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L'histoire de la libération manquée de l'otage américain Peter Kassig

Temps de lecture : 2 min

Des collègues de Peter Kassig le soutiennent, dans une conférence donnée le 8 novembre dernier au Liban. | REUTERS/Omar Ibrahim
Des collègues de Peter Kassig le soutiennent, dans une conférence donnée le 8 novembre dernier au Liban. | REUTERS/Omar Ibrahim

Le 16 novembre 2014, l'organisation Etat islamique a revendiqué l'assassinat par décapitation de l'otage américain Peter Kassig.

Les Etats-Unis avaient pourtant lancé une opération de sauvetage près d'un mois plus tôt, selon un long et passionant article du Guardian. Shiv Malik, Ali Younes, Spencer Ackerman et Mustafa Khalili reviennent sur un mois de négociations menées par Stanley Cohen, un avocat américain qui a défendu un gendre d'Oussama ben Laden, des agents du Hamas, des anarchistes du Black Bloc et des membres du collectif Weather Underground.

Tout commence dans les jours qui suivent le meurtre d'Alan Henning, un otage britannique lui aussi décapité par l'Etat islamique. Stanley Cohen reçoit deux demandes consécutives et commence à travailler sur le dossier. Avec l'aide d'un procureur, il entre en contact avec le FBI, qui le soutient dans ses négociations. Il active ses différents réseaux, part au Koweït, puis en Jordanie et entre en contact avec Abou Mohammed al-Maqdissi, un ancien mentor d'Abou Moussab al-Zarqaoui, «dont les fatwas ont influencé une génération de djihadistes à travers le monde».

La libération de Peter Kassig entre dans un plan beaucoup plus grand. Celui d'un rapprochement entre al-Maqdissi et son ancien disciple, Turki al-Binali passé dans le camp de l'organisation Etat islamique. L'EI doit ensuite promettre d'arrêter de prendre des otages, les chefs religieux arrêteraient alors de critiquer l'EI (un enjeu très important pour la crédibilité de l'organisation), ce qui ouvrirait un chemin vers la réconciliation entre al-Qaida et l'EI. En vu de ces accords, al-Maqdissi insisterait pour la libération de Peter Kassig, en tant que geste de bonne volonté de la part de l'EI.

Mais, finalement le rapprochement n'aura pas lieu. Al-Maqdissi est arrêté par les autorités jordaniennes pour avoir contacté un membre de l'organisation Etat islamique, alors que Stanley Cohen pensait avoir l'assurance que cela ne se produirait pas.

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Stanley Cohen perd en crédibilité auprès de ses interlocuteurs, le FBI essaie de reprendre la main, mais a perdu de son influence dans la région. Un peu moins de trois semaines plus tard, ils apprennent que Peter Kassig a été exécuté. «Vous avez mis trop longtemps», expliquera alors un des contacts de l'avocat.

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