Tech & internetDouble X

Pour vous débarrasser des trolls sexistes sur Internet, appelez leurs mamans

Repéré par Charlotte Pudlowski, mis à jour le 30.11.2014 à 10 h 10

Repéré sur Guardian, LeMonde.fr, Courrier International

Halo Reach, par Brian via FlickrCC License by

Halo Reach, par Brian via FlickrCC License by

Le Guardian raconte l'histoire d'Alanah Pearce, étudiante qui, sur son temps libre, est aussi journaliste jeux-vidéos à la radio et à la télé, et anime sa propre chaîne YouTube, en Australie. Comme beaucoup de femmes écrivant sur les jeux-vidéos, elle reçoit régulièrement des messages sexistes et insultants. Mais elle s'est rendue compte il y a quelques temps que contrairement à ce qu'elle pensait, beaucoup de gens qui envoient ces messages ne sont pas des adultes. 

«Il se trouve que pour la plupart, ce sont de jeunes garçons, et leur problème c'est qu'ils n'ont aucune jugeote, donc leur répondre de manière rationnelle n'a pas aidé à résoudre la situation. Et j'en étais au point où leurs commentaires commençaient à me mettre vraiment mal à l'aise.»

Alanah Pearce a donc décidé de contacter les mamans, qu'elle dit avoir trouvé très facilement via les comptes Facebook des garçons en question.

Comme on peut le lire dans l'échange montré dans le tweet de la journaliste, la mère de l'un des garçons a traité son fils de «petite merde» tout en s'excusant auprès de Pearce, qui a expliqué au Guardian: 

«Elle a répondu presque exactement comme je voulais qu'elle le fasse», ajoutant que pour elle, faire cette démarche, et la rendre publique, «c'était juste une manière de trouver une solution, pour enseigner à ces jeunes garçons, de manière productive, que se montrer sexiste avec les femmes n'est pas acceptable, même si c'est sur Internet, qu'il s'agit de personnes réelles, et qu'il doit y avoir des conséquences tout aussi réelles.»

Sexisme chez les gamers

Cette histoire s'inscrit dans un contexte complexe dans l'univers des gamers, notamment à la suite de l'affaire Zoe Quinn, en août dernier. Cet été-là, rappelle LeMonde.fr, un ex de cette créatrice de jeu vidéo déballe en détails sur Internet leur linge sale, l'accuse de l'avoir trompé, notamment avec des personnes influentes du monde du jeu vidéo. 

Quinn se retrouve alors accusée –notamment sur Reddit et 4chan– d'avoir couché avec des journalistes jeux-vidéo pour qu'ils écrivent de bons articles sur les jeux qu'elle créé. «Ces allégations n'ont pas été prouvées, mais ont été très largement relayées par les opposants de la jeune femme, qui compte de nombreux ennemis en raison de ses prises de position féministes et LGBT.» Le tout dégénère en insultes sexistes à répétition à l'encontre de Quinn, qui n'est pas la seule femme victime de ce genre de comportements. 

Courrier International a traduit en octobre un article du New York Times, dans lequel on pouvait notamment lire l'histoire d'Anita Sarkeesian, autre figure féministe violemment mise en cause par les gamers, et centrale dans le gamersgate. Cette sociologue féministe «reçoit depuis des mois des menaces de viol et de mort de la part de gens qui s’opposent à ses derniers travaux, où elle dénonce les stéréotypes féminins dans les jeux vidéo. Ses interventions en public sont régulièrement interrompues par des alertes à la bombe. Un de ses détracteurs a créé un jeu qui permet aux joueurs de cliquer sur leur souris pour marteler de coups un portrait d’elle».

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte