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Une centaine de cerveaux ont (littéralement) disparu dans la nature

Repéré par Vincent Manilève, mis à jour le 03.12.2014 à 11 h 59

Repéré sur USA Today, Sciences et Avenir, The Atlantic

Etranges disparitions à l’Université du Texas à Austin: des cerveaux conservés dans du formol s'évaporent mystérieusement des locaux.

Extrait du livre «Malformed: The Forgotten Brains of the Texas Mental Hospital» Photo par Adam Voorhes

Extrait du livre «Malformed: The Forgotten Brains of the Texas Mental Hospital» Photo par Adam Voorhes

C’est Associated Press qui rapporte l’information, expliquant qu’il manque désormais «environ 100 cerveaux à l’université du Texas à Austin, soit la moitié de la collection que l’université gardait conservée dans des bocaux remplis de formol». Pour les professeurs responsables de la collection, l’hypothèse d’une fringale de zombies est à écarter: «C’est très probable que le mot soit passé parmi les étudiants, qui ont commencé à en voler pour leur chambre ou pour faire des blagues à Halloween», explique Lawrence Cormack.

200 cerveaux ont été transférés il y a 28 ans de l’hôpital d’Austin, normalement «temporairement», et sont depuis conservés à l’université et utilisés comme support d’enseignement. La centaine de cerveaux restant a été déplacée dans un autre bâtiment et scannée par mesure de précaution.

Hasard du calendrier, il y a quelques semaines, comme le rapporte le magazine Sciences et Avenir, un photographe et un journaliste ont publié un livre consacré justement à ces cerveaux. Malformed: The Forgotten Brains of the Texas Mental Hospital est un recueil de photos de ces centaines de bocaux, et dont le but était de «transformer l'inanimé en un objet surprenant».

Pour The Atlantic, l’un des deux auteurs du livre raconte que ces cerveaux, qui datent de la seconde moitié du XXe siècle, ont appartenu à des patients d’un ancien asile, aujourd’hui remplacé par l’hôpital. Dans les années 1960 et 1970, ces personnes ont expérimenté différents traitements, «du bol d’air frais au jardinage, en passant par la Chlorpromazine (un antipsychotique) et les chocs électriques», raconte-t-il.

Il explique également qu’en 1986, une violente rivalité a eu lieu entre Harvard et l’université du Texas pour savoir qui hériterait de la collection de l’asile. «Il y a tellement d’informations dans ces tissus de cerveau, et tellement de chercheurs les réclament», relevait à l’époque le professeur Edward Bird. Le journal Houston Chronicle parlait même de «bataille des cerveaux».

Et ce n’est pas tout. L’un des professeurs responsables de la collection a fait savoir que l’un des cerveaux disparus pourrait être celui de Charles Whitman. En 1966, après avoir tué sa mère et sa femme, il était monté en haut de l’horloge de l’université du Texas à Austin et avait tiré sur la foule, faisant 16 morts et 32 blessés. Plus tard, les scientifiques découvriront chez lui la présence d’une tumeur à l'hypothalamus, une partie du cerveau directement responsables de notre jugement et d'éventuels comportements violents.

Aujourd’hui, ces disparitions régulières de cerveaux n’ont toujours pas trouvé d’explications, et beaucoup se demandent si on les retrouvera un jour. 

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