Culture

Remplacer Shakespeare par «Serial», un podcast policier à succès, une bonne idée?

Temps de lecture : 2 min

Un podcast racontant une enquête journalistique sur le meurtre d’une lycéenne en 1999 aurait autant de valeur pédagogique que «Hamlet».

Le portrait Chandos, artiste et authenticité non confirmés. National Portrait Gallery, Londres. Photo Wikimedia CC
Le portrait Chandos, artiste et authenticité non confirmés. National Portrait Gallery, Londres. Photo Wikimedia CC

Le choix de ce professeur d'anglais de Californie a de quoi surprendre: remplacer Shakespeare par un podcast policier dans ses cours de lycée (pour des 10th et 11th grade). Michael Godsey, le professeur de lettres en question, assume son choix son blog:

«Si je ne sais pas comment cela va finir, je n’ai pas de regret pour l’instant.»

Précisons-le, Serial n’est pas un podcast comme un autre: c’est LE podcast de l’année 2014, qui rend fous les internautes depuis presque trois mois maintenant. On y suit une journaliste rouvrir un enquête vieille de 15 ans, celle du meurtre d’une jeune lycéenne et qui a vu son ex-petit ami condamné à la prison à perpétuité. Seulement voilà, des éléments restent troubles, et le meurtrier pourrait ne pas être celui que l’on croit.

Pour ce professeur, étudier Serial plutôt que Hamlet a de nombreux avantages:

  • «Le professeur (moi), ne connaît pas la fin de l’histoire (Serial est toujours en cours, NDLR).
  • Le genre “policier” de non-fiction est plus propice à la résolution de problèmes en toute situation.
  • Serial est nouveau et cool.
  • L’opinion de mes étudiants sur Serial compte, sur les réseaux sociaux, dans ma classe, ou même dans la vraie vie. […] Personne sur Internet ne s’intéresse vraiment à leurs pensées sur les idées suicidaires de Hamlet.
  • L’aspect multimédia de Serial encourage (requiert) de la part des étudiants une synthèse d’informations de différentes sources.
  • Ils écoutent vraiment l’histoire.
  • C’est plus facile pour enseigner les bases du programme.
  • L’Etat s’en fiche si les élève ne lisent pas Shakespeare. […] On nous demande d’enseigner les capacités d’analyses plutôt que le contenu.»

Slate.com est du même avis, car Serial est finalement très shakespearien:

«Vous avez deux jeunes amoureux dont les familles n’approuve pas la relation. Il y a aussi la trahison d’un ami. Et c’est construit autour d’une enquête sur un meurtre mystérieux, menée ici par la journaliste Sarah Koenig plutôt que par l’instable Hamlet.»

Les élèves sont par la suite chargés d’écrire des essais en se fondant sur les faits, les indices, pour tenter de répondre à la question que tout le monde se pose: a-t-on mis la bonne personne en prison?

L’expérience semble être pour l’instant un succès: face à la demande d'internautes, Michael Godsey a écrit un second article sur son blog, pour expliquer comment enseigner les bases de la littérature grâce à Serial.

Slate.fr

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