Hyperfinance, s'attaquer aux racines pas aux symboles par Eric Le Boucher
Les débats français ont ceci d'énervant qu'ils sont d'autant plus bruyants qu'ils sont vains.
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Le pouvoir s'agite beaucoup pour la galerie parce qu'il sait, depuis le départ, qu'il ne peut rien faire en ces matières sans s'inscrire dans le cadre international sinon pénaliser «la place de Paris». Nicolas Sarkozy a reçu les dirigeants des grandes banques pour la septième fois en moins d'un an, toujours pour les menacer et les tancer, mais sans jamais les sanctionner. Devant l'opinion qui aimerait voir couler des coupables le sang promis, le jeu de la désillusion va finir par être dangereux.
Pourquoi s'en prendre aux traders? Parce que BNP Paribas a mis de côté un milliard d'euros pour leurs bonus 2009 et qu'est passée dans l'opinion l'idée (fausse) que l'aide de l'Etat va passer directement dans l'achat des Ferrari des jeunes gens des salles de marché. L'opinion «ne comprend pas» et développe «un sentiment très fort d'injustice», a expliqué Eric Woerth, ministre du budget. Le peuple veut des têtes, on lui en montre mais sans lui donner. Nicolas Sarkozy s'en sort par une nouvelle promesse de «sanctionner les comportements irresponsables», sans précision.
Depuis le début de la crise, le rapport opinion-pouvoir-banques est délicat partout. Les banques sont responsables de la crise, les gouvernements devraient les punir. Mais comme l'économie a besoin d'elles, tout est fait pour ne pas les mettre à mal. En France, en sus, le débat est paradoxal et vicié. Le faux-semblant commence avec ces fameuses aides de 5 milliards versées aux banques françaises. La déconfiture de Lehman Brothers a mis toutes les banques sur le flanc mais «la place de Paris» explique que, prudente, elle ne s'est pas chargée de produits toxiques, bref qu'elle va bien. Beaucoup en doutent mais Bercy confirme: Dexia et Natixis sont des exceptions.
Commence le chapitre 2. Car les autres gouvernements (les Américains mais surtout les Britanniques) aident leurs banques sans compter jusqu'à les remettre très à flot, avec des meilleurs fonds propres (ratio de capital). Du coup, les investisseurs préfèrent les grosses anglaises et les actions des banques françaises s'écroulent. Penaudes, BNP Paribas et ses consœurs reviennent vers l'Etat pour dire: on va bien mais aidez nous quand même (à redresser notre ratio de capital). Message compliqué à «vendre» à l'opinion. De surcroit, le gouvernement dit OK mais exige en échange que les banques ne ralentissent pas leurs crédits, les augmentent même de 4%.
Voilà comment la «place» française s'est mise dans l'impasse. Pour l'opinion :1) les banques ont reçu de l'argent «pour les sauver», c'est faux ; 2) elles ne remplissent pas leurs obligations de 4% de crédits supplémentaires, mais c'est parce qu'il y a moins de demande (immobilier ou investissement) avec la crise.
Chapitre 3: la reprise pointe son nez, dès le printemps. Les banques respirent puis, se remettent à faire de bonnes affaires. De très bonnes. Comment? Parce que les banques centrales leur accordent de l'argent à taux zéro et qu'elles reprêtent beaucoup plus cher. Parce qu'elles se font rémunérer par d'énormes commissions les montages de levée de capitaux pour leurs clientes entreprises. Parce que les marchés financiers repartent comme en 14. Bref, les profits sont de retour, les banques américaines et britanniques remboursent leurs Etats pour se libérer des contraintes, les Françaises restent, elles, collées avec leurs aides publiques. Mais toutes versent des bonus royaux, conformément aux contrats passés, à leurs salariés traders. Les opinions ne voient qu'une chose: les banques coupables de la crise financière se tirent d'affaire et leurs traders s'offrent de nouvelles Ferrari.
