Santé / Sciences

Notre première cuite date d’il y a 10 millions d’années

Temps de lecture : 2 min

Contrairement à ce qu’on a pu croire jusque-là, l’homme n’a pas commencé à consommer de l’alcool il y a 9.000 ans.

Gorille Photo Wikimedia CC via Kabir

La date de la première soirée alcoolisée sur Terre est mille fois plus vieille que l’on pensait. C’est en tout cas ce qu’affirme une étude menée par des scientifiques de l’Académie nationale des sciences aux Etats-Unis. Jusque-là, on s’accordait à dire que l’introduction de l’alcool dans le régime alimentaire datait d’il y a 9.000 ans, et peut-être même de l’époque paléolithique en Chine, en -10.000 avant Jésus-Christ.

Mais avec ces nouveaux résultats, rapportés par le LA Times, on peut estimer que l’alcool est apparu bien avant nous, il y a 10 millions d’années. Les chercheurs de l’université de Santa Fe, en Floride, «ont regardé dans la lignée des ancêtres de l’homme pour détecter à partir de quand l’enzyme permettant de métaboliser l’alcool est apparue», explique le journal. Plus précisément, ils ont cherché l'alcool déshydrogénase (ADH4), qui rend notre corps plus tolérant aux produits fermentés produisant de l’alcool. Et c’est chez le gorille, le singe et le chimpanzé qu’ils l’ont trouvé, soit les espèces les plus proches de l’Homme jusqu’à leur divergence il y a 10 millions d’années.

«Cela correspond à l’époque où les hominidés sont passés de leur vie primaire dans les arbres à une vie sur le sol, explique le site Motherboard. Ils mangeaient souvent des fruits qu’ils trouvaient par terre, et qui par conséquent pouvaient être alcoolisés comme ils étaient là depuis un certain temps.»

Le professeur Matthew Carrigan, qui a mené l’enquête, explique que ces fruits trouvés sur le sol «contenaient des concentrations plus élevées de levure fermentée et d’éthanol que les fruits accrochés aux arbres». Les scientifiques supposent ainsi que les hominidés qui ont su s’adapter, descendre des arbres et manger ces fruits trop mûrs ont eu de plus grandes chances de survie.

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Mais au-delà des découvertes sur l’évolution de notre espèce, il y a là des indications très importantes en matière de santé et de dépendance à l’alcool. Les personnes souffrant d’alcoolisme seraient en fait très attirées par l’alcool parce que notre capacité à le métaboliser était une bonne chose par le passé. «Notre attraction contemporaine pour l’éthanol est une "gueule de bois évolutive" qui a cessé d’être bénéfique une fois que cette attraction s’est redirigée vers les boissons à haute teneur en éthanol», conclut le chercheur.

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