Monde

Les nazis, seul sujet de consensus entre les élus républicains et démocrates américains

Temps de lecture : 2 min

Des uniformes nazis. REUTERS/Fabrizio Bensch.
Des uniformes nazis. REUTERS/Fabrizio Bensch.

De plus en plus clivés, les élus démocrates et républicains américains ont du mal à trouver des sujets sur lesquels ils sont d'accord. Heureusement, il en reste quelques-uns, les nazis par exemple: mardi 2 décembre, la Chambre des représentants a voté à l’unanimité des présents (420 voix pour, 0 contre) un texte empêchant les criminels de guerre nazis de recevoir des prestations de la Sécurité sociale américaine.

Comme le résume ironiquement le New York Magazine, «la haine partagée des nazis unit enfin les Démocrates et les Républicains». Selon l’élu républicain du Texas Matt Johnson, en première ligne sur le texte, le fait de permettre à de tels paiements de se poursuivre constituait «une insulte à tous ceux qui ont souffert aux mains des nazis». «Si nous n’arrivons pas à nous mettre d’accord là-dessus, Dieu du ciel, sur quoi le pouvons-nous?», s’est exclamée sur CNN la représentante républicaine de New York Carolyn Maloney.

Le texte en question ne se présentait pas sous un intitulé euphémistique du style «Arrêt des prestations sociales à destination des anciens criminels de la Seconde Guerre mondiale», puisqu’il était tout simplement intitulé, sur le site du Congrès, le «No Social Security for Nazis Act».

Mi-octobre, une enquête de l’agence Associated Press avait révélé que des dizaines d’anciens nazis avaient bénéficié de versements de la Sécurité sociale américaine après avoir été expulsés du pays, pour des montants se chiffrant au total en millions de dollars. Au moins quatre bénéficiaires seraient encore vivants, selon l’agence –mais, précise Reuters, la loi ne pourra pas s’appliquer de manière rétroactive pour récupérer les sommes déjà versées.

Et si le sujet est grave, le fait qu’il soit le seul en ce moment capable de mettre d’accord les deux camps opposés au Congrès n’a pas manqué de faire rire, comme l’illustre cette petite sélection de tweets, entre «Vous savez qui d’autre faisait passer ses textes à l’unanimité?», «Vous avez demandé le Congrès, ne quittez pas, le temps d’attente est de 70 ans», «D’abord, ils sont venus pour la Sécu des nazis et je n’ai rien dit…» (référence au célèbre poème de Martin Niemöller) ou encore ce journaliste qui note malicieusement que le 20 avril (4/20, comme 420) est la date de naissance d’Adolf Hitler…

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