Tech & internet

La fin des «captchas» est-elle une si bonne nouvelle?

Repéré par Cécile Dehesdin, mis à jour le 06.12.2014 à 18 h 39

Repéré sur BodySpaceSociety, Blog de Google

Captcha / Molly Stevens via Flickr CC License By-SA

Captcha / Molly Stevens via Flickr CC License By-SA

Comme on l'écrivait cette semaine, l'époque des gribouillis incompréhensibles que de nombreux sites Internet nous demandent de déchiffrer puis de retaper sur notre clavier avant d'accéder à une autre page est bientôt finie. Cette technologie, appelée «captcha» et datant de 1997, sert à vérifier que telle ou telle requête sur une page web provient bien d'un humain, et non d'un bot informatique (une tâche automatisée qui peut par exemple se connecter à un site pour spammer les commentaires).

Google a inventé un nouveau système pour faire cette vérification -entre autres parce que les robots deviennent de plus en plus doués pour déchiffrer des bouts de texte gribouillés. Il suffira bientôt de cocher la case «Je ne suis pas un robot» pour passer à la suite:

La nouvelle a de quoi réjouir tous ceux qui se sont un jour escrimés devant un captcha incompréhensible, mais, sur son blog BodySpaceSociety, le sociologue Antonio Casilli soulève plusieurs problèmes dans les plans de Google pour leur nouvelle technologie, dont celui-ci: si vous avez un historique de navigation et des cookies, elle vous laisse passer à la page suivante après avoir coché la case. Mais si vous naviguez de façon privée, elle vous proposera de nouveaux captchas.

Il peut entre autres s'agir d'identifier des photos. Google assure avoir pensé à ça parce que c'est plus facile depuis un mobile de taper du doigt sur les photos correspondant à la question que de taper des mots, mais pour Casilli, «maintenant vous êtes en fait en train de former les algorithmes de vision informatisée de Google à reconnaître des visages, détecter des endroits, reconstruire des scènes».

A noter que les bouts de textes qu'on identifiait jusque-là servaient également à Google, pour numériser des livres notamment. Le sociologue fait le lien entre ce travail gratuit et le travail très mal payé du prolétariat du web, les «Amazon Mechanical Turks», qui viennent de lancer leur première action pour améliorer leurs conditions de travail.

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