Monde

Un policier infiltré dans un cortège sort son arme et vise des manifestants aux Etats-Unis

Repéré par Grégor Brandy, mis à jour le 12.12.2014 à 16 h 41

Repéré sur SF Gate, KTVU

L'un des deux agents en civil, reconnu lors de la manifestation du mardi 9 décembre pointe son arme vers la foule, tandis que son collègue menotte un des participants. REUTERS/Noah Berger

L'un des deux agents en civil, reconnu lors de la manifestation du mardi 9 décembre pointe son arme vers la foule, tandis que son collègue menotte un des participants. REUTERS/Noah Berger

Après les non-lieux de Darren Wilson à Ferguson et Daniel Pantaleo à New York, c’est un autre policier qui fait les gros titres de la presse américaine après s’être infiltré dans une manifestation, avoir été démasqué, et visé plusieurs personnes avec son arme.

Depuis plusieurs jours, à Oakland, Berkeley et San Francisco, en Californie, des manifestants se plaignent des excès de brutalité de la police, raconte SF GateLes manifestants ont entre autres bloqué l'autoroute i-80, et des actes de vandalisme et de pillage se sont également produits, poursuit le journal local. Pour mieux contrôler ces manifestations, la police a décidé d’y infiltrer certains de ses agents.

Mardi 9 décembre, deux membres de la California Highway Patrol (CHP) se sont donc insérés au sein de la foule pour la surveiller. Et comme le détaille Slate.com:

«Si leur intention était de faire en sorte que tout le monde reste calme, ça n’a pas marché. Les agents ont été identifiés par des manifestants. Une altercation a commencé et s’est soudainement terminée quand l’un des agents a sorti son arme et l’a pointé vers les manifestants.»

Selon la version d’un photographe freelance de SF Gate présent dans la manifestation, une personne a identifié les policiers puis volé le bandana d’un des deux agents qui essayait de la récupérer.

«Une autre personne est ensuite arrivée derrière lui et lui a mis un coup derrière la tête. Il s’est relevé, l’a coursé et l’a plaqué. A ce moment-là, les gens se sont rués sur eux. L’autre [policier] un peu plus grand avait sorti sa matraque. Mais comme la foule commençait à déferler, il a sorti une arme.»

Une autre version présentée par KTVU, une télévision locale indique qu’après le vol du bandana, les deux policiers en civil avaient décidé de quitter la manifestation:

«Mais les manifestants ont continué, en leur criant dessus. Un des agents a repoussé un des manifestants. L’homme en a fait de même avant que l’agent ne le plaque au sol et ne le menotte. La foule a alors commencé à les encercler. Le deuxième agent a alors sorti son arme et l’a pointée vers la foule. Plusieurs agents sont vite arrivés et ont dispersé la foule.»

Les infiltrations de manifestations par des agents de police ne sont pas rares. Le chef de la Golden Gate Division de la CHP indique que des policiers en civil sont présents dans ces manifestations depuis la première, le 24 novembre, explique le SF Gate. «Il a ensuite dit qu’il continuera à employer cette tactique, malgré l’incident de mardi.»

En France, la pratique est également courante. A l’occasion des manifestations à Sivens et des accusations envers certains policiers qualifiés de «casseurs», L’Express avait contacté Fabien Vandermerlick, secrétaire national au syndicat de police Alliance :

«Ce sont des fonctionnaires en civil, surtout de la Brigade anti-criminalité (BAC), qui s'infiltrent dans les cortèges pour répérer et neutraliser les individus violents avant qu'ils ne fassent n'importe quoi. Ils sont aussi chargés d'interpeller en flagrant délit pour qu'il y ait des preuves.[…] Ils peuvent crier ou siffler pour imiter les manifestants mais ils ne vont pas jeter des pavés sur leurs collègues, c'est de la science-fiction.»

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