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Quand ils ne sont pas en service, les policiers noirs américains ont peur de leurs collègues

Temps de lecture : 2 min

Alors que les tensions raciales entre la police et les noirs grandissent, certains policiers noirs racontent qu’eux aussi sont victimes de profilage racial.

 NYPD cars line up. Photo Wikimedia CC by Joi Ito
NYPD cars line up. Photo Wikimedia CC by Joi Ito

Samedi 20 décembre, un homme noir armé a tué deux policiers new-yorkais dans le quartier de Brooklyn. Il avait clamé un peu plus tôt vouloir venger la mort de deux noirs américains, Michael Brown et Eric Garner. Tués tous les deux ces derniers mois par des policiers dans des circonstances plus que discutables, ils sont devenus les symboles de la tension qui règne entre les noirs américains et la police, sur fond de racisme ambiant.

Et entre les deux camps, les médias oublient souvent la position délicate dans laquelle se retrouvent les policiers noirs.

«Une autre division est apparue, rapporte Reuters, entre les officiers noirs et les officiers blancs.»

L’agence est allée interviewer 25 hommes et femmes noirs, des officiers du New York Police Department (NYPD) encore en service ou à la retraite. Vingt-quatre d’entre eux ont expliqué avoir déjà été victimes de «profilage racial», à savoir l'utilisation leur couleur de peau ou de leur origine comme prétexte pour les suspecter d’un crime. A chaque fois, ils ont été interpellés par des collègues blancs. Et quand ils ont essayé d’alerter leur hiérarchie sur ce genre de comportements, cette dernière a la plupart du temps décidé d’ignorer ces informations.

«J’avais ma carte d’identité sur moi, donc ce n’est pas allé plus loin. […] Mais qu’est-ce qu’il y a de suspect chez un jogger? Ou dans sa tenue de jogging?», se demande Desmond Blaize, un policier qui n’était pas en service lors se son interpellation pendant un jogging.

Bernard Parks, retraité noir et ancien chef de la police de Los Angeles, explique qu’il faut regarder les statistiques: 73% des coups de feu tirés à New York en 2011 l’ont été par des hommes noirs. Mais d’autres membres de la police soulignent que 90% des noirs arrêtés par la police de New York ne sont pas poursuivis pour crime par la suite.

«Ça aurait pu être n’importe lequel d’entre nous», explique à l’agence un officier noir du Queens en évoquant la mort d’Eric Garner, étouffé lors d’une interpellation en juillet 2014.

En 2005, une autre histoire avait déjà beaucoup fait parler d’elle, rappelée en 2012 le Huffington Post. Celle d’un officier noir de Chicago, Howard Morgan, alors en civil, qui s’est fait tirer dessus 28 fois par quatre officiers blancs. Il a miraculeusement survécu. Mais, s’il reconnaît qu’il roulait bien en sens interdit, il a dû faire face à un procès pour «tentative de meurtre» sur ses collègues. Malgré un manque de preuve flagrant, il a été condamné en 2012 à quarante ans de prison.

Slate.fr

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