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Le drapeau vu dans la prise d'otages de Sydney n'est pas celui de l'organisation Etat islamique

Temps de lecture : 2 min

Une image du siège à Sydney diffusée par la télévision australienne.
Une image du siège à Sydney diffusée par la télévision australienne.

Une prise d'otages est en cours dans un café de Sydney (Australie), lundi 15 décembre, depuis 10 heures du matin heure locale (minuit heure française). Une trentaine à une cinquantaine de personnes, selon les sources, sont retenues par un individu. Plusieurs ont réussi à prendre la fuite.

Le preneur d'otages a déployé un drapeau qui a d'ores et déjà été abondamment commenté en cette période de menace djihadiste globale et dans un pays où l'alerte terroriste a été relevée en septembre. Selon Aaron Y. Zelin, qui travaille sur les groupes djihadistes au Washington Institute, il s'agit d'un drapeau islamique mais pas du drapeau de l'organisation Etat islamique, qui fait régner la terreur en Irak et en Syrie.

Selon Yahoo! Maktoob Arabic, l'inscription sur ce drapeau dit «Il n'y a pas de vraie divinité si ce n'est Allah et Mahomet est Son messager». Il s'agit de la chahada, profession de foi de l'Islam et premier des cinq piliers. Son usage n'est pas réservé aux organisations terroristes –on la trouve par exemple sur le drapeau de l'Arabie saoudite. Comme l'expliquait le Washington Post en août, le noir rappelle lui le drapeau noir transporté par Mahomet lors de ses expéditions.

Les groupes djihadistes, comme l'organisation État islamique, le Front al-Nosra ou Boko Haram, utilisent aussi cette formule sur leur drapeau, mais dans une version différente. Sur celui de l'organisation État islamique, par exemple, elle est séparée en deux avec une partie inscrite dans un sceau, celui de Mahomet.

Un drapeau de l'organisation Etat islamique, déployé en Irak.REUTERS/Stringer.

Celui du front al-Nosra est également différent, avec le nom de l'organisation.

Un drapeau du front al-Nosra à la frontière entre la Syrie et la Jordanie. REUTERS/Ammar Khassawneh.

Selon le site News.com.au, le drapeau aperçu à Sydney «a aussi été utilisé par des manifestants tout autour du monde en solidarité avec des Palestiniens dans la bande de Gaza et comme un symbole transfrontalier d'unité entre les sunnites».

Interrogé par le Sydney Morning Herald, Greg Barton, un expert en terrorisme de l'université de Monash à Melbourne, a lui expliqué que le fait que ce drapeau soit «générique» ne signifie pas que le preneur d'otages n'est pas affilié à l'EI ou ne modèle pas son action sur elle, car il est possible que mettre la main sur son drapeau soit «assez compliqué». D'après des informations de la chaîne australienne Channel Ten non encore confirmées par la police, le preneur d'otages aurait d'ailleurs réclamé un drapeau de l'organisation Etat islamique.

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