Allemagne

Près d'un Berlinois sur cinq vit de l'aide sociale

Temps de lecture : 2 min

Berlin le 29 juin 2012. REUTERS/Pawel Kopczynski
Berlin le 29 juin 2012. REUTERS/Pawel Kopczynski

«Berlin continue d'être la maison de pauvres de la république», s'alarme le tabloïd berlinois BZ, qui cite un rapport de l'Institut statistique allemand selon lequel près de 662.800 Berlinois recevaient des aides sociales en 2013, soit 19,40% des habitants de la capitale allemande. Des aides sociales aussi diverses que le Hartz IV, l'équivalent du RSA français, le minimum vieillesse, les pensions d'invalidité ou encore les aides versées aux victimes de la guerre ou aux demandeurs d'asile.

La capitale allemande occupe ainsi la première place du classement des Länder dont les habitants dépendent le plus de l'aide sociale. Le Land de Brême arrive au deuxième rang (17,1%), suivi de la Saxe-Anhalt (13,9%). À l'opposé, des Länder riches comme la Bavière et le Bade-Wurttemberg affichent des taux d'à peine 4,5 et 5,1%.

À l'échelle du pays, près d'un Allemand sur dix recevait des aides sociales en 2013, pour un montant total de plus de 40 milliards d'euros. À y regarder de plus près, on constate que les habitants des Länder de l'Est sont beaucoup en moyenne plus nombreux (13,3%) que ceux de l'Ouest (8,1%) à vivre des minima sociaux.

Seul point positif: il y a moins de chômeurs à Berlin par rapport à l'année précédente, comme l'explique Olaf Möller, le porte-parole de la direction régionale de l'Agence fédérale pour l'emploi au BZ:

«Le nombre de chômeurs longue durée à Berlin, parmi lesquels beaucoup touchent le Hartz IV, a baissé en 2013 à 63.000 personnes, soit 5.000 de moins que l'année précédente.»

Berlin continue donc de rester «pauvre mais sexy», selon l'expression légendaire de son ancien maire Klaus Wowereit (SPD), puisqu'elle ne cesse d'attirer de nouveaux habitants. Comme le rapportait le Berliner Zeitung en février dernier, 130.000 personnes sont venues s'y installer au long des trois dernières années, faisant grimper sa population à 3,4 millions d'habitants.

En plus d'être le Land ayant la plus grande part d'assistés sociaux en Allemagne, Berlin est lui-même assisté: en 2013, le Land a reçu 5,6 milliards d'euros d'aides grâce au système de péréquation financière entre les Länder, rapportait cet été le quotidien berlinois Der Tagesspiegel qui permet aux plus pauvres de bénéficier d'une partie des revenus fiscaux des plus riches. Un système aujourd'hui fortement remis en cause par ceux qui ont assez de mettre la main à la poche, comme la Bavière et le Bade-Wurtemberg, qui ont publié à la rentrée un texte commun réclamant «plus d'autonomie fiscale» pour les Länder.

Annabelle Georgen Journaliste

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