Culture

Ce serait donc la fin de l’âge d’or des répliques cultes dans les films

Repéré par Vincent Manilève, mis à jour le 16.12.2014 à 16 h 22

Repéré sur The New York Times, Radio Times

Un journaliste américain s’inquiète: est-ce que les films du XXIe siècle sont en train de perdre ce qui les faisait entrer dans la légende, à savoir leurs punchlines?

Jean Dujardin dans «OSS 117, Rio ne répond plus», © Emilie de la Hosseraye via Allociné

Jean Dujardin dans «OSS 117, Rio ne répond plus», © Emilie de la Hosseraye via Allociné

«Tu vois, le monde se divise en deux catégories: ceux qui ont un pistolet chargé et ceux qui creusent. Toi tu creuses.»

Fut un temps où Clint Eastwood, les yeux souvent verts de rage, inondait le cinéma mondial de ses répliques cinglantes. Une époque où les enfants reprenaient les dialogues de leurs films préférés pour rejouer la scène à coup de revolver en plastique. Et où les cinéaste eux-mêmes copiaient la phrase citée plus haut pour leurs propres films.

A tel point que lors du Congrès républicain en 2012, Clint Eastwood, après sa séquence malaise avec une chaise vide, a lancé une réplique de l’inspecteur Harry à la foule, hystérique.

 

Mais pour le journaliste du New York Times Teddy Wayne, grand nostalgique de l’ère sans Internet, cette époque dorée est révolue. Il cite le classement des meilleures répliques de film proposé par le Site Radio Times, où seulement deux d’entre elles sont issus de films tournés ces 15 dernières années.

«La production et la distribution de films, du moins en Amérique, explique-t-il, ont radicalement changé ces dernières années et étouffent la création et inhibent le souvenir collectif de citations notables.»

Quand il a regardé les 9 films nommés pour la récompense ultime des Oscars, il n’a pu relever qu’une seule phrase, dans Captain Phillips, qui aurait pu éventuellement faire office de punchline. Pour Teddy Wayne, c’est la faute de l’industrie du cinéma, en pleine chute libre. Les revenus des ventes de produits cinématographiques pour la maison (les DVD, etc.) sont passés de 22 milliards de dollars en 2004 à 18,3 milliards en 2013, et les familles n’achètent désormais plus que des films pour enfants. Plus difficile donc de regarder encore et encore le même film, d’en apprendre les répliques, et de lui assurer un statut iconique.

Plus grave, les blockbusters américains font l’impasse sur des dialogues trop poussés pour privilégier le spectacle visuel et ainsi faciliter la traduction et l’exportation à travers le monde.

Autre facteur important, les séries télé et Internet. «Les consommateurs de médias ont plus de chance de citer des séries comme The Wire ou Mad Men plutôt que des films comme Nebraska ou Dallas Buyers Club», explique le journaliste du New York Times. Et en effet, avec Internet, Les Simpson, Breaking Bad, The Walking Dead... sont devenus des mèmes, et leurs citations sont reprises, modifiées, parodiées. Néanmoins, la plupart des répliques qui marquent l'esprit des téléspectateurs sont désormais des blagues, de citations de comédies à l'humour absurde. Et l'un des maître en la matière, c'est Will Ferrell et son rôle de Ron Burgundy dans Anchorman.

Si l’on jette un œil en France, le constat pourrait être moins sévère. Certes, les années 1990 resteront de très grands millésimes pour le cinéma et la télévision françaises pour ce qui est des citations cultes (vous aussi, quand vous êtes content vous vomissez?). Mais les années 2000 ont aussi apporté leur lot de petites phrases qu’on aime répéter ou placer dès que possible dans une conversation. Et, comme aux Etats-Unis, les derniers réservoirs à répliques cultes en France restent les comédies, avec Astérix et Obélix: mission Cléopâtre en 2002 et plus récemment, OSS 117, interprété par Jean Dujardin. 

En voici une, c'est cadeau, (de Noël)


 

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