Economie

Pourquoi vole-t-on dans les magasins?

Repéré par Vincent Manilève, mis à jour le 26.12.2014 à 17 h 43

Repéré sur Matter

11 adeptes du vol à l’étalage (repentis ou non) expliquent pourquoi ils agissent ainsi et surtout ce qu’ils ressentent.

Exchange on the lookout for shoplifters Photo Flickr CC by Fort George G. Meade Public Affairs Office

Exchange on the lookout for shoplifters Photo Flickr CC by Fort George G. Meade Public Affairs Office

«Tu sais, j’ai déjà volé des trucs dans les magasins.» Cette phrase, vous l'avez sûrement déjà entendue prononcée par un ami. Ou peut-être l’avez-vous déjà avoué à un proche. En effet, le vol à l’étalage est bien plus répandu que l’on croit. Mary Mann, qui a étudié la question et publié le fruit de son travail sur Matter, explique qu’un Américain sur onze vole dans les magasins. Mais rarement des objets de valeurs: «Le fromage est la chose la plus volée au monde», note-t-elle.

Onze personnes ont bien voulu répondre à ses questions, de toutes origines économiques et sociales, notamment sur ce qu’elles ressentent lorsqu’elles sortent du magasin, le fruit du larcin caché dans le sac ou sous le manteau.

«Vous prenez des trucs seulement pour voir si pouvez les prendre. Vous ne pensez pas à leur utilité dans votre vie», confie Elaine, une New-Yorkaise trentenaire, qui avait l’habitude de voler des vêtements et des bijoux pas chers pendant son adolescence.

Marvin, un Britannique de 43 ans, a profité des errances techniques des caisses automatiques dans les supermarchés pour soustraire des produits anecdotiques: de la salade, de la bière… Et dans les deux cas, Elaine et lui avouent avoir apprécié ces choses justement parce qu’ils les avaient volées. Le pire pour Mona, qui était encore au lycée à l’époque où elle s’est fait attraper en flagrant délit pour le vol d’un petit bracelet, n'est pas le délit en soi: c’est d’avoir été privée de bal de fin d’année.

«Pourquoi n’y aurais-je pas droit? [...] Les autres enfants ont plus de jouets que moi», se répétait constamment Julian, lorsqu’il avait une dizaine d’années et qu’il n’hésitait pas non plus à voler en toute impunité ses camarades de jeux.

Paul, 28 ans, a une technique bien particulière: échanger chaque année la paire de chaussures qu'il avait déjà troquée l'année précédente, abusant du «satisfait ou échangé» proposé par la boutique. Ce n’est pas du vol à proprement parler, mais Paul est bien conscient de son abus, expliquant qu’il peut ainsi avoir «la montée d’adrénaline, mais sans prendre de risques».

Car d’où qu’ils viennent, et peu importe leur âge, ces petits voleurs ont tous une chose en commun: un besoin de transgression et d’exaltation dans une vie parfois morose. «Tout ce que j’ai ressenti était de l’adrénaline, explique Ashley, 30 ans, voleuse de magazines érotique dans ses années lycées. J’étais dans l’instant présent, et ce moment-là était exaltant.»

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