Tech & internet

A quoi ressemble l'Internet en Corée du Nord?

Repéré par Grégor Brandy, mis à jour le 24.12.2014 à 1 h 14

Repéré sur Vox

Kim Jong-Un devant un écran d'ordinateur, le 5 mai 2012. REUTERS/KCNA

Kim Jong-Un devant un écran d'ordinateur, le 5 mai 2012. REUTERS/KCNA

Il n'y avait plus d'Internet, le 22 décembre en Corée du Nord. Comme le détaille Pixels sur Le Monde, «plusieurs analystes rapportent, lundi 22 décembre, que les connexions Internet en Corée du Nord sont très mal en point, le résultat d'une possible cyberattaque». L'accès était rétabli ce mardi après neuf heures de coupure.

Impossible de savoir si ce sont bel et bien les Etats-Unis qui sont derrière cette attaque. Mais, ceci semble être le dernier rebondissement dans l'affaire des Sony hacks.

Vendredi 19 décembre, Barack Obama avait accusé la Corée du Nord d'être derrière le piratage, le qualifiant de «cybervandalisme», et non «d'acte de guerre». Il avait cependant indiqué que les Etats-Unis allaient «répondre de façon proportionnelle».

Pour rappel, si vous avez vécu loin de tout média ce dernier mois, un groupe qui se fait appeler les Gardiens de la paix a piraté le studio américain Sony Pictures, récupéré des milliers de documents et fait pression (notamment via des menaces d'attentats) pour qu'il annule la sortie en salles du film de Seth Rogen et Evan Goldberg L'interview qui tue. Dans ce film potache, deux hommes (Seth Rogen et James Franco) sont envoyés en Corée du Nord pour tuer le leader du pays, Kim Jong-un. Sony a finalement décidé de ne pas diffuser le film en salles, mais chercherait un moyen de le distribuer autrement.

Revenons-en donc à cette coupure Internet en Corée du Nord. Comme l'indique Lily Hay Newman sur Slate, il est probable que la majorité de la population n'ait même pas remarqué cette coupure, «puisqu'ils n'y ont pas accès». Mais à quoi ont accès les quelques Nord-Coréens autorisés à se connecter au réseau?

Vox s'est posé la question et détaille que la plupart des rares qui peuvent se connecter ont le droit d'aller sur Kwangmyong, une sorte d'intranet, qui ressemble au vrai Internet, mais qui ne l'est pas vraiment. En fait, il est composé d'une messagerie électronique rudimentaire et de navigateurs web qui permettent d'avoir quelques sites copiés et censurés sur le vrai internet, raconte Max Fisher.

Mais quelques personnes ont le droit de voir le vrai Internet, celui que nous utilisons vous et moi (enfin presque). The Atlantic estimait en 2011 que seuls quelques milliers de personnes pouvaient y avoir accès. Vox rappelle ainsi que le pays ne compte que 1.024 adresses IP, alors que les Etats-Unis en ont plusieurs milliards. «Et même s'il est impossible de connaître le nombre d'appareils connectés à partir de chaque adresse IP, on peut estimer, que ce nombre est très, très faible.» Et ces personnes, détaille l'article de Max Fisher, doivent se connecter via la Chine, et donc derrière le Grand firewall de Chine, qui filtre une bonne partie de notre Internet.

Et si la Corée du Nord continue à autoriser Internet dans le pays, poursuit Vox, c'est principalement à des fins de propagande, de piratage, mais aussi parce que l'élite qui y a accès vit dans un confort auquel n'a pas accès le reste de la population.

C'est ce qui fait dire au magazine en ligne que la coupure ne punit pas un pays entier.

«Internet, en Corée du Nord, n'est pas un bien public ou même un bien donc le public est au courant. [...] Ce qui ne veut pas dire qu'il faut considérer une coupure d'Internet comme une bonne chose, mais se souvenir que, comme beaucoup de choses en Corée du Nord, le régime de Kim Jong-un l'a déformé pour en faire quelque chose qui permet uniquement de consolider son emprise et se faire plaisir.»

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