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Un métier d'avenir à Londres: tueur de renard

Repéré par Claire Levenson, mis à jour le 09.12.2014 à 11 h 14

Repéré sur New York Times

Un renard dans Londres, Malet Street, en février 2012 / GanMed64 via FlickrCC License by

Un renard dans Londres, Malet Street, en février 2012 / GanMed64 via FlickrCC License by

En Angleterre (et au pays de Galles), la chasse à courre est interdite depuis 2004, mais tuer un renard au fusil dans son jardin est parfaitement légal. Et comme les 10.000 renards qui vivent à Londres ne sont pas aimés de tous, certains résidents n'hésitent pas à appeler des tueurs professionnels. 

Le New York Times a rencontré Phil, un plombier qui arrondit ses fins de mois en tuant des renards dans les jardins privés. Ses prix sont plutôt raisonnables: les familles, écoles ou clubs qui font appel à ce sniper spécialisé payent environ 100 euros pour un renard tué, et 63 euros par renard supplémentaire. Il arrive en effet que Phil (qui n'a pas souhaité donné son nom de famille à la journaliste par peur de représailles venant des défenseurs des droits des animaux) tue quatre renards en une nuit dans un même jardin.

Les renards urbains ont des ébats bruyants, ils détruisent les fleurs, fouillent dans les poubelles et attaquent parfois des bébés et des animaux domestiques. L'année dernière, un nourrisson a eu deux doigts sectionnés par un renard qui est parvenu à s'introduire dans sa chambre.

Si Phil s'est lancé dans la chasse aux renards urbains, c'est aussi un peu pour se venger: le cochon d'Inde de sa fille a été décapité par un renard, et un de ses amis a deux teckels qui ont été attaqués.

Il donne les cadavres à un ami qui a une ferme d'élevage d'asticots: les insectes nourris au renard sont ensuite utilisés pour nourrir des poulets.

Mais il existe une alternative moins violente, rappelle le New York Times. Une entreprise comme Fox-A-Gon propose une approche plus douce. Il est notamment possible d'asperger son jardin avec un spray qui imite l'urine de renard: les autres renards sentent l'odeur et pensent qu'un animal dominant règne déjà sur ce territoire, ce qui les dissuade de vouloir s'y installer.  

Le problème, c'est que de nombreux Londoniens nourrissent régulièrement les renards dans leurs jardins. La page Facebook des défenseurs des renards urbains a près de 14.000 fans, et certains résidents soignent les renards blessés par des voitures ou des chiens. A Londres, pro et anti-renards vivent côte-à-côte, et tout comme Phil le sniper, les clients qui font tuer leurs renards ont préféré garder l'anonymat de peur d'être harcelés par les pro-renards.

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