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Chris Rock ou la difficulté d’être noir à Hollywood

Repéré par Vincent Manilève, mis à jour le 04.12.2014 à 11 h 41

Repéré sur The Hollywood Reporter, Vulture

Le comédien américain, âgé de 49 ans, revient sur son parcours et surtout sur la difficulté qu’ont les acteurs noirs pour s’imposer dans le cinéma américain.

Chris Rock dans son film «Top Five» Via Allociné

Chris Rock dans son film «Top Five» Via Allociné

Dans son film Top Five (donc la sortie n’est pas prévue en France pour l’instant), l’humoriste et réalisateur Chris Rock joue peut-être son rôle le plus autobiographique: celui d’un acteur comique à succès bien décidé à prouver qu’il peut être sérieux.

 

Cette comédie, mise en abîme de sa propre carrière, cache quelque chose d’autre: les problèmes qu’ont les noirs pour s’imposer dans le métier, que ce soit comme acteur ou comme décideur, et leur peine à convaincre Hollywood de leur talent. Dans une contribution pour le Hollywood Reporter, Chris Rock est catégorique:

«C’est une industrie de Blancs. Tout comme la NBA est une industrie de noirs. Je ne suis pas en train de dire que c’est une mauvaise chose. Mais c’est la vérité.[…] Où est la grosse agence de relation presse pour noirs? Où sont les gros agents noirs? Où est le gros producteur de films pour noirs?»

Pour percer dans le milieu, lui a dû recevoir l’aide d’Eddy Murphy dans les années 1980. Et il tente de rendre la pareille aux jeunes comédiens noirs. «Pour Leslie Jones (comédienne et auteure du Saturday Night Live, NDLR), j’ai appelé quatre managers, les meilleurs dans le milieu de la comédie, pour qu’ils la managent, et ils ont tous dit non.» 

Dans un long entretien avec l’écrivain Frank Rich en novembre sur le site Vulture, le comédien tenait déjà des propos similaires sur le business du cinéma aux Etats-Unis:

«Frank Rich: [...] A part Feguson, où aimeriez-vous interviewer des blancs?

Chris Rock: J’aimerais aller dans des endroits libéraux, parce que vous pouvez être dans les endroits les plus libéraux, tolérants, et il n’y a pas de noirs.

 

FR: Je suppose qu’un de ces endroits est Hollywood.

CR: Je ne crois pas avoir eu de rendez-vous avec des patrons noirs. Peut-être un. Mais c’est tout. Comme je l’ai dit à Bill Murray, Lost in Translation est un film de noir: c’est ce que ça fait d’être noir et riche. Pas dans le sens où les gens sont méchants avec vous. Bill Murray est à Tokyo, et c’est juste bizarre. Il a l’air isolé. Il est entouré de Japonais. Et regardez-moi maintenant.

 

FR: Nous sommes assis au 35e étage du Mandarin Oriental Hotel, qui surplombe Central Park.

CR: Et il n’y a qu’un noir ici qui ne travaille pas. […]»

Chris Rock va plus loin en revenant sur ce qui s’est passé à Ferguson et sur la place des Noirs dans la société, notamment depuis l’élection de Barack Obama. Selon lui, l’idée selon laquelle son arrivée au pouvoir montre un «progrès des noirs» est insensée.

«Ce n’est pas un progrès des noirs. Ce sont les blancs qui ont progressé.»

Un sujet dont il s’était amusé en novembre 2012, peu avant la réélection de Barack Obama.

 

 

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