Monde

Des membres de l'Etat islamique veulent vendre le cadavre de James Foley

Repéré par Claire Levenson, mis à jour le 11.12.2014 à 10 h 53

Repéré sur Buzzfeed

James Foley, en août 2012, à Alep (Syrie). Nicole Tung.

James Foley, en août 2012, à Alep (Syrie). Nicole Tung.

Selon l'envoyé spécial de Buzzfeed sur la zone de conflit syrienne, des intermédiaires liés à l'Etat islamique sont en train d'essayer de négocier la vente du corps de l'otage américain James Foley, exécuté le 19 août, contre une somme de 1 million de dollars. Une information qui, écrit le site, «met en lumière la cruauté du business de la prise d'otages qui a rempli les poches de l'organisation Etat islamique et lui a fourni une importante médiatisation, ainsi que les calculs froids de l'organisation alors qu'elle tente de récupérer des fonds supplémentaires».

Dans la zone frontalière entre la Syrie et la Turquie, le journaliste Mike Giglio a parlé à trois sources anonymes qui ont confirmé que des militants de l'Etat islamique avaient proposé d'amener le corps du journaliste James Foley en Turquie (et de fournir un échantillon d'ADN pour faciliter la vente).

A chaque libération d'otages revient le sujet: plusieurs gouvernements européens, dont la France, paieraient des millions de dollars de rançon (ce que les gouvernements en question nient). La stratégie américaine est de ne pas payer afin de ne pas encourager d'autres prises d'otages, mais visiblement, les militants de l'EI veulent tenter de tirer de l'argent de ces otages américains, même morts.

Une des sources interviewées dans l'article est un ancien combattant rebelle syrien qui a servi d'intermédiaire lors de plusieurs négociations de libération d'otages. Il explique qu'un leader de l'EI lui a demandé de trouver des contacts avec le gouvernement américain ou la famille de James Foley. «Le commerce d'otages occidentaux a créé une sorte de marché noir dans lequel des intermédiaires négocient des transactions contre une commission», précise le journaliste.

Mike Giglio a également interviewé un ancien officiel de l'Armée syrienne libre qui s'est décrit comme le «manager» de ces négociations, et qui a demandé au journaliste de ne pas en publier le récit, dans la mesure où ces révélations pourraient empêcher la vente d'avoir lieu. Et ce notamment car, selon lui, les Etats-Unis ne laisseraient pas une rançon être payée pour un corps –les parents de James Foley avaient affirmé en septembre avoir été menacés de poursuites s'ils payaient l'organisation Etat islamique.

Pour l'instant, le département d'Etat américain a seulement déclaré qu'il cherchait à obtenir plus d'informations sur cette affaire, tandis qu'un diplomate américain cité anonymement par Buzzfeed a qualifié l'idée d'«écœurante».

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