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Le preneur d'otages de Sydney avait envoyé des lettres blessantes aux familles de soldats australiens morts

Temps de lecture : 2 min

Il avait déjà une page Wikipedia en 2010, créée après ces courriers.

Les services de police portent une femme blessé après l'assaut du café Lindt, à Sydney, en Australie, où un homme retenait plusieurs personnes en otages, ce lundi 15 décembre 2014. REUTERS/Jason Reed
Les services de police portent une femme blessé après l'assaut du café Lindt, à Sydney, en Australie, où un homme retenait plusieurs personnes en otages, ce lundi 15 décembre 2014. REUTERS/Jason Reed

Man Haron Monis a été identifié comme étant le responsable de la prise d'otages du Lindt Café à Sydney, ce lundi 15 décembre, qui a pris fin dans des circonstances encore confuses avec la mort du preneur d'otages et de deux autres personnes. Cet homme de 50 ans, né en Iran et qui se présentait comme «Cheikh Monis», était cependant loin d'être un inconnu accédant à la notoriété médiatique d'un jour à l'autre, comme cela a pu être le cas de Mohamed Merah, de Medhi Nemmouche, de Michael Zehaf-Bibeau ou de Michael Adebolajo, qui avait tué un soldat britannique dans une rue de Londres, en mai 2013.

La preuve: il disposait de sa propre page Wikipédia depuis février 2010.

On y apprenait qu'en 2007, lors des interventions de l'armée australienne en Afghanistan, aux côtés de la coalition internationale, Man Haron Monis avait envoyé plusieurs lettres à des familles en deuil. Mais pas pour les soutenir, raconte The Australian. Dans l'une d'entre elles, on pouvait ainsi lire:

«Nous ne pouvons pas être fiers quand nous perdons nos enfants pour rien. Nous perdons nos chers enfants pour rien, si nous attaquons injustement... un autre pays, et nos enfants sont tués pendant que cet autre pays se défend.»

Le Dr. Ameer Ali, conseiller de l'ancien Premier ministre australien John Howard sur les questions liées à l'islam, avait alors décrit la lettre comme «ridicule», explique NEWS.com.

«[Le soldat Worsley] a fait son devoir, comme n'importe quel autre [...] Cet homme [qui a écrit la lettre]... ne respecte pas les vies des autres êtres humains.»

The Australian rappelle que les leaders de la communauté musulmane avaient alors condamné cette lettre. Khalil Shami, l'un des leaders spirituels de Sydney, trouvait qu'il répandait ainsi la haine:

«C'est mauvais pour la communauté musulmane parce que cela ruine notre réputation. Tout le monde peut dire qu'il est un cheikh, mais il faut être à la hauteur de ce titre. Je suis de tout cœur avec la famille du jeune soldat tué. Ce soldat aurait pu être mon fils ou votre fils dans l'armée. Ce jeune homme a été envoyé pour protéger et reconstruire l'Afghanistan et il l'a payé de sa vie. Nous devrions être fiers de lui.»

Man Haron Monis a récidivé à de multiples reprises jusqu'à 2009, détaille The Australian. Dans toutes ces lettres, il «comparait les soldats à des meurtriers et des tueurs. Dans l'une d'entre elle, il a expliqué que le soldat irait en enfer».

Une autre famille, cellle d'un agent de commerce australien, tué dans l'attentat à la bombe d'un hôtel de Jakarta en 2009, avait également reçu le même type de lettre, raconte Vox.

Il avait prévu d'en faire de même avec des familles des soldats britanniques, rapporte The Telegraph, mais un tribunal de Sydney l'en a empêché en 2010 quand il a été inculpé pour l'envoi de lettres «profondément choquantes» aux familles de soldats australiens. En août 2013, il n'avait pas réussi à casser le jugement lui interdisant de contacter par courrier des familles de personnel militaire. Un mois plus tard, il avait été condamné à 300 heures de travaux d'intérêt général pour les lettres envoyées aux familles de sept soldats australiens.

Man Haron Manis tenait également un site Web extrêmement graphique et depuis fermé par les autorités, mais dont Vox a réussi à faire une copie. Il y prônait allégeance au calife (probablement Abou Bakr al-Baghdadi, le chef de l'organisation Etat islamique).

On sait aujourd'hui que la police le suspectait d'être impliqué dans le meurtre de son ex-femme, retrouvée poignardée en avril dernier à Sydney. Cette année, il avait été inculpé «d'agression sexuelle sur une jeune femme qui était venue le voir pour "être soignée spirituellement"» en 2002.

Elle ne semblait pas la seule à être dans ce cas. Selon 20minutes.fr, «Man Haron Monis avait également été inculpé d’une cinquantaine de cas d’agressions sexuelles. Des affaires remontant à 2002 lorsqu’il se présentait comme un "guérisseur spirituel", un as de l’astrologie, de la numérologie et de la magie noire…»

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