Personnellement je suis content qu'il y ait des jeunes gens riches qui puissent s'acheter des Ferrari, de beaux appartements et tout ce qui va avec. Ca fait marcher le commerce du luxe, un secteur où l'Europe et la France se sont spécialisées. Les bonus font des emplois. En outre, aggravant mon cas, je ne trouve pas que leurs millions soient si injustifiés. Sur les marchés financiers, les traders font gagner des milliards à leur banque, il est normal que, salariés, ils en touchent une fraction en retour. Faudrait-il que tout aille aux dirigeants et à l'actionnaire? Non, le métier de trader est soumis à très forte concurrence, la sélection y est sanglante, les employeurs offrent des ponts d'or aux meilleurs pour les attirer et les retenir. Tant mieux pour eux.
Encore faudrait-il qu'entre le trader et le contribuable, ce ne soit pas le jeu «pile je gagne, face tu perds». En cas de risque excessif et de pertes, il est juste que la banque soit pénalisée, son actionnaire en premier mais aussi ses traders. Nicolas Sarkozy a raison: on doit discuter de la forme des rémunérations. Il est anormal que les bonus soient «garantis», il ne s'agit alors pas d'une forme «variable» du salaire, celle que l'on veut promouvoir pour «motiver les troupes». Les bonus poussent à prendre des risques excessifs? Il faut les indexer sur les résultats des banques sur trois ans. On doit aussi exiger plus de transparence. Mais faut-il aller plus loin et limiter ces bonus «honteux» (Barack Obama) ?
Il faut revenir au cœur du «scandale»: les milliards de profits réalisés par les banques. Le royaume de l'hyper-finance, dont nous ne sortons visiblement pas, est caractérisé par des ROE (Return on Equity) de 15-20% dans les firmes industrielles mais de 25-30% dans les banques et de 40% voire plus dans leurs activités de marché (André Orléan, De l'euphorie à la panique penser la crise financière). Pourquoi de telles sur-rentabilités? Voilà la bonne question. Les profits des établissements financiers représentaient 10% du total des profits des entreprises française en 1980, cette part est passée à 41% en 2007 alors que le secteur financier ne représente que 5% de l'emploi salarié et 16% de la valeur ajoutée. Pourquoi cette hyper-trophie? Voilà la bonne question.
Hier, cette bulle financière était vue comme positive: la banque liquéfie l'économie mondiale, elle ne nuit pas au contraire, elle est à l'origine de la croissance forte. Aujourd'hui, le regard s'est inversé. Les banques sont qualifiées de «dangers publics» par Felix Rohathyn (ex-Lazard) parce qu'elles prennent des risques insensés, mettent la planète dans le mur et que les conséquences sont toujours payées par le contribuable.
A peine la reprise amorcée, les banques en reviennent par nature à leurs pratiques d'avant-crise dont les bonus ne sont que la partie émergée de l'iceberg. Peut-on l'éviter? Comment l'éviter?
L'hypercapitalisme a une pointe avancée: l'hyperfinance. L'hyperfinance a elle-même une pointe avancée: les rémunérations des dirigeants et des traders. S'attaquer à la pointe de la pointe pourrait suffire à émousser tout le reste. Stratégie cynique: empêcher les banques de s'offrir les meilleures intelligences disponibles, les priver de mathématiciens innovateurs de subprimes, va finir par les ramener à «la banque de pap». Au passage, les ingénieurs retourneront utilement dans l'industrie. C'est la sortie de l'hyperfinance par le sabotage. Mais qui en veut? Cette stratégie se heurte concrètement à la question de la compétition internationale: sans coopération, personne n'ira dans cette direction. La concurrence «entre places» fait que chaque pays minore les exigences qu'il impose à son système financier. «Tirez les premiers Messieurs les Français !», nous Britanniques récolteront les meilleurs.
Les bonus sont donc plutôt une arme symbolique qu'on brandit devant les opinions qu'une pièce stratégique qu'on utilise vraiment. Mais que faire d'autre? Borner les risques: tel est l'objectif des discussions en cours dans le cadre du G20. Tout un arsenal est prévu: exigence de fonds propres, macro-surveillance, agences de notation, règles comptables...
