Life

Quand la police utilise les informations contenues dans des faux seins

Brian Palmer, mis à jour le 31.08.2009 à 15 h 36

Les implants mammaires portent des numéros de séries qui permettent l'identification d'un corps.

Quand la police a retrouvé le corps de l'ex modèle de Playboy Jasmine Fiore le 15 août dernier, son corps était tellement mutilé qu'ils on dû utiliser le numéro de série de son implant mammaire pour l'identifier. Quelle quantité d'information peut-être récoltée à partir d'un faux sein?

Le nom, l'adresse, le numéro de téléphone et le numéro de sécurité sociale du propriétaire, ainsi que les coordonnées de son chirurgien et de son médecin généraliste. En comparant un numéro de série d'implant avec la base de données d'un fabricant, la police peut également déterminer la date d'implantation, savoir si le faux sein était le droit ou le gauche et si l'implant a été enlevé ou remplacé.

Selon les lois en vigueur aux Etats-Unis depuis les années 1990, tout implant mammaire en silicone doit porter un numéro de série. Après l'opération, un docteur rentre le numéro (ou place un sticker avec le code barre approprié) sur chacun des trois formulaires de suivi du produit. Le patient, le docteur et le fabricant en reçoivent chacun une copie. (Le fabricant met également un numéro de série sur les implants salins, mais le Food and Drug Administration (FDA) n'oblige plus un suivi précis de ces produits depuis 1997).

Les personnes recevant deux implants mammaires auront deux numéros de série distincts associés à leur dossier. Les implants ne sont pas vendus par paire: les patients ayant subi une mastectomie  unilatérale n'ont parfois besoin que d'un implant, et beaucoup de femmes utilisent deux tailles ou formes différentes d'implant pour compenser une asymétrie naturelle. Deux implants sur la même femme peuvent avoir des numéros de série consécutifs, ou pas. La plupart des chirurgiens prennent des implants supplémentaires dans la salle d'opération au cas ou l'un d'eux soit défectueux ou si l'implantation ne se passe pas bien. (S'il y a un défaut ou une erreur chirurgicale nécessitant le remplacement d'un implant avant l'implantation, cette information doit également être communiquée au fabricant.) Certains chirurgiens prennent une grande variété d'implants avec eux dans la salle d'opération et essayent différentes tailles pour obtenir des seins qui correspondent exactement à une photo de l'idéal de la patiente.

L'utilisation des implants mammaires pour l'identification médico-légale est un derniers recours, car elle requiert que la victime soit ouverte. (Il est impossible de lire le numéro de série à travers les nombreuses couches de peau, de graisse et de vascularités qui le recouvrent.) En général, les numéros sont utilisés par la FDA pour le suivi du taux d'échec et pour le rappel des produits. Un fabricant d'implants doit fournir les données de suivi des produits sur demande du gouvernement, même si un patient peut refuser de participer au programme pour des raisons de confidentialité. (Dans tous les cas, une fois le patient mort, le médecin légiste peut demander à avoir accès au dossier.)

Ces obligations de suivi des dossiers ne sont pas réservées aux implants mammaires. Selon la loi fédérale, la FDA peut demander aux fabricants d'établir une procédure de suivi pour tout appareil qui reste dans le corps humain pour plus d'un an ou qui peut avoir de sérieuses conséquences sur la santé en cas de défaut. Ainsi, le gouvernement garde une trace d'appareils comme les pacemakers et les défibrillateurs.

Brian Palmer

Traduit par Grégoire Fleurot

Vous vous posez une question sur l'actualité? Envoyez un mail à explication @ slate.fr

Image de une: Pamela Anderson avant son mariage à Saint Tropez en 2006, REUTERS/Eric Gaillard

Brian Palmer
Brian Palmer (157 articles)
Journaliste
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte