Monde

L'histoire derrière la mise en liberté sous caution du preneur d'otages de Sydney

Repéré par Grégor Brandy, mis à jour le 16.12.2014 à 16 h 58

Repéré sur The Sydney Morning Herald, The Australian

Un policier pose un bouquet de fleurs devant le café de Sydney où un homme a retenu plusieurs personnes en otages, le 15 décembre 2014. REUTERS/David Gray

Un policier pose un bouquet de fleurs devant le café de Sydney où un homme a retenu plusieurs personnes en otages, le 15 décembre 2014. REUTERS/David Gray

La prise d’otages du Lindt Café qui s’est déroulée pendant 17 heures, lundi 15 décembre, a fait trois morts et plusieurs blessés. Le nom du preneur d’otages, Man Haron Monis –tué lors de l’assaut– a été révélé dans la journée de lundi et plus les heures passent plus on en apprend sur son parcours.

Comme nous l’expliquions lundi, Man Haron Monis a été mis en cause pour plusieurs cas d’agressions sexuelles, pour des affaires remontant jusqu’à 2002. Il était également suspecté d’être impliqué dans le meurtre de son ex-femme, poignardée en avril 2014 à Sydney.

The Australian rapporte ainsi les propos de Brad Hazzard, le procureur général de l'Etat de Nouvelle-Galles du Sud, dont dépend la ville de Sydney:

«Nous demandons aux agences fédérales de regarder de très près comment ce délinquant a pu passer à travers les mailles du filet. Comment ce délinquant a-t-il pu échapper à l’attention des agences de l’Etat et des agences fédérales sans qu'il y ait d'action plus rapide [à son sujet]?»

En fait, il a sûrement bénéficié de modifications dans la loi sur la mise en liberté sous caution. Six jours avant sa libération sous caution, en mai 2014, «des changements controversés sur les conditions de mise en liberté sous caution venaient d’entrer en vigueur», rapporte le Sydney Morning Herald:

«Le 20 mai, le gouvernement de Nouvelle-Galles du Sud a introduit des changements de grande envergure sur les lois de libération sous caution, supprimant la présomption contre la libération sous caution à la suite de délits sérieux, qui était en place depuis plusieurs décennies. Les juges et magistrats devaient depuis vérifier en deux étapes si l’accusé posait un "risque inacceptable" de récidive et si ce risque pouvait être atténué par les conditions de la libération sous caution.»

Dans l'affaire de la mort de son ex-femme, la magistrate a estimé que Man Haron Monis pouvait être mis en liberté sous caution malgré deux risques inacceptables identifiés, explique le quotidien australien. Man Haron Monis devait se rendre «une fois par jour au poste de police, a dû rendre son passeport, ne pas se rendre à moins de 500 mètres d'un lieu lui permettant de quitter le territoire et ne pas rentrer en contact avec les témoins du ministère public».

Le 10 octobre, il a été inculpé de plus de 40 agressions sexuelles. Sa mise en liberté sous caution a cependant été maintenue par la magistrate chargée de cette affaire-là.

Le 28 janvier 2015, de nouvelles dispositions beaucoup plus dures seront mises en place. Le Sydney Morning Herald explique que la mise en liberté de certaines personnes impliquées dans des affaires médiatisées a poussé l’Etat à durcir ses lois. A partir du 28 janvier donc, toute personne accusée et qui présente un «risque inacceptable» verra sa mise en liberté sous caution refusée.

Par ailleurs, sous cette nouvelle loi, Man Haron Monis aurait dû montrer en quoi sa détention en prison n'était pas justifiée. Comme le détaille le procureur général dans The Australian:

«Nous souhaitons que les délinquants impliqués dans des crimes sérieux ne puissent pas obtenir de mise en liberté sous caution.»

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