Monde

Les chauffeurs diplomatiques roulent n’importe comment, et ne sont jamais punis

Repéré par Vincent Manilève, mis à jour le 02.12.2014 à 12 h 58

Repéré sur NBC, Foreign Policy, USA Today

Aux Etats-Unis, les employés chargés de conduire les diplomates sont nombreux à enfreindre la loi sur les routes. Sauf qu’aucun d’entre eux n’a été inquiété jusque-là.

The official vehicle of the Governor-General of New Zealand in 2010.  Photo Wikimedia CC via benchill

The official vehicle of the Governor-General of New Zealand in 2010. Photo Wikimedia CC via benchill

Après près de six ans d’attente, la chaîne américaine NBC a enfin pu accéder à un dossier jusque-là resté secret: la liste des infractions commises par les chauffeurs diplomatiques. Et elle est inquiétante. On peut citer l’exemple de Rufin Mandzandza, inculpé pour plus d’une douzaine de violations graves du code de la route, mais jamais envoyé en prison.

Un tiers des cas relevés dans le dossier sont des conduites en état d’ivresse, des excès de vitesse (parfois 150 km/h au lieu des 88 km/h autorisés) mais aussi des courses-poursuites avec la police. Et encore, «le dossier n’est pas complet, précise NBC, certains documents ont été bloqués, pour des raisons de "sécurité nationale"». Parmi les personnes mises en cause, on trouve majoritairement les diplomates eux-mêmes (43%), mais aussi leurs enfants (34%), et les membres de leur équipe (13%).

Mais à chaque fois, pas de condamnation, la faute à «l’immunité diplomatique». En 2011, Foreign Policy expliquait que ce système permettait d’éviter tout problème avec la justice, «à condition que votre pays ne vous lâche pas».  Les règles établies par la convention de Vienne de 1961 sur les relations diplomatiques sont très claires:

«Les membres de l’équipe diplomatiques, de l’administration, de l’équipe technique et de l’équipe de service de la mission [bénéficient] d’immunité de la part de la juridiction de l’Etat qui le reçoit.»

Le problème des voitures diplomatiques est récurrent. En 2007, USA Today expliquait comment la ville de New York avait tenté, en vain, de réclamer plus de 18 millions de dollars de PV de stationnement aux diplomates de l’ONU et aux membres des consulats. Ban Ki-moon, sécrétaire général de l'ONU, avait alors déclaré, sans trop insister:

«Il est important pour les diplomates officiels qui bénéficient de l'immunité diplomatique et de privilèges de respecter les réglementations en place dans les pays où ils travaillent.»

En France, on voit souvent des hommes politiques enfreindre la loi sur la route. Le chauffeur du ministre Emmanuel Macron a d'ailleurs perdu son permis pour excès de vitesse, et d'autres membres du gouvernement dépassent régulièrement la limite autorisée. Le week-end dernier, lorsque Nicolas Sarkozy a remporté la présidence de son parti, il a rejoint le QG de l'UMP en empruntant un couloir de bus
 

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