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Les gauchers gagnent moins d’argent que les droitiers (quand leur mère est droitière)

Repéré par Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 02.12.2014 à 11 h 40

Repéré sur Bloomberg, Journal of Economic Perspectives

Left / Quinn Dombrowski via Flickr CC Licence By

Left / Quinn Dombrowski via Flickr CC Licence By

Les gauchers représentent 12% de la population totale et ils sont un peu plus nombreux chez les hommes que chez les femmes. Après des siècles de stigmatisation, les gauchers ont connu une inversion radicale de leur image pour devenir des êtres vus comme plus créatifs, plus intelligents et plus originaux que la moyenne, surreprésentés dans l’élite, que ce soit chez les présidents des Etats-Unis, les artistes ou les sportifs de haut niveau.

Or comme le relate Bloomberg, un économiste d’Harvard, Joshua Goodman, arrive à la conclusion qu'à origine sociale équivalente, les gauchers gagnent 10 à 12% de moins que les droitiers.

L’économiste a obtenu ces résultats, publiés dans la revue Journal of Economic Perspectives, en étudiant cinq bases de données provenant des populations américaine et britannique, dans lesquelles figurent les caractéristiques familiales des individus, leur salaire et leurs résultats à différents test d’intelligence et d’aptitude.

Pour Goodman, et contrairement aux idées reçues, les gauchers seraient moins performants que les droitiers aux tests de QI. Ils sont par exemple selon l’auteur entre 20 et 28% à être intellectuellement déficients, soit le double de la moyenne de la population. Ils souffrent aussi plus que la moyenne de troubles du comportement et sont plus souvent dyslexiques.

Goodman observe ainsi qu’aux Etats-Unis, les gauchers ont moins de probabilité de faire partie du top 10% des résultats aux tests d’intelligence. Il n’est cependant pas impossible que les gauchers se distinguent tout en haut de la distribution, dans le top 1%, mais le «don» exceptionnel dont bénéficient certains gauchers resterait extrêmement minoritaire en leur sein: statistiquement, naître gaucher serait donc plutôt un handicap.

Pour le chercheur, le fait d’être gaucher pourrait n’être qu’une manifestation de troubles de la santé et du développement aux premiers moments de la vie de l’enfant. Car être gaucher n’est pas, contrairement à ce qu’on pense, la conséquence de seuls facteurs génétiques. Chez une partie des vrais jumeaux, la latéralisation est différente chez les deux enfants.

A l'appui de cette hypothèse, le chercheur remarque que la différence de salaire observée entre gauchers et droitiers ne touche que les gauchers dont la mère est droitière. Selon Bloomberg, cela s’expliquerait par la difficulté pour les enfants d’apprendre par imitation ce que fait leur mère quand la préférence manuelle diffère entre elle et l’enfant. 

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