Mais l'état du dossier est décevant car le débat n'est pas tranché au fond sur l'utilité de l'hyperfinance. La reprise donne du poids à ceux qui veulent revenir comme avant, très majoritaires dans le monde anglo-saxon. L'idéal, chacun en convient, serait de faire le tri des innovations, de ne garder que celles qui sont utiles à l'économie et taxer ou interdire celles qui ne servent qu'à hypertrophier le système bancaire. Mais qui est capable de mettre en place ce micro-management de l'innovation? D'où le sentiment qu'en dehors des belles déclarations et des convocations des banquiers dans les palais politiques, le monde de la banque ne changera que marginalement.
Eric Le Boucher
Image de Une: Nicolas Sarkozy Philippe Wojazer / Reuters
A lire également: Banques: natinoalisez les toutes! par Eric Le Boucher, Les banquiers n'ont peur ni de l'opinion, ni des politiques, Banques: le triomphe des coupables par Jacques Attali et La banque gagne toujours par Eric Le Boucher.
Mis à jour le 26/08/2009 à 7h00











![[Le 20'12 #7] Dominique de Villepin: «Il faut une politique d'union nationale, sinon nous sommes perdus» [Le 20'12 #7] Dominique de Villepin: «Il faut une politique d'union nationale, sinon nous sommes perdus»](http://www.slate.fr/sites/default/files/imagecache/bloc-alaune/villepin_4_0.jpg)






























"Les débats français ont ceci d'énervant qu'ils sont d'autant plus bruyants qu'ils sont vains", bravo pour cette phrase symbolisant tout l'immobilisme à la gauloise! En 2009 on est toujours dans le monde d'Astérix.
Concernant l'hyperfinance, si l'on laisse le temps à ses dirigeants d'étayer leur thèse argumentée pour défendre leurs hyperbonus, il est certain qu'on ne risque pas de les voir disparaître et que les différentes "taxes d'écriture" et de nettoyage des marbres que l'on fait avaler au bon peuple, bien obligé de posséder un compte bancaire s'il veut percevoir son salaire (sans RIB, en France, on n'a pas le droit d'exister), continueront à les alimenter grassement. Par contre, si on demande à un banquier de se justifier sur les hyperbonus sans lui laisser le temps de réfléchir par avocats interposés, il sera bien en peine de se justifier face à un ouvrier. La lecture de l'article "La banque gagne toujours" par le même Eric Le Boucher donne des pistes pour aider à comprendre qu'il n'y aura jamais aucune bonne volonté venue des banques de ce côté-ci de l'hypercapitalisme, ni aucune bonne volonté de la part des gouvernements qui en ont fait un des rouages du système. Je l'ai déjà dit ici en commentaire, mais le film documentaire Zeitgeist fournit les éléments nécessaires pour aider à comprendre la collusion entre banques et gouvernements depuis que les Rotschild, JP Morgan, Rockefeler et autres ont inventé la recette de l'hypercapitalisme... Merci de ne pas me traiter de gauchiste anarchiste pour aimer citer cette référence qui est tout simplement pleine de bon sens. Et merci à Eric Le Boucher de régulièrement poser les bonnes questions dans Slate.
Oui, mais je reste sur ma faim. C'est un peu trop facile de dire que si les traders sont bons ils méritent le pactole sans regarder ce qu'ils vendent. Peut être faut il remonter la chaine et s'intéresser aux développeurs de produits complexes et exotiques et aux titrisations de tout poil. On sait quand même que ces produits et l'incapacité des banques à maîtriser le risque qu'ils représentent nous ont mené assez loin dans le mur. Donc acclamer le fait qu'on fasse un pont d'or à un trader qui fait gagner de l'argent à sa banque, n'est ce pas comme se réjouir de voir passer un trafiquant d'héroine au volant d'une porsche?
