Somalie de fait comme depuis des centaines d'années. Donc la question reste posée, qui n'a pas réellement intérêt à ce que ça bouge ? pourquoi la France qui consomme plus d'antidépresseur que toute l'Europe et dont la seconde cause de mortalité est le suicide refuse de reconnaitre les vertus thérapeutique du cannabis au sujet du cancer, du glaucome, du sida, de la sclérose, de l'autisme ? Comme l'a fait la Californie ou la Suisse, pourquoi restes on à cette loi totalement dépassé pendant que l'Espagne, la Suisse toujours, l'Italie assouplissent leur juridiction et que le Marinol (médicament à base de cannabis) est vendu au Royaume Uni ? Doit on y voir un lien avec le Maroc dont le même cannabis est le second revenu après le tourisme ? Je ne sais pas, mais une chose est sûr en l'état on va dans le mur, et on y va plus vite qu'on ne le laisse croire.
de toute maniere la legislation n'agit que par sanction/recompense
certes la prohibition a été un echec
mais meme 50 ans apres sa levée l'alcoolisme existe encore
La santé publique est aussi, dans sa forme actuelle un echec que ce soit pour l'alcool, le tabac ou les autre drogues car demande l'abandon d'un plaisir immediat pour un benefice incertain futur
L'éducation nationale : on voit deja les reactions a la lecture de la lettre de Mocquet alors demandez aux profs de la republique de participer a la lutte contre les drogues, ils vous repondront : effectifs, congés et augmentation de salaires.
Non les profs vous dirons que leur programme est déjà surchargé comme leur classe et que les effectifs ne sont pas au rendez-vous. Et puis sur le terme de l'éducation c'est un débat et un travail de fond qu'il faudrait faire. Or l'attitude des pouvoirs publics sur ce sujet est criminogène. On ne peut venter les vertus thérapeuthique du cannabis parce que la loi interdit le prosélytisme, et la facilité de ton invite en même temps à dire que c'est sans conséquence et fun. Une drogue sans conséquence ça n'existe pas. Le cannabis est addictif et je peux en témoigner dans la mesure où je me débat avec ça à titre personnel depuis 4 mois après 30 ans de consommation, et vous voyez il m'est arrivé de craquer une fois. C'est addictif au simple fait que comme toute drogue à l'exception du tabac, c'est bon. Et ça relève d'un malaise, on ne prend pas de drogue parce qu'on se sent bien, heureux, tranquille dans sa vie. Pour les autres drogues c'est la même. Dans les années 90 on chassait le drogué aux alentours des camions qui distribuaient des seringues neuves, en 2009 on se contente de contenir des zones de consommation, en laissant aux travailleurs sociaux le soin de faire le sale boulot. Il n'y a pas de remède de substitution au crack et celui ci se développe du fait qu'il ne coûte rien (entre 30 et 50 euros pour un cailloux). Bref ici la question se résoud par le répressif. Or il faut se retirer de la tête qu'on supprimera l'alcoolisme par exemple, l'alcoolisme n'a de rapport avec l'alcool que dans l'usage, il traduit d'autre problème et supprimer le produit ne résoudra pas ce problème, il le déplacera. Il en est de même avec toute les formes de toxicomanie. Shakespeare disait ce que l'on ne peut éviter il faut l'embrasser, on ne peut éviter le fait que des individus aient envie de se défoncer, on ne peut éviter que des individus soient mal avec eux même ou dans leur vie, il est donc impératif de pouvoir faire avec. Et faire avec ce n'est pas du tout ce qui est en cours.
Que vous le vouliez ou non c'est un fait ! vous pouvez le nier il n'en reste pas moins que c'est un fait !
Chaque peuple, chaque culture possède " sa " drogue de prédilection en France c'est l'alcool (et oui l'alcool est une drogue...que cela plaise ou non à certain) et les antidépresseurs n'en déplaise à ces vielles moralistes qui fréquentent l'église (autre drogue) en critiquant leurs maris alcoolique...
Que l'utilisation des drogues ne soit pas une bonne chose...à chacun d'en juger... combien prennent une bière ou un sky en sortant du boulot ? un petit café avec une clope ? cela vous détend ? c'est un usage de drogue qui est permis dans notre culture.
Sauf que le monde avançant toujours, les cultures se répandent se mélangent et traversent les frontières des états entrainant des changements dans les cultures de base d'un pays. En France, l'alcool, le cannabis sont des drogues répandues et communes à la culture de la jeunesse (et ce depuis 20 ans ce qui n'est plus très jeune) la cocaïne (ex drogue de la haute société) est devenue comme l'héroïne une drogue de la rue (et pas Delarue...oups désolé :)
Par contre dans l'article une chose m'étonne, le lien n'est pas fait lorsque l'on parle des pays producteurs de drogues avec les industriels marchand d'armes ? Auriez vous oublié que l'argent de la drogue est le même argent qui rentre dans la poche des groupes de vente d'arme dans le monde ?
Auriez vous oublié les liens entre nos politiciens et les vendeurs d'armes ? le fils Mitterrand, la "famille Pasqua" ... et 800-900 millions d'euro d'arme au Maroc (notre principal fournisseur de hachich) 86 pays dans le monde achète des armes à la France et combien d'entre eux avec l'argent de la drogue...
mais chut... il ne faut pas le dire...n'est ce pas ?
alors complétez vos articles messieurs les journalistes et faites de vrai enquêtes avec de vrai articles, allez chercher des preuves SVP...
A mince j'oubliai que Mr Attali était une éminence grise de Mr Mitterand et que Falcon et que Mr Pasqua... oups !