Monde / France

Reconnaissance de la Palestine: les députés français plus divisés que ceux d'autres pays européens

Temps de lecture : 2 min

Alors qu'en France, plus de 150 députés se sont prononcés contre cette mesure symbolique, en Irlande, en Espagne et au Royaume-Uni, le même texte est passé à la quasi-unanimité.

La délégation palestinienne au Parlement espagnol, juste après le vote d'un texte demandant la reconnaissance d'un Etat palestinien. REUTERS/Susana Vera.
La délégation palestinienne au Parlement espagnol, juste après le vote d'un texte demandant la reconnaissance d'un Etat palestinien. REUTERS/Susana Vera.

L'Assemblée nationale a voté, mardi 2 décembre, une résolution demandant au gouvernement de reconnaître l'État palestinien par 339 voix contre 151 et 16 abstentions. La quasi-totalité des députés de gauche s'est prononcée pour le texte, ainsi que neuf députés UMP et quatre députés UDI.

Le 28 novembre, ils n’étaient qu’une cinquantaine de députés présents pour débattre de ce texte visant à reconnaître «symboliquement» l'Etat palestinien, mais les débats ont pourtant été houleux, marqués notamment par une forte opposition de la droite. Le député UMP Pierre Lellouche a ainsi déclaré que la Constitution «ne donne ni à l'Assemblée, ni au Sénat, le droit de réécrire la diplomatie de la France». Il a également dénoncé un vote électoraliste «en direction d’une communauté musulmane qui avait massivement voté en faveur de François Hollande en 2012 mais qui s’en est détachée depuis». «Le Hamas est l'équivalent de Daesh et d'Al-Qaïda», a lancé l'UDI Meyer Habib, députés de la circonscription des Français de l'étranger qui contient Israël, tandis que le député du Rassemblement Bleu Marine Gilbert Collard a déclaré que les socialistes «embrassaient le Hamas, le terrorisme».

En ce qui concerne la virulence des débats parlementaires, la France fait pour l'instant figure d'exception. Ces dernières semaines, plusieurs pays européens ont voté des textes similaires dans un assentiment quasi-général.

Ainsi, le lundi 13 octobre, la Chambre des communes britannique, à majorité conservatrice et libérale-démocrate, avait lancé le mouvement avec un texte qui «croit que le gouvernement devrait reconnaître l'Etat de Palestine au côté de l'Etat d'Israël au titre de contribution à l'établissement d'une solution négociée à deux Etats», approuvé par 274 voix contre 12. A l’issue des débats, le député travailliste Grahame Morris, à l'origine du texte, s’était d’ailleurs félicité d'«une des rares occasions lors de laquelle la Chambre des communes parle d'une seule voix». Le député conservateur Alan Duncan avait estimé de son côté que «la Grande-Bretagne a une responsabilité historique et morale. […] Il est grand temps que le monde reconnaisse l'Etat palestinien.»

Ce fut ensuite au tour de l’Irlande, le 22 octobre dernier. Là encore, la chambre haute du Parlement irlandais a demandé au gouvernement de «reconnaître officiellement l'État de Palestine et de faire tout ce qu'il peut pour aider à sécuriser une solution viable à deux Etats au conflit israélo-palestinien.» Aucun vote n'a été nécessaire et le texte a été approuvé à l'unanimité par tous les partis.

La Chambre des députés espagnole a suivi le mouvement et voté en faveur d’une reconnaissance non-officielle de la Palestine le 18 novembre, avec là encore un résultat sans équivoque: 319 voix pour, deux contre et une abstention. Le journal El País relayait à cette occasion les propos du ministre conservateur des Affaires étrangères José Manuel García, qui espère que «cette session historique servira à débloquer le processus de négociation qui a calé pendant des années».

Ces votes ne constituent en rien des reconnaissances officielles. Pour l’instant, 134 pays ont reconnu l’Etat de Palestine auprès des Nations unies mais, à l’exception de la Suède, qui a prononcé une reconnaissance officielle le 30 octobre dernier, aucun pays d’Europe de l’Ouest n’a adopté cette position.

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François Hollande, qui avait pourtant promis lors de sa campagne de soutenir «la reconnaissance internationale d'un Etat palestinien», semble désormais rester prudent sur le sujet. Le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius a récemment indiqué que la France reconnaîtrait la Palestine comme Etat «le moment venu» et que cette reconnaissance ne devrait pas être seulement «symbolique». Il a proposé une nouvelle conférence internationale et espère trouver une «solution négociée» d’ici deux ans.

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