Monde

Au Royaume-Uni, les contribuables payent les goûts de luxe en champagne de la Chambre des Lords

Repéré par Cécile Dehesdin, mis à jour le 07.12.2014 à 19 h 10

Repéré sur Telegraph, Guardian

Des membres de la Chambre des Lords en 2012. REUTERS/Peter Macdiarmid/POOL

Des membres de la Chambre des Lords en 2012. REUTERS/Peter Macdiarmid/POOL

Sir Malcolm Jack, qui était secrétaire général de la Chambre des Communes entre 2006 et 2011, vient de lâcher une petite bombe devant une commission parlementaire chargée de trouver comment mieux gérer le Parlement, rapporte le Telegraph. Il a expliqué que, pendant ses fonctions, il y avait eu une proposition de fusionner le service restauration de la Chambre des Communes avec celui de la Chambre des Lords, afin d'économiser l'argent des contribuables.

«Elle n'a finalement pas abouti parce que les Lords craignaient que le champagne ne soit pas d'une aussi bonne qualité s'ils fusionnaient en un seul service.»

Les membres du Parlement à qui il s'adressait ont, assez logiquement, été abasourdis. L'un d'entre eux a demandé: «Vous êtes sérieux? C'est vrai?», à quoi Sir Malcolm Jack a répondu: «Oui, c'est vrai»

Depuis 2010, la Chambre des Lords a dépensé 265.770£ pour 17.000 bouteilles de champagne, soit un peu plus de cinq bouteilles par personne (et une bouteille à 15,6£ en moyenne, soit 19,7€). La Chambre des Communes a dépensé 275.221£ pour 25.000 bouteilles, soit 11£ en moyenne par bouteille (13,9€), précise le Telegraph.

Les Lords avaient-ils raison de snober les goûts en champagne des autres parlementaires, a demandé un membre du parlement. «Je ne le pense pas, nous faisions très attention à nos choix», a répondu Sir Malcolm Jack, selon le Guardian. Le lendemain, un autre ancien secrétaire général a été auditionné, et a expliqué qu'il serait «très difficile de mettre en place un service de restauration commun». Interrogé plus spécifiquement sur le champagne, il a ajouté:

«Non, je ne vais pas vous parler de la qualité du champagne. Les gens sont très possessifs quand il s'agit de certains services. La restauration est un grand classique.»

«Le Parlement peut parfois être sa propre caricature, et je crains que ceci en soit un exemple», a réagi auprès du Guardian Peter Hain, un ancien leader de la Chambre des Communes chargé de cette commission. «Il faut absolument une réforme» de la gestion quotidienne du Parlement, a-t-il ajouté.

Ces auditions apprennent beaucoup aux Britanniques sur le quotidien de leurs parlementaires, qui inclut apparemment aussi des souris qui se baladent un peu partout à Westminster et des urinoirs qui débordent constamment. La prochaine fois que vous pensez à un parlementaire de la Chambre des Lords, vous pouvez donc l'imaginer en train de trinquer au champagne avec une souris...

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