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Selon le Centre Simon-Wiesenthal, le criminel nazi Alois Brunner est mort en Syrie en 2010

Repéré par Jean-Marie Pottier, mis à jour le 01.12.2014 à 14 h 30

Repéré sur The Daily Express, The New York Times, BBC

Alois Brunner.

Alois Brunner.

Selon le Dr Efraim Zuroff, du Centre Simon-Wiesenthal, interviewé par le quotidien britannique Daily Express, le criminel de guerre nazi Alois Brunner est mort en 2010 à Damas (Syrie) à l’âge de 98 ans.

«Nous avons reçu des informations d’un ancien agent des services secrets allemands qui a servi au Moyen-Orient et qui a déclaré que Brunner était mort et enterré à Damas», a déclaré Zuroff. «Etant donné son âge, cela ne serait pas surprenant, et l’information vient de quelqu’un que nous considérons comme fiable.» Efraim Zuroff a ensuite expliqué au New York Times que l'information lui avait été transmise il y a quatre ans mais qu'il n'avait fini par décider de la révéler qu'à la suite de la requête du quotidien britannique. Il a aussi précisé à la BBC qu'il en était sûr «à 99%».

Dans son rapport annuel 2013, le Centre Simon-Wiesenthal, ONG chargée de la mémoire de l'Holocauste et qui mène depuis dix ans une opération de recherche des criminels nazis survivants, écrivait:

«Alois Brunner est le plus important criminel nazi resté impuni et qui pourrait encore être vivant, mais la probabilité qu’il soit déjà mort augmente chaque année, car il est né en 1912 et a été aperçu pour la dernière fois en 2001. Les chances qu’il soit encore vivant sont relativement minces, mais jusqu’à que des preuves concluantes de son décès soient obtenues, il est encore nécessaire de le mentionner sur les listes des coupables de l’Holocauste les plus recherchés.»

Son nom ne figurait en revanche plus, sans autre précision, sur la dernière liste, publiée en avril 2014.

Bras droit d’Adolf Eichmann, le maître d'œuvre de la «solution finale», Alois Brunner est considéré responsable de la déportation et de la mort de 128.500 Juifs dans quatre pays durant la Seconde Guerre mondiale: Autriche, Grèce, Slovaquie et France où, en juin 1943, il avait pris en main le camp de Drancy.

Après guerre, il a échappé à la justice, expliquait-il en 1985 au magazine autrichien Bunte, grâce à une confusion de nom avec un autre officier. Il a quitté l’Allemagne en 1954 grâce à un faux passeport de la Croix Rouge pour se réfugier en Egypte puis en Syrie, où il aurait conseillé le régime de Hafez el-Assad, le père de Bachar, en matière de techniques de torture et d’interrogatoire.

Il y a été pour la dernière fois aperçu en 2001, année durant laquelle il avait été condamné à la prison à perpétuité par contumace par la cour d’assises de Paris pour la déportation de 352 enfants à l’été 1944, quelques semaines à peine avant la Libération. En 1987, il avait déclaré au quotidien américain The Chicago Sun-Times: «Les Juifs méritaient de mourir. Je n’ai pas de regrets. Si j’en avais la possibilité, je le referais.»

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