L'argent est ici, bien évidemment, au coeur du problème ! Si les financiers jouent avec autant d'argent, c'est bien que cet argent vient de quelquepart ... il vient de nos sociétés et entreprises qui sont littéralement canibalisées par le monde de la finance.
Et tout cela se fait d'une manière très simple : le conseil d'administration, représentant les actionnaires majoritaires (souvent des groupes financiers) nome à la tête des entreprises des patrons conscillients à placer la quasi totalité des profits dans la rémunération des actionnaires et différents financiers, au détriment d'une saine gestion perenne et équilibrée de l'entreprises (qui integrerait : salaires, investissements, sécurité et maintenance des sites de production) ... et en lui versant un salaire exorbitant, ce dirigeant reste un pion très maléable.
Résultat, l'entreprise au fil du temps s'apauvrit ... car une dime démesurée est prelevée avant tout le reste !
Alors, pourquoi ne pas appliquer une mesure très simple : que les conseils d'administration deviennent paritaires ! Qu'ils soient composés à moitié des actionnaires qui défendent leurs droits pour le risque qu'ils ont pris en injectant leurs capitaux, et pour moitié des representants des salarités, qui, entant que contre pouvoirs, assurent la pérénité des emplois, de l'investissement et de la maintenance des usines.
Bien sûr, les bénéfices des actionnaires seraient un peu diminués, mais les entreprises auraient une gestion bien plus équilibrée entre la rémunération du capital et la rémunération du travail, ces deux entitées devant trouver les justes compromis pour que l'un et l'autres soient gagnants. Ce serait le retour à un deal "win-win", à un peu de démocratie dans notre économie !
Ludovic.
C'est quoi cette mode de l'hyper truc ? Maintenant, pour faire tendance, pour tenter de marquer les esprits, pour dramatiser ou diaboliser, il suffit de rajouter le préfixe Hyper, et roule ma poule, on a sorti le grand gros mot...
Hyperprésident, hypertrophié, hypercapitalisme(?), hyperfinance(???), hyperparlement, hypermarché... Les bonus, ça doit pas être si grave que cela puisqu'on dit super-bonus et pas hyper-bonus. Parlera-t-on de super ou d'hyper-malus ? De même pour les profits, super-profits, oui, hyper-profits, pas encore lu !
A force de tout vouloir "hyperiser", on ne s'y retrouve plus à moins d'utiliser ce préfixe à des fins polémistes...
Avant de mon post ci-dessus, on aurait dit qu'il etait super, moi je vous dis qu'aujourd'hui mon commentaire il est hyper ! na !
Cordialement,
Comment être crédible quand on écrit que " Personnellement je suis content qu'il y ait des jeunes gens riches qui puissent s'acheter des Ferrari, de beaux appartements et tout ce qui va avec. Ca fait marcher le commerce du luxe, un secteur où l'Europe et la France se sont spécialisées. Les bonus font des emplois. En outre, aggravant mon cas, je ne trouve pas que leurs millions soient si injustifiés. Sur les marchés financiers, les traders font gagner des milliards à leur banque, il est normal que, salariés, ils en touchent une fraction en retour". Je suis désolé M. le Boucher, vous n'avez rien compris et vous justifiez ce que vous dénoncez. Il faut mieux vous informer :
1/ les traders font gagner beaucoup d'argent à leur entreprise car ils jouent avec des sommes importantes (1% de 1Mds d'€ ça fait 10 millions d'€, faut-il pour autant donner 1 million au trader ?)
2/ les traders font gagner beaucoup d'argent à leur entreprise car ils ont accès à des cercles de décisions et d'information privilégiés (quand Lagardère vend des actions EADS par milliards, il est fort probable que ceux qui passent les ordres en prennent aussi pour eux).
3/ L'argument des riches qui font marcher l'économie est d'une pauvreté intellectuelle et morale affligeante. Pourquoi alors ne pas payer tout le monde à ces montants là ?
