Culture

L'homme qui a rendu la photographie de célébrités cool

Temps de lecture : 2 min

Leif Garrett des Runaway poursuivi par des fans japonais en taxis. Brad Elterman
Leif Garrett des Runaway poursuivi par des fans japonais en taxis. Brad Elterman

Le père de Brad Elterman voulait que son fils suive ses pas et devienne un dentiste. Mais, comme beaucoup d'enfants qui grandissaient à Los Angeles à la fin des années 1960 et dans les années 1970, Elterman était bien plus intéressé par l'industrie de la musique, alors en plein essor. A l'époque, il n'y avait pas autant d'agents ou d'attachés presse autour des rock stars et Elterman -qui était plutôt précoce– réussissait à localiser et rencontre certaines des personnes qu'il admirait.

Il n'avait pas non plus peur de prendre leur photo. Elterman en vendait ensuite quelques unes à des magazines de musique américains comme Cream ou Rock Scene, mais ne gagnait qu'entre 5 et 20 dollars (entre 4 et 16 euros) par cliché. Pas mal pour un ado, mais pas vraiment le salaire d'un dentiste. Il a alors entendu une rumeur qui indiquait que beaucoup de magazines européens et japonais étaient prêts à donner beaucoup plus d'argents pour les photos. Et donc, quand il a eu 19 ans, il est monté dans un avion, direction l'Europe.

«Je me suis arrêté à Londres. Je venais de photographier David Essex et les Bay City Rollers et j'ai dit au premier rédacteur en chef à qui j'ai parlé au téléphone depuis ma chambre d'hôtel merdique que j'avais des photos de Kiss et Queen et il m'a dit de venir tout de suite. J'avais un énorme sac de photos avec moi et il m'a dit qu'elles étaient très bien, qu'ils allaient prendre celle-là, et celle-là, et ils ont payé mon billet d'avion.»

Elterman a ensuite voyagé aux Pays-Bas, en Allemagne et en Suisse, discutant avec les rédacteurs en chef de plusieurs magazines et vendant encore plus de clichés.

«Ils n'étaient jamais allés à Hollywood et voulaient savoir comment c'était. Je ne comprenais pas ce qu'ils disaient et ils fumaient des cigarettes et parlaient hollandais et m'ont ensuite dit qu'ils voulaient ces photos et qu'ils pairaient 3000 dollars (2400 euros) en liquide. J'en suis presque tombé de ma chaise et j'ai dit,"Ouais, je pense qu'on peut s'arranger."Quand j'ai appelé mon père, il m'a dit ok, il y a peut-être quelque chose à faire.»

En réponse à cette faim d'images de célébrités, Elterman a fondé deux agences de photo. En 1980, il a ouvert California Features Agency, la première agence de photo de célébrités, et en 1992, il a ouvert Online, USA, Inc., l'un des premières agences numériques, qu'il a fini par vendre à Getty Images en 2000.

Même s'il a travaillé avec d'autres photographes, les gens voulaient les photos d'Elterman. Sa bibliothèque d'images candides de célébrités est souvent conidérée comme la parangon du cool. Pas seulement pour les personnes figurant sur les clichés, mais également pour l'esthétique du photographe.

«Si c'est tellement cool, c'est en partie parce qu'il n'y avait pas une énorme prolifération d'images, à l'époque, explique Elterman. C'était rare d'avoir un appareil photo. Quand je trainais avec les Ramones, ils disaient "Cool, Brad a un appareil." Aujourd'hui, tout le monde fait attention. Les photos que je prenais et que j'aimais prendre sont un peu un concept cool de vie qui imite l'art, le genre de truc que les gens normaux font.»

Newsletters

Savez-vous qui se cache derrière les vannes de vos émissions de télé?

Savez-vous qui se cache derrière les vannes de vos émissions de télé?

On les connaît peu, leur nom est rarement crédité au générique, et pourtant une multitude de personnes travaillent dans l'ombre de la plupart des émissions de télévision.

États-Unis: le futur des films étrangers passera-t-il par le doublage ou les sous-titres?

États-Unis: le futur des films étrangers passera-t-il par le doublage ou les sous-titres?

Les nord-américains sont allergiques aux longs-métrages en langue étrangère. Le triomphe de «Parasite» peut-il faire évoluer les mentalités?

«Le Cas Richard Jewell» de Clint Eastwood, exercice de démagogie calibrée

«Le Cas Richard Jewell» de Clint Eastwood, exercice de démagogie calibrée

Le réalisateur s'inspire d'un événement advenu il y a près de vingt-cinq ans pour fabriquer une mécanique dramatique en mineur, au message politique lui aussi très actuel.

Newsletters