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Grande-Bretagne: voilà à quoi ressemble la pornographie de Sa Majesté

Andréa Fradin, mis à jour le 06.12.2014 à 11 h 41

Faut-il ou non autoriser les scènes avec éjaculation masculine? Féminine? L’urine? L’introduction de doigts, de mains, de poings ou d’objets dans l’anus? Nous avons résumé les consignes données par l'équivalent britannique du CSA dans une infographie totalement «safe for work».

Le 4 décembre, nous vous racontions comment le Royaume-Uni compte faire le ménage dans les films porno diffusés sur les sites de vidéo à la demande (VOD) britanniques. Et comment, surtout, des instances administratives se sont pris la tête, outre-Manche, pour déterminer quelles scènes étaient ou non acceptables dans ce genre de productions olé-olé.

Faut-il ou non autoriser les scènes avec pénétration de membres amputés? L’éjaculation masculine? Féminine? L’urine? L’introduction de doigts, de mains, de poings ou d’objets dans l’anus? Si oui, combien? Si non, selon quels critères?

La réflexion, qui revient chez nous à imaginer un membre du Conseil supérieur de l’audiovisuel, comme Françoise Laborde, en train de se demander si le nombre de phalanges introduites dans un anus est ou non diffusable, nous a paru si ahurissante que nous l’avons résumée dans l’infographie ci-dessus.

Les fruits de cette réflexion ne nous laissent pas moins pantois: par exemple, si la «consommation de l’éjaculation masculine» est autorisée en toute circonstance, l’éjaculation féminine, en revanche, est bannie. Du fait de sa ressemblance avec l’urine, considérée d’emblée comme obscène.

De même, «une scène montrant un téléphone portable disparaître dans l’anus ne serait pas acceptable, même s’il s’agit d’une plaisanterie, dans la mesure où les gens pourraient essayer de le refaire chez eux », peut-on lire sur le blog de Myles Jackman, avocat spécialisé en matière de «pornographie extrême et obscenité». Contacté par mail, ce dernier confirme que ces exemples sont la retranscription d’un séminaire organisé par les instances britanniques officiellement en charge de la question.

Egalement contactée, l’ATVOD, l’agence responsable de la vidéo à la demande, affirme en revanche «n’avoir aucune idée d’où cette liste […] provient». La polémique qu’elle n’a pas manqué de susciter, comme nous l’expliquions dans notre article précédent, n'en a pas moins poussé l’équivalent du CSA britannique, le British Board of Film Classification (BBFC), à clarifier les choses dans une tribune sur le Guardian. Pour un résultat là encore, complètement surréaliste, où l'on peut par exemple lire:

«Il serait faux de supposer que la BBFC coupera du coup tout plan où des gens s'asseoient sur le visage d'autres gens.»

Andréa Fradin
Andréa Fradin (204 articles)
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