La vérité est ailleurs, M. Le Boucher : les gens qui doivent être récompensés sont ceux qui prennent des risques sur eux-mêmes, pas ceux qui sont cooptés. Les traders bien payés sont ceux qui font croire à leur patron qu'ils sont bons. Et puis quand les marchés prennent 20% par an, qui est vraiment mauvais ?
"les banques américaines et britanniques remboursent leurs Etats pour se libérer des contraintes, les Françaises restent, elles, collées avec leurs aides publiques"
pourquoi les française montrées comme exemplaire en début de crise ne rembourses t elles pas?
alors qu'elles réalisent les mêmes "bénéfice à taux zéro" que les autres.....
Je vous donne la réponse tout de suite : le prix qu'il vous demande !
En effet, il n'existe à proprement parler pas de marché du travail pour les traders, bien que l'information soit quasi parfaite (les rémunérations sont connues), la population est très petite avec un turnover important et, élément essentiel, personne ne comprends ce qu'ils font et comment.
Le trader, et son équipe (il s'agit rarement d'un sport complétement individuel), est très largement en position de force face à la banque pour négocier sa rémunération.
Contrairement à la doctrine taylorienne du travail qui consiste à le diviser pour mieux régner, le trader le maitrise dans son ensemble.
Par exemple, si vous avez un atelier de tabourets, avec trois salariés, vous pourriez leur faire faire à chacun le tabouret en entier... erreur!... Ils maîtrise le travail et pourraient aller à la concurrence avec la connaissance de tout votre processus ou vous concurrencer directement... l'horreur... Voire partir tous les trois et créer une boite... Le suicide !
Le mieux est de diviser le travail entre la fabrication et pieds, du plateau et le montage (3 tâches différentes). Avec l'entraînement, ils seront sûrement plus efficaces mais surtout ils ne maîtriseront pas le processus de construction du tabouret en entier. Ils pourraient certes partir tous les trois mais ils devront être d'accord dès le départ et à l'échelle de la construction d'une voiture ou d'un PC, le jeu s'arrête vite.
J'aurais pu prendre un exemple dans la banque de détail qui fonctionne, comme presque tout le reste de l'économie, sur le même principe... pour des raisons d'efficacité mais pas seulement.
Avec le trading, c'est impossible ! Le trader et son équipe maîtrise toute la technique et aussi les clients qui en cas de départ, suivront souvent. Le business c'est eux et s'ils partent il ne reste rien et il n'y aura rien pour prendre la suite avant un moment. On ne crée pas une équipe comme cela... sauf à en piquer une ailleurs... moyennant finance...
D'une certaine façon, de ce point de vue, c'est le bénéfice de la banque sur ces opérations qui est intolérable alors qu'elle ne fournie que l'argent, les tables et les chaises... ou les tabourets ;-)
Les milieux financiers ne se rattacherons jamais à un code moral externe quel qu'il soit. Ils dictent leur code, ou achètent le consentement des éventuels opposants.
Pour moraliser la finance il suffit de parler le même language et de rendre onéreux les comportements indésirables.
Donc une taxe par transaction (minime) pour éviter les micro-transactions informatisées, assortie d'un impôt sur les plus values financières directement proportionnel à l'inverse de la durée écoulée entre l'achat et la vente.
(1% après 20 ans, 2% de 5 à 20 ans, 3 % de 2 à 5 ans, 5% de 1 à 2 ans, ... 50% pour moins de 24 heures)
... et disparition de la majorité des spéculations, retour à un investissement durable dans des outils de production réels.
Et de grâce, cessons de tirer sur les traders, qui bien que privilégiés restent des salariés. C'est les système qui est malade, et les hommes sont facilement corruptibles. Soignons le système avant tout.
Bravo M. Le Boucher pour ce recadrage d'abord poltico-gesticulatif bien français et dans un deuxième exposé la remise du système au niveau mondial et non de la "naine" France.
