Monde

Ce n'est pas parce qu'il y a davantage de vidéos montrant de la violence dans le métro qu'il y a davantage de violence dans le métro

Repéré par Léa Bucci, mis à jour le 04.12.2014 à 16 h 21

Repéré sur Pacific Standard

Subway cliche. Matt Biddulph via Flickr CC License by

Subway cliche. Matt Biddulph via Flickr CC License by

Les violences dans le métro peuvent aller de la simple bagarre à l’agression grave, comme celle survenue à Lille en avril 2014. En plus d’être relayées par les médias, elles sont désormais filmées par les passants et massivement diffusées sur les réseaux sociaux et plateformes vidéo, rapporte le Pacific Standard. Pour autant, la multiplication de ces images ne signifie pas forcément que les agressions sont elles aussi en hausse.

A l’heure où une grande partie de la population est équipée de smartphones, il est facile d’enregistrer la violence dans ce lieu clos qu’est le métro:

«[...] il semblerait presque que la vidéo de bagarre dans le métro soit devenue un genre propre, avec une construction banale de la tension, une éruption de violence, et un casting de petits passagers qui observent avec perplexité, tandis que le train continue de rouler jusqu’à son prochain arrêt.»

Comme le souligne Pacific Standard, le métro offre un cadre particulier à la violence. Il est l’un des seuls espaces où se mélangent tous les individus, toutes catégories sociales confondues. Entre inconnus, un malentendu est vite arrivé, et la brièveté du trajet fait que l’on n’a pas le temps de s’expliquer pour calmer les choses. Le stress des voyageurs peut aussi jouer dans la perception de la situation, et une bousculade involontaire peut vite se transformer en conflit.

En outre, les individus sont plus susceptibles de s’interposer dans une bagarre s’ils se sentent dans un environnement familier, selon Andrew Newton, chercheur au centre de criminologie appliquée de l’Université d’Huddersfield, ce qui n’est pas le cas du métro. Et quand bien même, ils peuvent être victimes de «l’effet du passant»: plus ces derniers sont nombreux, moins il y a de chances pour que l’un d’eux intervienne.

Pour autant, cela ne veut pas dire, comme peut le suggérer la multiplication des vidéos de bagarre, que la violence est partout et fréquente dans le métro. Si l’on prend l’exemple de New York, les échos médiatiques pourraient laisser penser que la criminalité est en augmentation dans le métro, alors que ce dernier serait par exemple l’un des plus sûrs au monde pour les femmes. En fait, comme l’explique Jeff Ferrel:

«Il y a probablement moins de mauvaises choses qui se passent, mais plus sont enregistrées.»

Le fait de pouvoir filmer cette violence aurait à l’inverse une influence sur nos comportements, selon Jeff Ferrel, professeur de sociologie à l’Université chrétienne du Texas. La vidéo peut être utilisée comme une protection: le simple fait de savoir qu’ils peuvent être filmés pourrait suffire à faire prendre conscience aux gens que leurs actes sont répréhensibles par la loi.

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