Culture

«Hello Ladies-The Movie»: la comédie romantique de Noël par HBO

Alexandre Hervaud, mis à jour le 22.12.2014 à 16 h 00

Bonne nouvelle: la drôle et touchante série HBO de Stephen Merchant s'achève avec un long-métrage spécial, diffusé cette semaine en France sur OCS City. Autre bonne nouvelle: pas besoin d'avoir vu la série pour se régaler avec le film.

Hello Ladies - DR HBO

Hello Ladies - DR HBO

On a depuis longtemps appris à ne pas (trop) se froisser lorsqu'une bonne série ne dépasse pas le stade de la première saison, coupée dans son élan par un diffuseur après sa fournée initiales d'épisodes –et ainsi pas assez reconnue pour être sauvée du purgatoire par Netflix. Malgré la frustration occasionnée, cette configuration peut parfois réjouir, tant elle «protège» la série d'une évolution hasardeuse, d'une baisse qualitative souvent irrémédiable: certains concepts n'ont pas vraiment vocation à s'étendre sur de nombreuses saisons.

Hello Ladies, série de et avec Stephen Merchant (comparse de Ricky Gervais dans The Office, Extras et Life's Too Short entre autres) fait clairement partie de ces perles furtives: huit épisodes diffusés sur HBO entre septembre et novembre 2013 et puis s'en va. Ou presque. La chaîne a en effet permis à Merchant de conclure la série avec un long-métrage, logiquement titré Hello Ladies-The Movie.

Diffusé le 22 novembre outre-Atlantique, il débarque ce lundi 22 décembre en France sur la chaîne OCS City –un décalage d'un mois qui sied finalement à l'œuvre, vraiment l'une des meilleures comédies romantiques vue cette année, idéale pour la période des fêtes.

Rappelons le pitch de la série, adapté du stand-up éponyme de Merchant: Stuart, un célibataire britannique, a traversé l'Atlantique pour trouver l'amour. Installé à Los Angeles où il travaille comme informaticien, Stuart enchaîne immanquablement les râteaux –cf le beau générique de la série, sur fond du Alone too long de Hall & Oates– malgré les conseils de sa voisine, une actrice ratée.

La bande-annonce du film, visible ci-dessous, permet d'apercevoir la galerie de seconds rôles masculins amis du héros (un obsédé sexuel handicapé, un timide rondouillard, un geek puceau) semblant tout droit sortis d'un film des frères Farrely:

 

Même s'il serait un peu sot de se priver de la découverte des huit épisodes de la série, Hello Ladies-The Movie a l'avantage d'être totalement accessible aux néophytes: via sa scène d'introduction, brillant plan séquence de trois minutes tourné dans un night-club, Merchant présente tous les personnages du show, résumant parfaitement au passage leurs enjeux.

Parmi les nouveautés de ce dernier tour de piste, signalons la présence de l'actrice Allison Tolman, qu'on qualifiera sans peine de révélation télévisuelle de 2014 après son rôle remarquée dans l'excellente Fargo aux côtés de Billy Bob Thornton et Martin Freeman, sans parler de ses apparitions très drôles dans The Mindy Project.

On s'abstiendra en revanche de spoiler l'apparition d'une star hollywoodienne dans son propre rôle, dans un grand moment de malaise qui rappellera à beaucoup Extras, l'hilarante série créée par Merchant et Ricky Gervais (allez, pour la peine, un petit lien vers l'apparition de David Bowie dans Extras).

Impossible à ce propos de résister au jeu de la comparaison entre les deux créations télévisuelles faites récemment «en solo» par Merchant et Gervais. Du côté de la grande asperge binoclarde, Hello Ladies reste, malgré sa brièveté, une réussite dans le genre «histoire d'un poisson hors de l'eau» teintée d'humour burlesque, de romantisme et d'émotion.

Côté Gervais, pourtant habitué à traîner à Hollywood, c'est en Grande-Bretagne qu'il a concocté sa série Derek.

Dans le rôle titre d'un employé de maison de retraite touchant et simplet, Gervais n'hésite pas, comme son comparse Merchant, à mettre en sourdine la comédie au profit du drame. Quitte à le faire avec une subtilité pachydermique, façon tire-larmes sur fond de Coldplay, comme lors du final de la première saison.

On pourra également reprocher à Gervais de ne pas s'être risqué, contrairement à Merchant, à sortir du format «faux documentaire» qu'il a contribué à populariser avec The Office. Le gimmick des «intermèdes-interviews», visible dans la bande-annonce de Derek ci-dessous, apparaît de plus en plus comme une sacrée facilité en matière d'écriture de personnages:

 

Hasard du calendrier: si Derek a vécu une saison de plus que Hello Ladies –tous les épisodes sont visibles sur Netflix en France– c'est également via un épisode spécial Noël que la série va tirer sa révérence. Et c'est ce même lundi 22 décembre que ledit épisode sera diffusé outre-Manche sur Channel 4, pendant qu'OCS City proposera Hello Ladies-The Movie.

Devant une telle synchronisation de ces conclusions, on aurait pu souhaiter une reformation du duo, que l'on sait capable du meilleur ensemble, mais non: les qualités –et les différences– de leurs propositions personnelles donnent au contraire envie de les maintenir séparés encore quelques temps.

Alexandre Hervaud
Alexandre Hervaud (231 articles)
Journaliste
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