Un petit rappel les politiques ont été incapables de favoriser l'alliance des bourses, allemande et française ce qui fait aujourd'hui de Paris un satellite de la bourse de NY, incapables de voir la bulle internet incapables de voir cette nouvelle crise financière...etc, et demain?????
Toute cette gesticulation politicienne vient d'un article de Libé ce qui prouve que les politiques ne maîtrise pas l'environnement financier. Comment ne pas sourire que Le Président convoque pour la septième fois les banquiers pour leur faire "la morale".
Dans toute cette gesticulation nous avons un seul son de cloche celle des politiques et pour les autres acteurs beaucoup de discrétion, connaissant nos politiciens je pense qu'il a été demandé aux banquiers de mieux gérer leur "business" pour éviter aux politiques de rentrer dans l'arène sans réelle solution.
Le plus absurde, M. Lefebvre sur RMC qui a une question sur comment obliger les banques à "rentrer" dans le rang, réponse l'état refusera de travailler avec les banques françaises la plus belle absurdité car cela revient à vendre la France aux banquiers étrangers quel "métier" M. Lefebvre!!!!
Le système n'a pas changé et changera peu car les politiques ont peu de moyen sur la spéculation mondiale. Le fleuron de ceux qui ont les moyens les Fonds de toute nature vers qui d'ailleurs certains Etats dont la France se tournent pour faire face aux besoins colossaux de leur déficit.
En résumé les politiques toujours aussi gesticulatifs et toujours aussi incompétents dans la vision du monde financier comme industriels. Je leur reconnais une compétence inconstestable l'invention des taxes qui ne font qu'apprauvrir le citoyen
Mais qu'importe un système bancaire lucratif, perclus d'esprits brillants, compétitif sur les places internationales s'il ne parvient jamais à réformer sa logique de licenciements boursiers, de délocalisations massives, de transfert des technologies et des revenus? Cette logique est peut être profitable aux banques mais ruineuse pour les nations évoluées et meurtrière pour leurs peuples tandis que les seules politiques de "réformes" que l'on y associe forcément ne parviennent qu'à produire des effets ridicules et désastreux. Pourquoi ne pas aborder la question de la finalité de ce système, pourquoi se limiter aux conséquences tactiques de la règlementation des bonus quand il faudrait évaluer les conséquences stratégiques de leur maintient, pourquoi passer sous silence un phénomène de fond au moment même ou il parvient enfin à un niveau de conscience universelle. Est il utile d'orienter ses neurones sur la problématique de la Ferrari de jeunes gens dont l'utilité ne se mesure qu'à la marge de l'actionnariat bancaire tandis que leur toxicité se mesure en millions d'emplois détruits. Et quand bien même il faudrait examiner le problème par le "petit bout de la lorgnette", ne serait il pas plus intéressant d'analyser les mécanismes lobbyistes qui conduisent à cette impuissante collusion de nos élus avec les intérêts de la faction bancaire? Bref, pourquoi ergoter sur de menues tentatives de moralisation d'un système qui nécessite en fait un remise en cause profonde et globale de tous les compartiments de son activité?
Vous dites :
"En outre, aggravant mon cas, je ne trouve pas que leurs millions soient si injustifiés. Sur les marchés financiers, les traders font gagner des milliards à leur banque, il est normal que, salariés, ils en touchent une fraction en retour."
Oui, je suis d'accord avec vous, M. Le Boucher : il vaut mieux s'attaquer aux problèmes qu'à leurs symptômes. Mais en l'occurence, pour moi, l'origine du mal, c'est justement que des salariés de banques puissent, par l'activité dénommée "trading", faire gagner des millions à leurs employeurs.
Car cette activité ne crée pas de richesses : si elle rapporte X, c'est jute parce que quelqu'un, en face, a lui perdu la même somme de X.
Trop de gens sont présents sur ces marchés, qui n'ont rien à y faire. Ils n'ont aucun risque à couvrir, il viennent sur ces marchés juste pour jouer au casino. Revenons au capitalisme, et ne rémunérons les mérites que s'il y a création de richesses.