Monde

Le jour où JFK a essayé de normaliser ses relations avec Castro

Repéré par Vincent Manilève, mis à jour le 18.12.2014 à 12 h 13

Repéré sur The New York Times, Le Point, L'Express

En 1963, le président américain avait demandé à un de ses ambassadeurs de mettre en place un dialogue avec Cuba, quatre jours à peine avant sa mort.

JFK en visite à la Rice University, 12 septembre 1962. Photo Wikimedia CC by Robert Knudsen

JFK en visite à la Rice University, 12 septembre 1962. Photo Wikimedia CC by Robert Knudsen

Barack Obama et Raul Castro l’ont annoncé en même temps: après plus de 50 ans de tensions, parfois extrêmes, les Etats-Unis et Cuba sont en bonne voie pour «normaliser» leurs relations. Il aura fallu un demi-siècle et frôler une guerre nucléaire pour en arriver là.

Mais comme le rapporte le New York Times, tout aurait pu finir à la fin de l’année 1963, quand le président américain John Fitzgerald Kennedy tente d’établir une communication avec Fidel Castro.

Le lundi 18 novembre 1963, JFK tient une conférence de presse dans un hôtel de Miami. Il évoque alors la seule chose qui sépare son pays de celui de Castro: les «conspirateurs» qui utilisent Cuba pour «subvertir les autres républiques américaines». A savoir l’URSS et son dirigeant Nikita Khrouchtchev.

Le même jour, l’ambassadeur américain auprès de l’ONU William Attwood rentre secrètement en contact avec le médecin de Castro, Rene Vallejo. «Ils discutent d’un possible rendez-vous secret entre Attwood et Castro qui pourrait améliorer la relation américano-cubaine, qui a été rompue quand le président Eisenhower a stoppé les relations diplomatiques en 1961», raconte le New York Times.

Une démarche d’autant plus intéressante que l’ambassadeur de Castro à l’ONU, Carlos Lechuga, a fait savoir à son homologue américain que Fidel Castro était favorable à la création d’une ligne de communication avec la Maison Blanche. Le journal rapporte que JFK voulait savoir, avant de mettre en place un agenda de négociations, «ce que Castro avait en tête».

Ce réchauffement entre les deux pays n’est pas allé plus loin: JFK se rendait quelques jours après à Dallas, où il sera assassiné.

Ce qu’il est intéressant de noter, c’est que plusieurs théoriciens complotistes relient Fidel Castro à l’assassinat du président américain. Edward Jay Epstein, journaliste américain au cœur de plusieurs polémiques, affirmait l’année dernière au Point que «Fidel Castro a commandité l’assassinat de Kennedy». «Il avait un motif, raconte-t-il: Kennedy essayait de le faire assassiner. Castro a même menacé Kennedy de représailles 90 jours avant sa mort.»

Le journaliste français Jean Daniel était aux côtés du dirigeant cubain lorsque ce dernier apprît la nouvelle. Il décrivait en 1963 dans L’Express un dirigeant à l’air grave, presque surpris par ce qu’il apprend. Après quelques phrases sur les conséquences mondiales de la disparition de JFK, un «ennemi auquel on s’est habitué», il lance une phrase qui fait encore parler:

«Maintenant, il faut vite, très vite, qu'ils retrouvent l'assassin, sinon, vous allez voir, je les connais, ils vont essayer de nous mettre ça sur le dos.»

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