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Internet pourrait changer en profondeur à Cuba

Temps de lecture : 2 min

Avec l’annonce de la normalisation des relations entre les Etats-Unis et Cuba, de nombreuses entreprises américaines pourraient se bousculer pour y développer un marché encore balbutiant: Internet.

Un internaute dans un cybercafé en juin 2013 à La Havane. Stringer/REUTERS
Un internaute dans un cybercafé en juin 2013 à La Havane. Stringer/REUTERS

Yoani Sánchez est une véritable idole pour beaucoup de Cubains. Cette philologue incarne une des figures principales de la contestation au régime castriste, et ce pour une raison simple: elle s’exprime librement sur un Internet sous contrôle à Cuba. Lorsque cette blogueuse lance son site d’information dans le pays en mai 2014, l’URL redirige vite les internautes vers une autre page censée la décrédibiliser, expliquait Courrier International.

Cette femme incarne l’un des domaines dans lesquels son pays est le plus en retard: Internet. L'ONG américaine Freedom House, qui a récemment publié un rapport sur le sujet, indique que seuls 26% des Cubains sont aujourd'hui connectés. Les Cubains n’ont pu accéder à Internet qu’à partir de juin 2013, et comme le racontait l’AFP, «plus de 100.000 Cubains ont souscrit un abonnement à Internet» en deux mois. Nous vous expliquions en 2011 comment la clef USB était le meilleur ami de l'internaute cubain, tant le réseau est sous-développé et les échanges de fichiers par Internet limités. Les câbles sous-marins, qui permettent l’accès au réseau Internet, sont très rares sur l’île. Pour tout dire, il n’y en a qu’un, Alba-1, qui relie Cuba à la Jamaïque et au Venezuela. Les autres câbles dans la région, pourtant très nombreux, contournent soigneusement l'île.

Mais avec les accords à venir avec les Etats-Unis, les Cubains peuvent espérer des avancées dans ce domaine. Un représentant de la société Dyn, qui développe des infrastructures de réseaux, a écrit pour le site Quartz et cite l’exemple de la Birmanie, privée pendant longtemps d’infrastructures. Une douzaine d’opérateurs se sont battus l'année dernière pour ce marché, et ce malgré le fait que c'est un des pays les plus pauvres d’Asie. Le schéma pourrait se reproduire à Cuba pour une raison simple: «Les compagnies étrangères ont pensé qu’elles pouvaient venir et opérer sans avoir à faire face à des régulations et exigences qui pourraient baisser leurs profits», explique Dyn.

Pour l’instant à Cuba, rien n’est fait. La censure demeure forte et les prix pratiqués sont exorbitants: 1,5 dollar par e-mail, 0,60 dollar pour utiliser l’intranet cubain, et 4,5 dollars pour naviguer sur des sites internationaux pendant une heure. Hors de prix quand on sait que le salaire moyen sur l’île est de 19 dollars par mois. «Seuls 3% à 10% des habitants auraient librement accès à l'ensemble du réseau», ajoutent Les Décodeurs du Monde, par exemple «en achetant au marché noir des cartes le permettant». Selon le site, il faudrait «vingt mois de travail à un Cubain moyen pour s'offrir un ordinateur».

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